Le maire a notifié une injonction termites au syndicat : comment la traiter ?
L'injonction termites notifiée par le maire au syndicat impose de faire rechercher les termites et d'exécuter les travaux nécessaires dans les six mois. Cette obligation pèse sur le syndicat au titre des parties communes, et son financement dépend du vote de l'assemblée générale des copropriétaires.
Le coût des travaux est réparti entre les copropriétaires ; l'exécution d'office ne fait qu'y ajouter les frais publics.
- Qui est concerné
- Syndic et syndicat des copropriétaires
- Nuisible
- Termites
- Qui paie
- La copropriété
- Délai à tenir
- Six mois
- Textes cités
- 5 textes
- Mise à jour
- 12 septembre 2026
Ce que dit le texte
Reproduit à l'identiqueI. Dans les secteurs délimités par le conseil municipal, le maire peut enjoindre aux propriétaires d'immeubles bâtis et non bâtis de procéder dans les six mois à la recherche de termites ainsi qu'aux travaux préventifs ou d'éradication nécessaires. II. En cas de carence d'un propriétaire et après mise en demeure demeurée infructueuse, le maire peut, sur autorisation du président du tribunal, faire procéder d'office et aux frais du propriétaire à la recherche de termites ainsi qu'aux travaux. III. En cas de démolition totale ou partielle d'un bâtiment situé dans les zones définies au premier alinéa de l'article L.131-3, les bois et matériaux contaminés sont incinérés sur place ou traités avant tout transport.
Ce que cela veut dire iciInjonction du maire de rechercher les termites et d'exécuter les travaux
Consulter le texte en vigueurL'injonction de rechercher les termites et de procéder aux travaux est prise par arrêté du maire et notifiée au propriétaire de l'immeuble.
Ce que cela veut dire iciForme de l'injonction du maire
Consulter le texte en vigueurDès qu'il a connaissance de la présence de termites dans un immeuble bâti ou non bâti, l'occupant de l'immeuble contaminé en fait la déclaration en mairie. À défaut d'occupant, la déclaration incombe au propriétaire. Pour les parties communes d'un immeuble relevant de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, la déclaration incombe au syndicat des copropriétaires.
Ce que cela veut dire iciDéclaration en mairie de la présence de termites
Consulter le texte en vigueurLe syndic est chargé d'administrer l'immeuble, de pourvoir à sa conservation, à sa garde et à son entretien et, en cas d'urgence, de faire procéder de sa propre initiative à l'exécution de tous travaux nécessaires à la sauvegarde de celui-ci.
Ce que cela veut dire iciMissions du syndic de copropriété
Consulter le texte en vigueurCe que cela change chez vous
Application concrètePour le syndic, cette notification déclenche une obligation d'agir immédiatement, sans attendre le calendrier habituel de gestion de la copropriété. Le syndic doit noter la date de notification, qui fixe le point de départ du délai de six mois, et lancer sans délai la recherche de termites, indépendamment de la tenue d'une assemblée générale.
Pour le syndicat des copropriétaires, la conséquence financière est directe : le coût du diagnostic et des travaux sera réparti entre les copropriétaires, et toute inaction expose l'ensemble des copropriétaires au risque de voir la commune exécuter les travaux d'office et en récupérer le coût.
Concrètement, le syndic engage sa responsabilité de gestion s'il attend l'assemblée générale annuelle pour agir, alors que rien dans les textes ne subordonne le lancement du diagnostic à un vote préalable.
Les cas où la réponse change
À vérifier avant d'agirUn recours contre l'arrêté ne suspend pas le délai de six mois. Le syndicat doit donc continuer à agir pendant l'instance.
Les règles de majorité applicables au vote des travaux en assemblée générale n'ont pas été vérifiées avec précision ici. Le syndic doit donc vérifier ce point avant de convoquer l'assemblée sur les travaux.
La règle en vidéo
Termites, 50 secondesLa procédure, étape par étape
Délais indiqués en margeRelever la date de notification
Notez la date de notification de l'arrêté, car elle marque le point de départ du délai de six mois.
Réaliser sans attendre la recherche
Faites réaliser sans attendre la recherche de termites, sans attendre la tenue d'une assemblée générale.
Convoquer une assemblée générale
Convoquez une assemblée générale des copropriétaires pour décider du financement des travaux nécessaires.
Transmettre les justificatifs à mairie
Transmettez à la mairie les justificatifs de l'exécution des travaux réalisés.
Si l'autre partie refuse
Recours ouvertsCe qui se passe en cas de refus
- Le maire adresse une mise en demeure au syndicat resté inactif à l'issue du délai de six mois.
- Si cette mise en demeure reste infructueuse, le maire peut, sur autorisation du président du tribunal, faire exécuter d'office la recherche de termites et les travaux.
- Les frais de cette exécution d'office sont mis à la charge du propriétaire, donc répartis ensuite entre les copropriétaires en plus du coût normal des travaux.
- Un recours du syndicat contre l'arrêté ne suspend pas le délai ni la possibilité pour la commune d'agir en cas de carence persistante.
Ce qui joue en votre faveur
- L'arrêté d'injonction et la preuve de sa notification permettent d'établir avec certitude le point de départ du délai de six mois.
- Le rapport de recherche de termites, réalisé sans attendre l'assemblée générale, démontre que le syndic a agi dans le cadre de sa mission de conservation de l'immeuble prévue par l'article 18 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965.
- La convocation et le procès verbal de l'assemblée générale sur le financement des travaux montrent que le syndicat a organisé sans délai la décision de financement.
- Les devis, factures et l'attestation de fin de travaux, transmis à la mairie, prouvent l'exécution complète de l'obligation dans le délai imparti.
Le courrier à envoyer
6 modèle(s)
Mairie de la commune
Déclarer la présence de mérule en mairie : modèle de lettre
La mérule se déclare en mairie comme les termites, mais sans délai chiffré et sans diagnostic obligatoire à la vente : seule une information de l'acquéreur est due en zone délimitée. Ce modèle met la déclaration en forme.
Mairie de la commune
Déclarer la présence de termites en mairie : modèle de lettre
La déclaration en mairie est une obligation, pas une démarche facultative : elle alimente la carte des zones contaminées sur laquelle reposent les arrêtés préfectoraux de délimitation. Ce modèle la met en forme.
Copropriétaire du lot
Demander à un copropriétaire de faire traiter son lot : modèle de lettre
Un lot non traité recontamine l'immeuble entier après chaque campagne. Ce modèle demande au copropriétaire l'accès et le traitement de son lot, en s'appuyant sur l'intérêt collectif plutôt que sur la faute.
Locataire du logement
Imputer un traitement de nuisibles aux charges locatives : modèle de lettre
Une part des interventions se récupère en charges, une autre non, et la frontière n'est pas celle du montant. Ce modèle explique l'imputation au locataire en citant le texte qui la fonde, ce qui évite la contestation en fin d'année.
Service communal d'hygiène et de santé
Signaler des nuisibles au service communal d'hygiène : modèle de lettre
Quand le bailleur, le syndic ou le voisin ne bougent pas, le constat d'un tiers débloque le dossier. Ce modèle saisit le service communal d'hygiène et de santé, gratuitement et sans désigner de coupable.
Mairie de la commune
Signaler une colonie de pigeons à la mairie : modèle de lettre
Les fientes dégradent les façades, obstruent les gouttières et posent un sujet sanitaire. Ce modèle signale la colonie, demande une intervention et rappelle l'interdiction de nourrissage sur laquelle repose l'essentiel de la régulation.
Le modèle se complète en ligne, se télécharge et s'imprime. Aucune coordonnée n'est demandée pour l'obtenir.
Faire chiffrer l'intervention avant l'échéance
Une intervention ou un diagnostic doit souvent être produit avant une date précise. Décrivez la situation. Votre demande est transmise à des professionnels de votre zone.
En détail
Syndic et syndicat des copropriétairesUne injonction prise par arrêté et notifiée au syndicat
L'injonction de rechercher les termites n'est pas une simple lettre administrative. Elle prend la forme d'un arrêté du maire, comme le précise l'article R.126-3 du code de la construction et de l'habitation, et elle est notifiée au propriétaire de l'immeuble. Pour les parties communes d'une copropriété soumise à la loi du 10 juillet 1965, le propriétaire concerné est le syndicat des copropriétaires, et non chaque copropriétaire individuellement ni le syndic à titre personnel. C'est donc le syndicat qui est juridiquement débiteur de l'obligation, même si c'est le syndic qui la reçoit matériellement et qui doit la mettre en œuvre au nom du syndicat.
Ce que l'obligation impose exactement
L'article L.126-6 du code de la construction et de l'habitation fixe le contenu de l'injonction : dans les secteurs délimités par le conseil municipal, le maire peut enjoindre au propriétaire de procéder, dans les six mois, à la recherche de termites ainsi qu'aux travaux préventifs ou d'éradication nécessaires. Le délai de six mois court à compter de la notification de l'arrêté, pas à compter de sa date de signature ni de la découverte des termites. Deux actions distinctes sont donc dues dans ce délai : un diagnostic de recherche, puis, si les termites sont confirmés ou si des mesures préventives s'imposent, les travaux correspondants. Le texte ne distingue pas selon que la contamination est avérée ou seulement suspectée : l'injonction porte sur la recherche elle même, ce qui signifie que le syndicat ne peut pas attendre d'avoir la certitude d'une infestation pour agir.
L'articulation avec les autres textes
Cette obligation s'articule avec deux autres logiques. D'abord, l'article L.126-4 du code de la construction et de l'habitation organise la déclaration en mairie de la présence de termites, et prévoit expressément que pour les parties communes d'un immeuble en copropriété, cette déclaration incombe au syndicat des copropriétaires. L'injonction du maire peut donc faire suite à une déclaration que le syndicat avait lui même l'obligation de faire, ou à un signalement d'un tiers, un voisin ou un diagnostiqueur lors d'une vente. Ensuite, côté gestion interne de la copropriété, l'article 18 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 charge le syndic de l'entretien de l'immeuble et l'autorise, en cas d'urgence, à faire exécuter de sa propre initiative les travaux nécessaires à la sauvegarde de l'immeuble. L'article 14 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 rappelle que le syndicat, responsable de la conservation de l'immeuble, répond des dommages causés par le défaut d'entretien des parties communes. Une injonction municipale assortie d'un délai de six mois et de la menace d'une exécution d'office constitue un signal fort en faveur de l'urgence, ce qui peut justifier que le syndic engage sans attendre le diagnostic, sans devoir patienter jusqu'à une décision d'assemblée générale, quitte à faire ratifier la dépense et voter les travaux plus lourds ensuite.
Quand les faits sont ambigus
La difficulté pratique tient au calendrier de la copropriété. Le délai de six mois est fixé par l'arrêté et ne se cale pas sur le rythme des assemblées générales annuelles : un recours contre l'arrêté ne suspend pas ce délai, et l'absence d'assemblée générale prévue avant l'échéance ne dispense pas le syndicat d'agir. En cas de carence après une mise en demeure restée infructueuse, le maire peut, sur autorisation du président du tribunal, faire exécuter d'office la recherche et les travaux aux frais du propriétaire, c'est à dire aux frais du syndicat. Une autre zone d'incertitude concerne le vote des travaux en assemblée générale : les règles de majorité applicables selon la nature exacte des travaux n'ont pas pu être vérifiées avec précision ici, et ne sont donc pas indiquées. Le syndic doit donc convoquer une assemblée générale sur le financement dès que possible, sans que cette convocation retarde le lancement du diagnostic lui même, qui relève de la conservation urgente de l'immeuble.
Les recours ouverts
Un recours contre l'arrêté ne suspend pas le délai ; à défaut d'exécution, la commune fait réaliser les travaux et en recouvre le coût.
Ce qu'il faut pouvoir produire
- Arrêté d'injonction et preuve de notification
- Rapport de recherche de termites
- Convocation et procès-verbal de l'assemblée générale
- Devis, factures et attestation de fin de travaux
Les erreurs qui coûtent cher
- Laisser courir le délai en attendant l'assemblée générale annuelle
- Se limiter aux parties visibles des caves
- Ne pas informer les copropriétaires vendeurs, tenus à l'état parasitaire
Ce que les textes ne tranchent pas
- Les règles de majorité applicables au vote des travaux n'ont pas pu être vérifiées article par article dans cette collecte et ne sont donc pas citées.
Sources et dates de relevé. article L.126-6 du code de la construction et de l'habitation, Injonction du maire de rechercher les termites et d'exécuter les travaux, consulté le 12 septembre 2026. article R.126-3 du code de la construction et de l'habitation, Forme de l'injonction du maire, consulté le 12 septembre 2026. article L.126-4 du code de la construction et de l'habitation, Déclaration en mairie de la présence de termites, consulté le 12 septembre 2026. article 18 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, Missions du syndic de copropriété, consulté le 12 septembre 2026. article 14 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, Objet et responsabilité du syndicat des copropriétaires, consulté le 12 septembre 2026.
Les procédures liées
Recours et démarches
Propriétaire bailleur
Des rats sont signalés dans mon immeuble locatif : quelle est mon obligation exacte ?
Le règlement sanitaire départemental vous oblige à prendre toutes mesures pour empêcher l'introduction des rats et à entretenir les dispositifs de protection du bâtiment, une obligation permanente et non une réaction ponctuelle. Son étendue exacte dépend du texte départemental applicable, la numérotation de l'article 119 correspondant à l'arrêté type.
Copropriétaire
Le syndic ne fait rien contre l'infestation de l'immeuble : quels sont mes moyens ?
Le syndicat des copropriétaires est responsable des dommages causés par le défaut d'entretien des parties communes, et le syndic doit prendre l'initiative des travaux d'urgence nécessaires à leur conservation. Ce fondement joue pleinement si l'infestation touche les parties communes, mais son activation concrète passe par la mise en demeure du syndic, puis, si besoin, par le vote en assemblée ou par la justice.
Propriétaire bailleur
Mon locataire a des cafards : dois-je payer ou est-ce un défaut d'entretien de sa part ?
Les blattes relèvent du critère de décence du logement quand elles s'installent durablement, ce qui met la charge du traitement sur le bailleur. Mais cette réponse se déplace vers le locataire si une accumulation caractérisée de déchets a provoqué la pullulation, et elle se complique dès que l'immeuble entier est concerné.
Propriétaire bailleur
Mon locataire refuse de laisser entrer l'entreprise de traitement : que puis-je faire ?
Le locataire ne peut pas s'opposer aux mesures générales de désinsectisation ou de désinfection, mais vous ne pouvez pas non plus entrer de force dans le logement. Face à un refus persistant, la mise en demeure écrite puis, si besoin, le juge des référés restent les seules voies pour obtenir l'accès.
Propriétaire bailleur
Puis-je récupérer le coût de la désinsectisation sur les charges du locataire ?
La liste des charges récupérables sur le locataire est fixée limitativement par décret, ce qui exclut en principe toute désinsectisation ponctuelle réalisée par le bailleur au titre de son obligation de délivrance. Le sort de la facture dépend donc de la nature de la prestation, curative ou récurrente, pas de la rédaction du bail.
Propriétaire bailleur
Punaises de lit et propriétaire bailleur : logement loué vide
<p>Le logement doit être totalement exempt de punaises de lit au moment de la remise des clés au nouveau locataire, c'est une exigence de décence et non une simple précaution. Cette obligation ne se limite pas au traitement des lieux : elle suppose de pouvoir prouver, preuves à l'appui, que ce traitement a été efficace avant l'entrée dans les lieux.</p>
À lire ensuite
Analyses
Cafards dans tout l'immeuble : ce qui relève du syndicat et ce qui reste privatifLe traitement des colonnes et du vide-ordures relève du syndicat, celui du logement reste privatif : sans coordination, l'infestation revient toujours.Copropriété
Comment constituer un dossier de preuves d’infestation dans un logementClassez les photographies, observations datées, échanges et constats professionnels. Un dossier factuel aide à signaler une infestation sans attribuer automatiquement son origine ou les responsabilités.Démarches et preuves
Commune classée en zone à termites : ce que le classement change pour vousUn arrêté préfectoral de délimitation déclenche la déclaration en mairie, l'état relatif à la vente, l'injonction du maire et le traitement des bois lors d'une démolition.Zones et arrêtés
État relatif à la présence de termites : ce que le vendeur doit joindre, et quandObligatoire seulement dans les communes visées par un arrêté préfectoral, l'état termites est valable six mois et conditionne la garantie des vices cachés.Vente
Un constat de commissaire de justice peut-il prouver des nuisibles ?Découvrez ce que le constat de commissaire de justice établit, ses limites et les pièces utiles pour constituer votre dossier.Démarches et preuves
