Puis-je récupérer le coût de la désinsectisation sur les charges du locataire ?
La liste des charges récupérables sur le locataire est fixée limitativement par décret, ce qui exclut en principe toute désinsectisation ponctuelle réalisée par le bailleur au titre de son obligation de délivrance. Le sort de la facture dépend donc de la nature de la prestation, curative ou récurrente, pas de la rédaction du bail.
Le caractère récupérable dépend de la liste du décret, pas de l'accord contractuel des parties.
- Qui est concerné
- Propriétaire bailleur
- Nuisible
- Tous nuisibles
- Qui paie
- Le bailleur
- Délai à tenir
- Sans délai légal
- Textes cités
- 4 textes
- Mise à jour
- 12 septembre 2026
Ce que dit le texte
Reproduit à l'identiqueLe décret fixe limitativement la liste des charges récupérables sur le locataire.
Ce que cela veut dire iciListe des charges récupérables sur le locataire
Consulter le texte en vigueurSont des réparations locatives les travaux d'entretien courant et de menues réparations résultant de l'usage normal des locaux et équipements à usage privé.
Ce que cela veut dire iciListe des réparations locatives à la charge du locataire
Consulter le texte en vigueurLe locataire est obligé d'user paisiblement des locaux loués, de répondre des dégradations et pertes qui surviennent pendant la durée du contrat, à moins qu'il ne prouve qu'elles ont eu lieu par cas de force majeure, par la faute du bailleur ou par le fait d'un tiers, et de prendre à sa charge l'entretien courant du logement et les menues réparations.
Ce que cela veut dire iciObligations du locataire
Consulter le texte en vigueurLe bailleur est tenu de remettre au locataire un logement décent ne laissant pas apparaître de risques manifestes pouvant porter atteinte à la sécurité physique ou à la santé, exempt de toute infestation d'espèces nuisibles et parasites.
Ce que cela veut dire iciObligation de délivrance d'un logement décent par le bailleur
Consulter le texte en vigueurCe que cela change chez vous
Application concrèteEn tant que bailleur, vous ne pouvez pas vous appuyer sur le bail pour élargir la liste des charges récupérables : seule la liste fixée par le décret n° 87-713 compte, quelle que soit la clause signée par le locataire.
Concrètement, si vous financez une intervention ponctuelle pour traiter une infestation dans le logement, ce coût reste à votre charge et ne doit pas apparaître dans la régularisation annuelle adressée au locataire.
Si votre immeuble dispose d'un contrat d'entretien récurrent incluant un volet nuisibles, vous pouvez en récupérer la quote-part correspondante, à condition de pouvoir justifier, poste par poste, que ce volet figure bien dans la liste réglementaire.
Les cas où la réponse change
À vérifier avant d'agirUne désinsectisation ponctuelle du logement loué relève de l'obligation de délivrance du bailleur. Son coût n'est en principe pas récupérable sur le locataire.
Un contrat récurrent de traitement des parties communes suit le régime des charges d'entretien de l'immeuble. Il n'est récupérable que si son poste figure sur la liste du décret.
La règle en vidéo
Tous nuisibles, 50 secondesLa procédure, étape par étape
Délais indiqués en margeDistinguer curatif et entretien récurrent
Séparez dans les factures ce qui relève d'un traitement curatif ponctuel de ce qui relève d'un contrat d'entretien récurrent.
Vérifier l'inscription au décret
Vérifiez poste par poste si chaque prestation figure sur la liste réglementaire des charges récupérables.
Ne refacturer que le justifiable
Ne récupérez sur le locataire que les sommes que vous pouvez justifier pièce en main.
Conserver les justificatifs à disposition
Tenez les justificatifs à disposition du locataire pendant toute la période légale de conservation.
Si l'autre partie refuse
Recours ouvertsCe qui se passe en cas de refus
- Le locataire peut contester la régularisation de charges et demander le remboursement des sommes qu'il estime indûment récupérées.
- Si le désaccord persiste, cette contestation peut être portée devant le juge.
- Un remboursement obtenu par le locataire porte sur les seules charges qui ne figuraient pas sur la liste du décret, pas sur l'ensemble de la régularisation.
- Une régularisation impossible à justifier pièce en main expose le bailleur à devoir rembourser l'intégralité du poste contesté.
Ce qui joue en votre faveur
- Des factures détaillées qui distinguent clairement le traitement ponctuel et le contrat d'entretien récurrent.
- Un décompte de charges organisé poste par poste, permettant de rattacher chaque somme récupérée à une ligne du décret.
- Le contrat de prestation de l'immeuble, qui prouve la nature récurrente d'une intervention d'entretien.
- Le procès-verbal d'assemblée générale, si l'immeuble est en copropriété, qui valide l'engagement de la dépense.
Le courrier à envoyer
6 modèle(s)
Locataire entrant
Attester du traitement d'un logement avant relocation : modèle de lettre
Relouer un logement qui a été infesté suppose de pouvoir le prouver traité. Ce modèle remet au locataire entrant l'information et les pièces, ce qui coupe court à la réclamation qui suit toute réapparition.
Copropriétaire du lot
Demander à un copropriétaire de faire traiter son lot : modèle de lettre
Un lot non traité recontamine l'immeuble entier après chaque campagne. Ce modèle demande au copropriétaire l'accès et le traitement de son lot, en s'appuyant sur l'intérêt collectif plutôt que sur la faute.
Locataire du logement
Demander au locataire l'accès au logement pour un traitement : modèle de lettre
Le traitement est commandé, l'entreprise a une date, et tout dépend maintenant de l'accès au logement et de sa préparation. Ce modèle fixe les deux par écrit, sans transformer la demande en sommation.
Voisin de palier
Écrire à un voisin dont le logement infeste l'immeuble : modèle de lettre
Traiter chez soi pendant que le logement mitoyen ne fait rien revient à vider une baignoire sans fermer le robinet. Ce modèle propose un traitement simultané, sans accuser et sans invoquer un texte qui n'existe pas entre voisins.
Locataire du logement
Imputer un traitement de nuisibles aux charges locatives : modèle de lettre
Une part des interventions se récupère en charges, une autre non, et la frontière n'est pas celle du montant. Ce modèle explique l'imputation au locataire en citant le texte qui la fonde, ce qui évite la contestation en fin d'année.
Commission de conciliation
Saisir la commission départementale de conciliation : modèle de lettre
La conciliation est gratuite, écrite, et elle débloque une part importante des dossiers sans juge. Ce modèle expose les faits, la demande et les pièces dans l'ordre où la commission les lit.
Le modèle se complète en ligne, se télécharge et s'imprime. Aucune coordonnée n'est demandée pour l'obtenir.
Faire chiffrer l'intervention avant l'échéance
Une intervention ou un diagnostic doit souvent être produit avant une date précise. Décrivez la situation. Votre demande est transmise à des professionnels de votre zone.
En détail
Propriétaire bailleurUne liste fixée par décret, pas par le bail
Le décret n° 87-713 du 26 août 1987 fixe limitativement la liste des charges récupérables sur le locataire. Ce mot limitativement a une conséquence directe : une clause du bail qui prévoit la refacturation de tout traitement antiparasitaire ou antinuisible n'a aucune valeur si le poste concerné ne figure pas sur cette liste. Le juge ne regarde pas ce que le contrat dit, il regarde ce que le décret autorise.
Cette limitation légale se prolonge dans le mécanisme de régularisation : chaque année, le bailleur doit établir un décompte de charges par poste et tenir les justificatifs à disposition du locataire. Un poste qui ne peut pas être rattaché à une pièce justificative précise, facture ou contrat, ne devrait pas figurer dans cette régularisation, indépendamment de la question de savoir s'il relève ou non du décret.
Le traitement curatif du logement reste à la charge du bailleur
Quand une désinsectisation, une dératisation ou tout autre traitement est engagé de façon ponctuelle pour éliminer une infestation dans le logement loué, cette intervention se rattache à l'obligation de délivrance prévue par l'article 6 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 : le bailleur doit remettre et maintenir un logement exempt de toute infestation d'espèces nuisibles et parasites. Une prestation qui répare un manquement à cette obligation ne peut, en principe, pas être répercutée sur le locataire, même si elle figure sur une facture libellée charges.
Ce principe s'articule avec l'article 7 de la même loi, qui met à la charge du locataire l'entretien courant du logement et les menues réparations, ainsi qu'avec le décret n° 87-712 du 26 août 1987, qui liste les réparations locatives correspondant à un usage normal des lieux. Un traitement curatif consécutif à un défaut du bâti ou à l'état du logement à la remise des clés ne relève d'aucun de ces deux textes : il n'est ni une charge récupérable, ni une réparation locative.
Les prestations récurrentes d'entretien suivent un autre régime
La situation change lorsque le traitement ne concerne pas le logement lui-même mais les parties communes d'un immeuble, dans le cadre d'un contrat d'entretien régulier, par exemple des passages périodiques d'une société de désinsectisation ou de dératisation. Ce type de prestation récurrente s'apparente aux autres contrats d'entretien de l'immeuble et suit le même régime : récupérable sur le locataire uniquement si le poste correspondant figure sur la liste du décret n° 87-713.
Les erreurs qui invalident une régularisation
Trois erreurs reviennent régulièrement dans ce type de régularisation. La première consiste à recopier une clause de bail type qui prévoit la refacturation de tout traitement contre les nuisibles, sans vérifier sa conformité au décret. La deuxième consiste à refacturer un traitement curatif alors qu'il fait suite à un défaut du bâti, ce qui relève de l'obligation de délivrance et non d'une charge récupérable. La troisième consiste à régulariser un poste sans pouvoir produire la facture correspondante le jour où le locataire la demande.
Ce qui reste incertain
La collecte qui sert de base à cette fiche n'a pas permis de vérifier la ligne exacte de l'annexe du décret n° 87-713 consacrée à la désinsectisation ou à la dératisation des parties communes. La règle est donc énoncée ici sans citer cette ligne précise : avant de refacturer un contrat d'entretien récurrent, il faut vérifier poste par poste son inscription dans le décret, sans présumer qu'un contrat de désinsectisation y figure automatiquement au même titre qu'un contrat d'entretien des espaces verts ou des ascenseurs.
Entre le traitement ponctuel clairement non récupérable et le contrat d'entretien récurrent potentiellement récupérable, les situations mixtes, par exemple une facture unique regroupant une intervention curative et un abonnement de surveillance, doivent être décomposées poste par poste avant toute régularisation de charges.
Les recours ouverts
Un locataire peut contester la régularisation et demander le remboursement des charges indûment récupérées, le cas échéant devant le juge.
Ce qu'il faut pouvoir produire
- Factures détaillées distinguant traitement ponctuel et contrat d'entretien
- Décompte de charges par poste
- Contrat de prestation de l'immeuble
- Procès-verbal d'assemblée générale si l'immeuble est en copropriété
Les erreurs qui coûtent cher
- Recopier une clause de bail type qui refacture tout traitement
- Refacturer un traitement curatif consécutif à un défaut du bâti
- Régulariser sans pouvoir produire les factures
Ce que les textes ne tranchent pas
- La ligne exacte de l'annexe du décret n° 87-713 relative à la désinsectisation n'a pas pu être vérifiée dans cette collecte ; la règle est donc énoncée sans citation de cette ligne.
Sources et dates de relevé. décret n° 87-713 du 26 août 1987, Liste des charges récupérables sur le locataire, consulté le 12 septembre 2026. décret n° 87-712 du 26 août 1987, Liste des réparations locatives à la charge du locataire, consulté le 12 septembre 2026. article 7 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, Obligations du locataire, consulté le 12 septembre 2026. article 6 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, Obligation de délivrance d'un logement décent par le bailleur, consulté le 12 septembre 2026.
Les procédures liées
Recours et démarches
Bailleur social
L'organisme reçoit une mise en demeure du service d'hygiène : comment répondre ?
La mise en demeure du service d'hygiène doit recevoir une réponse écrite avant l'échéance qu'elle fixe, appuyée sur les mesures déjà engagées et leurs justificatifs. Cette réponse conditionne la suite : à défaut, la mairie peut faire exécuter les mesures d'office aux frais de l'organisme.
Bailleur social
Le coût de la désinsectisation peut-il être imputé aux charges locatives ?
Le coût de la désinsectisation ne peut être imputé aux charges locatives que s'il correspond à une prestation d'entretien périodique inscrite dans la liste réglementaire des charges récupérables. Toute intervention curative liée à un désordre du bâtiment ou à un manquement à la décence reste à la charge du bailleur social, et le doute profite au locataire.
Hébergeur touristique
Quelles obligations pèsent sur un loueur de meublé de tourisme en matière de nuisibles ?
Le loueur de meublé de tourisme échappe au régime de décence de la loi de 1989, mais reste soumis au règlement sanitaire départemental pour la prévention des insectes, de la vermine et des rongeurs. Cette obligation ne connaît pas de délai chiffré : elle s'apprécie par la régularité des contrôles et la capacité du loueur à les documenter.
Acheteur
Quelles vérifications faire sur les nuisibles avant de signer ?
Avant de signer, seules deux obligations légales précises pèsent sur le vendeur : l'état termites si la commune est classée en zone délimitée et l'information mérule si elle est en zone de risque, toutes deux annexées au dossier de diagnostic technique. Pour tous les autres nuisibles (blattes, rongeurs, punaises de lit), aucun document n'est imposé, et la vérification de l'acheteur repose sur les questions écrites posées au vendeur et au syndic.
Vendeur
Tous nuisibles et vendeur : vente immobilière
La clause d'exonération de garantie des vices cachés ne protège pas systématiquement le vendeur en cas d'infestation découverte après la vente : elle tombe lorsque le vendeur connaissait le désordre, et la loi l'écarte explicitement pour le risque termites si l'état obligatoire n'a pas été fourni en cours de validité. La protection effective dépend donc moins de la clause elle-même que des diagnostics remis et de l'information écrite donnée à l'acquéreur.
Bailleur social
Un locataire refuse l'accès au logement pour le traitement : que peut faire l'organisme ?
<p>Le locataire doit permettre l'accès au logement pour le traitement antiparasitaire, cette intervention relevant de l'entretien normal des locaux dont l'article 7 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 le rend responsable. Face à un refus persistant, l'organisme doit le documenter par écrit avant de saisir le juge, sachant que l'application exacte de cette règle au parc social n'a pas pu être entièrement vérifiée.</p>
À lire ensuite
Analyses
Cafards dans tout l'immeuble : ce qui relève du syndicat et ce qui reste privatifLe traitement des colonnes et du vide-ordures relève du syndicat, celui du logement reste privatif : sans coordination, l'infestation revient toujours.Copropriété
Ce que le maire peut vous imposer, et comment la procédure se dérouleAprès un constat de manquement, le maire peut mettre en demeure le propriétaire puis, en cas de carence, faire exécuter les travaux d'office à ses frais.Procédure
Dératisation et désinsectisation : quelle part est récupérable sur le locataireLa liste des charges récupérables est fixée par décret. Un traitement curatif ponctuel n'y figure pas et reste, en principe, à la charge du bailleur.Qui paie
Infestation apparue en cours de bail : la zone que les textes ne tranchent pasQuand une infestation apparaît des années après l'entrée dans les lieux, aucun texte ne dit qui paie : tout dépend de l'origine du foyer, que le juge apprécie au cas par cas.Qui paie
Punaises de lit : qui paie le traitement, le locataire ou le propriétaireLe bailleur doit livrer un logement exempt d'infestation ; si les punaises étaient là à l'entrée ou viennent de l'immeuble, le traitement est à sa charge.Qui paie
