La mairie me met en demeure de traiter mon logement : que se passe-t-il si je n'agis pas ?
Si le propriétaire bailleur n'exécute pas les mesures prescrites, le maire ou le préfet peut les faire réaliser d'office et lui en facturer le coût, avec pour les termites une autorisation du président du tribunal. Ce qui se passe précisément dépend du texte sur lequel repose l'arrêté et du délai qu'il fixe.
L'exécution d'office se solde par une facture publique recouvrée sur le propriétaire, en général plus élevée qu'un devis privé.
- Qui est concerné
- Propriétaire bailleur
- Nuisible
- Tous nuisibles
- Qui paie
- Le bailleur
- Délai à tenir
- Sans délai légal
- Textes cités
- 5 textes
- Mise à jour
- 12 septembre 2026
Ce que dit le texte
Reproduit à l'identiqueI. Dans les secteurs délimités par le conseil municipal, le maire peut enjoindre aux propriétaires d'immeubles bâtis et non bâtis de procéder dans les six mois à la recherche de termites ainsi qu'aux travaux préventifs ou d'éradication nécessaires. II. En cas de carence d'un propriétaire et après mise en demeure demeurée infructueuse, le maire peut, sur autorisation du président du tribunal, faire procéder d'office et aux frais du propriétaire à la recherche de termites ainsi qu'aux travaux. III. En cas de démolition totale ou partielle d'un bâtiment situé dans les zones définies au premier alinéa de l'article L.131-3, les bois et matériaux contaminés sont incinérés sur place ou traités avant tout transport.
Ce que cela veut dire iciInjonction du maire de rechercher les termites et d'exécuter les travaux
Consulter le texte en vigueurLes décrets mentionnés à l'article L.1311-1 peuvent être complétés par des arrêtés du représentant de l'État dans le département ou par des arrêtés du maire ayant pour objet d'édicter des dispositions particulières en vue d'assurer la protection de la santé publique dans le département ou la commune.
Ce que cela veut dire iciArrêtés préfectoraux et municipaux complétant les règles d'hygiène
Consulter le texte en vigueurLa police de la sécurité et de la salubrité des immeubles, locaux et installations est exercée dans les conditions fixées par le présent chapitre.
Ce que cela veut dire iciPolice de la sécurité et de la salubrité des immeubles, locaux et installations
Consulter le texte en vigueurConstitue une situation d'insalubrité le fait qu'un local, une installation, un bien immeuble ou un groupe de locaux présente un danger ou un risque pour la santé ou la sécurité physique des personnes.
Ce que cela veut dire iciDéfinition de l'insalubrité
Consulter le texte en vigueurCe que cela change chez vous
Application concrèteConcrètement, le propriétaire perd la main dès qu'il laisse passer le délai fixé par l'arrêté : la décision de traiter, le choix de l'entreprise et le calendrier des travaux ne lui appartiennent plus une fois l'exécution d'office engagée.
La facture qui en résulte est une créance publique recouvrée directement auprès de lui, sans la négociation possible avec un prestataire choisi librement, et généralement pour un montant supérieur à celui d'une intervention organisée en amont.
Pour un risque termites, cette bascule n'est pas automatique : elle suppose une mise en demeure restée sans effet puis une autorisation du président du tribunal, ce qui laisse au propriétaire une dernière fenêtre pour agir avant que la procédure judiciaire ne s'enclenche.
Les cas où la réponse change
À vérifier avant d'agirSi la mise en demeure vise un risque termites, l'exécution d'office suppose une autorisation préalable du président du tribunal. Le délai de six mois s'applique à l'injonction initiale de recherche et de traitement, pas à la mise en demeure elle-même.
Contester l'arrêté par recours gracieux ou contentieux reste possible mais ne bloque pas son exécution. Mieux vaut engager les travaux en parallèle du recours pour limiter le risque d'exécution d'office.
La procédure, étape par étape
Délais indiqués en margeLire l'arrêté et son fondement
Il faut lire attentivement l'arrêté notifié pour identifier son fondement juridique et le délai imparti.
Répondre avec un calendrier
Il faut répondre par écrit à l'administration en présentant un calendrier précis de travaux.
Faire réaliser les travaux
Il faut faire réaliser les mesures prescrites par une entreprise qualifiée.
Transmettre les justificatifs
Il faut transmettre à l'administration les justificatifs attestant de la réalisation des travaux.
Si l'autre partie refuse
Recours ouvertsCe qui se passe en cas de refus
- Le maire ou le préfet peut faire exécuter d'office les mesures prescrites par l'arrêté.
- Le coût de cette exécution d'office est ensuite recouvré auprès du propriétaire.
- Pour un risque termites, le maire doit obtenir l'autorisation du président du tribunal avant d'agir aux frais du propriétaire.
- Le recours contre l'arrêté ne suspend pas son exécution, ce qui laisse la procédure suivre son cours pendant l'instruction du recours.
Ce qui joue en votre faveur
- La copie de l'arrêté notifié et de son accusé de réception, pour dater précisément le point de départ du délai.
- Le devis et le calendrier de travaux transmis à l'administration, qui démontrent une réaction rapide.
- Les rapports d'intervention et attestations de fin de travaux, qui prouvent l'exécution effective des mesures.
- Les courriers d'échange avec le service instructeur, qui retracent le dialogue engagé avec l'administration.
Faire chiffrer l'intervention avant l'échéance
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En détail
Propriétaire bailleurUn fondement variable, une obligation constante
La mise en demeure adressée au propriétaire bailleur ne repose pas toujours sur le même texte. Le maire peut agir sur le fondement de la police de la sécurité et de la salubrité des immeubles, locaux et installations, prévue à l'article L.511-1 du code de la construction et de l'habitation, ou sur celui de la police municipale de salubrité publique de l'article L.2212-2 du code général des collectivités territoriales. Le préfet ou le maire peuvent aussi s'appuyer sur les arrêtés complétant les règles d'hygiène prévus à l'article L.1311-2 du code de la santé publique. Dans tous les cas, l'obligation qui pèse sur le propriétaire est la même : exécuter les mesures prescrites dans le délai fixé par l'arrêté qui lui est notifié. Ce délai n'est pas fixé une fois pour toutes par la loi, il dépend de l'arrêté lui-même, ce qui signifie que la première chose à faire est de le lire pour connaître le temps réellement disponible.
Ce que déclenche l'inaction
Ne pas répondre à une mise en demeure n'arrête pas la procédure, elle la fait avancer sans le propriétaire. Selon le fondement retenu, l'administration peut prescrire des travaux puis, en cas de carence persistante, les faire exécuter d'office. Le coût de cette exécution est ensuite recouvré auprès du propriétaire, en général à un tarif public supérieur à celui d'un devis privé obtenu directement. Cette logique de substitution est explicite pour le risque termites : l'article L.126-6 du code de la construction et de l'habitation prévoit qu'après une mise en demeure demeurée infructueuse, le maire peut, sur autorisation du président du tribunal, faire procéder d'office et aux frais du propriétaire à la recherche de termites et aux travaux nécessaires. Le même texte encadre aussi le traitement des bois et matériaux contaminés en cas de démolition.
L'articulation entre les textes
Ces différents textes ne s'excluent pas, ils se superposent selon la nature du désordre. La situation d'insalubrité au sens de l'article L.1331-22 du code de la santé publique vise le danger ou le risque pour la santé ou la sécurité physique des personnes que présente un local ou un immeuble ; elle justifie l'intervention du maire au titre de sa police municipale comme au titre de la police de la sécurité et de la salubrité des immeubles. Le régime termites, lui, est autonome et procédural : il impose une injonction préalable dans les secteurs délimités par le conseil municipal, avant que la mise en demeure et l'exécution d'office puissent intervenir. Le propriétaire qui reçoit une mise en demeure a donc intérêt à identifier lequel de ces cadres s'applique à sa situation, car le formalisme et les marges de manœuvre ne sont pas identiques.
Quand les faits sont ambigus
Un arrêté peut ne pas préciser clairement son fondement, ou viser plusieurs textes à la fois. Dans ce cas, le propriétaire ne doit pas attendre une clarification pour agir : le risque, en cas de doute, est de laisser filer le délai notifié pendant qu'il cherche à qualifier juridiquement la mesure. La prudence consiste à traiter l'arrêté comme exécutoire dès sa notification, à en contester si besoin le fondement par la voie du recours gracieux ou contentieux, tout en engageant en parallèle les mesures matérielles demandées. Un recours ne suspend pas l'exécution de l'arrêté, ce qui signifie qu'un propriétaire qui se contenterait de contester sans rien entreprendre reste exposé à l'exécution d'office pendant l'instruction de son recours.
Les recours ouverts
Un recours gracieux ou contentieux reste possible contre l'arrêté, mais il ne suspend pas son exécution : mieux vaut engager les travaux en parallèle.
Ce qu'il faut pouvoir produire
- Copie de l'arrêté notifié et de son accusé de réception
- Devis et calendrier de travaux transmis à l'administration
- Rapports d'intervention et attestations de fin de travaux
- Courriers d'échange avec le service instructeur
Les erreurs qui coûtent cher
- Ignorer la notification en pensant que la commune n'ira pas plus loin
- Contester le fond sans jamais proposer de calendrier
- Ne pas informer le locataire du calendrier imposé
Ce que les textes ne tranchent pas
- Les sanctions pénales attachées au non-respect d'un arrêté de police de la salubrité n'ont pas pu être vérifiées article par article et ne sont donc pas énoncées.
Sources et dates de relevé. article L.126-6 du code de la construction et de l'habitation, Injonction du maire de rechercher les termites et d'exécuter les travaux, consulté le 12 septembre 2026. article L.1311-2 du code de la santé publique, Arrêtés préfectoraux et municipaux complétant les règles d'hygiène, consulté le 12 septembre 2026. article L.511-1 du code de la construction et de l'habitation, Police de la sécurité et de la salubrité des immeubles, locaux et installations, consulté le 12 septembre 2026. article L.1331-22 du code de la santé publique, Définition de l'insalubrité, consulté le 12 septembre 2026. article L.2212-2 du code général des collectivités territoriales, Pouvoirs de police du maire en matière de salubrité publique, consulté le 12 septembre 2026.