Puis-je arrêter de payer mon loyer tant que le logement est infesté ?
Non, un locataire ne peut pas décider seul de suspendre son loyer, même si le logement est infesté. Seul un juge peut réduire ou suspendre le paiement, après une procédure qui suppose d'abord d'avoir formellement demandé la mise en conformité au bailleur.
La suspension du loyer est une décision judiciaire, pas un moyen de pression que le locataire peut s'accorder.
- Qui est concerné
- Locataire
- Nuisible
- Tous nuisibles
- Qui paie
- Le bailleur
- Délai à tenir
- 2 mois
- Textes cités
- 4 textes
- Mise à jour
- 12 septembre 2026
Ce que dit le texte
Reproduit à l'identiqueSi le logement loué ne satisfait pas aux dispositions des premier et deuxième alinéas de l'article 6, le locataire peut demander au propriétaire leur mise en conformité. À défaut d'accord entre les parties ou à défaut de réponse du propriétaire dans un délai de deux mois, la commission départementale de conciliation peut être saisie. Le juge détermine, le cas échéant, la nature des travaux à réaliser et le délai de leur exécution, et peut réduire le montant du loyer ou suspendre son paiement.
Ce que cela veut dire iciRecours du locataire en cas de logement non décent
Consulter le texte en vigueurLe bailleur est tenu de remettre au locataire un logement décent ne laissant pas apparaître de risques manifestes pouvant porter atteinte à la sécurité physique ou à la santé, exempt de toute infestation d'espèces nuisibles et parasites.
Ce que cela veut dire iciObligation de délivrance d'un logement décent par le bailleur
Consulter le texte en vigueurLe locataire est obligé d'user paisiblement des locaux loués, de répondre des dégradations et pertes qui surviennent pendant la durée du contrat, à moins qu'il ne prouve qu'elles ont eu lieu par cas de force majeure, par la faute du bailleur ou par le fait d'un tiers, et de prendre à sa charge l'entretien courant du logement et les menues réparations.
Ce que cela veut dire iciObligations du locataire
Consulter le texte en vigueurLe bailleur est obligé de délivrer au preneur la chose louée, d'entretenir cette chose en état de servir à l'usage pour lequel elle a été louée et d'en faire jouir paisiblement le preneur pendant la durée du bail.
Ce que cela veut dire iciObligations du bailleur : délivrance, entretien, jouissance paisible
Consulter le texte en vigueurCe que cela change chez vous
Application concrèteConcrètement, le locataire confronté à une infestation doit continuer à verser l'intégralité de son loyer, même si le logement est temporairement dégradé ou difficile à occuper. Ce paiement continu protège sa position : il évite au bailleur tout motif de résiliation pour impayés pendant que la procédure de mise en conformité suit son cours.
La seule façon d'obtenir une baisse ou une suspension légale du loyer est de suivre la procédure de l'article 20-1 jusqu'à son terme : demande écrite, silence ou désaccord du bailleur, saisine de la commission, puis le juge. Une fois la décision rendue, elle s'applique telle quelle, avec le montant et la durée que le juge a fixés, et non ceux que le locataire aurait choisis seul.
Les cas où la réponse change
À vérifier avant d'agirSi le juge a réduit ou suspendu le loyer, cette décision s'applique telle qu'elle est rendue. En dehors de ce cadre, aucune suspension n'est valable.
Cette option est parfois évoquée mais aucun texte ne la confirme. Elle n'est donc pas présentée comme une solution fiable.
La procédure, étape par étape
Délais indiqués en margeContinuer à payer le loyer
Le locataire doit continuer à régler son loyer pendant toute la durée de la procédure.
Constituer un dossier complet
Le locataire réunit la demande écrite de mise en conformité, la preuve du silence du bailleur et les relances envoyées.
Saisir la commission de conciliation
À défaut d'accord ou de réponse du bailleur, le locataire saisit la commission départementale de conciliation.
Demander la réduction du loyer
Le locataire demande au juge la réduction ou la suspension du loyer, ainsi que la fixation des travaux et de leur délai.
Si l'autre partie refuse
Recours ouvertsCe qui se passe en cas de refus
- Si le bailleur ne répond pas dans les deux mois suivant la demande écrite de mise en conformité, le locataire peut saisir la commission départementale de conciliation.
- En l'absence d'accord devant la commission, le locataire peut porter le litige devant le juge pour obtenir les travaux, la réduction ou la suspension du loyer.
- Si le locataire cesse de payer avant cette décision, le bailleur peut engager une procédure pour défaut de paiement, indépendamment de l'état du logement.
- Le silence prolongé du bailleur ne suspend jamais automatiquement le loyer ; seule la décision du juge produit cet effet.
Ce qui joue en votre faveur
- Les quittances de loyer à jour démontrent que le locataire a respecté ses propres obligations tout au long du litige.
- L'historique complet des demandes écrites de mise en conformité, avec les dates de relance, établit le point de départ du délai de deux mois.
- Un rapport professionnel décrivant l'infestation donne au juge une base objective pour apprécier le défaut de décence prévu à l'article 6 de la loi de 1989.
- Le décompte du préjudice, frais engagés, nuits d'hôtel, mobilier détruit, appuie une demande de réduction proportionnée au trouble réellement subi.
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En détail
LocataireLe principe : le juge seul décide
Le locataire ne peut pas, de sa propre initiative, arrêter de payer son loyer parce que le logement est infesté. L'article 20-1 de la loi du 6 juillet 1989 réserve ce pouvoir au juge : c'est lui qui détermine la nature des travaux à réaliser, fixe leur délai d'exécution, et peut, s'il l'estime justifié, réduire le montant du loyer ou en suspendre le paiement. Rien dans ce texte ne permet au locataire de décider seul de ce montant, même face à une infestation avérée et documentée.
Ce que la procédure impose avant toute réduction
L'article 20-1 encadre une procédure précise, en trois temps. Le locataire doit d'abord demander au propriétaire, par écrit, la mise en conformité du logement, c'est à dire l'obliger à traiter l'infestation, puisque l'article 6 de la même loi impose au bailleur de délivrer un logement décent, exempt de toute infestation d'espèces nuisibles et parasites. Si les parties ne s'accordent pas, ou si le bailleur ne répond pas dans un délai de deux mois, le locataire peut ensuite saisir la commission départementale de conciliation, une étape amiable avant tout passage devant un tribunal. C'est seulement à ce stade, ou plus tard devant le juge, que la question de la réduction ou de la suspension du loyer peut être examinée et, le cas échéant, tranchée.
Pourquoi une retenue unilatérale est risquée
L'article 7 de la loi de 1989 oblige le locataire à respecter les termes du bail, ce qui inclut le paiement intégral du loyer convenu, quel que soit l'état du logement au moment considéré. L'article 1719 du code civil impose en miroir au bailleur de délivrer le logement, de l'entretenir et d'en assurer la jouissance paisible : c'est cette obligation que l'infestation met en cause, pas celle du locataire de payer. Tant qu'aucune décision judiciaire n'a modifié le montant dû, le loyer reste exigible dans son intégralité. Un locataire qui retient tout ou partie de son loyer sans décision de justice s'expose donc à une procédure pour impayés engagée par le bailleur, une procédure qui suit son propre calendrier, indépendamment de la demande de mise en conformité, et qui peut aboutir avant même que le juge n'ait statué sur l'infestation.
Quand la situation reste incertaine
Deux zones grises reviennent souvent dans ce type de litige. La première concerne la consignation du loyer sur un compte, parfois présentée comme une alternative prudente à l'arrêt pur et simple du paiement. Aucun texte ne confirme qu'une consignation, y compris auprès de la Caisse des dépôts, protège le locataire dans ce contexte précis ; elle ne peut donc pas être recommandée comme solution fiable, même si elle circule comme conseil informel. La seconde tient à l'ampleur de l'infestation elle même : le juge apprécie au cas par cas si elle prive réellement le logement de décence au sens de l'article 6, et cette appréciation dépend directement de la qualité du dossier apporté. Un rapport professionnel décrivant précisément l'infestation pèse davantage qu'une simple déclaration du locataire, et un dossier incomplet peut retarder la décision autant qu'un dossier absent. Dans l'attente d'une décision, le principe reste le même : payer intégralement, documenter méthodiquement, puis demander au juge ce que la loi permet de demander.
Les recours ouverts
Seule la décision du juge peut valablement réduire ou suspendre le loyer ; à défaut, le bailleur peut engager une procédure pour défaut de paiement.
Ce qu'il faut pouvoir produire
- Quittances de loyer à jour
- Historique complet des demandes écrites de mise en conformité
- Rapport professionnel décrivant l'infestation
- Décompte du préjudice, frais engagés, nuits d'hôtel, mobilier détruit
Les erreurs qui coûtent cher
- Consigner le loyer sur un compte personnel en pensant être protégé
- Suivre le conseil d'un forum plutôt que la procédure de l'article 20-1
- Payer partiellement sans accord écrit du bailleur
Ce que les textes ne tranchent pas
- La consignation du loyer auprès de la Caisse des dépôts, parfois évoquée, n'a pas pu être vérifiée sur un texte et n'est donc pas présentée comme une option.
Sources et dates de relevé. article 20-1 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, Recours du locataire en cas de logement non décent, consulté le 12 septembre 2026. article 6 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, Obligation de délivrance d'un logement décent par le bailleur, consulté le 12 septembre 2026. article 7 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, Obligations du locataire, consulté le 12 septembre 2026. article 1719 du code civil, Obligations du bailleur : délivrance, entretien, jouissance paisible, consulté le 12 septembre 2026.