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Nuisibles ObligationsQui agit ? Qui paie ? Quels recours ?
Locataire · Rats et souris

Il y a des souris dans mon logement : qui doit payer la dératisation ?

Le propriétaire doit prendre en charge la dératisation et le rebouchage des points d'entrée, car la lutte contre les rongeurs est une obligation d'entretien du bâti qui lui incombe. Cette prise en charge suppose que le locataire n'ait pas lui-même créé les conditions de la pullulation.

La réponse courte À la charge du bailleur

Le rebouchage des passages et la mise en place des protections sont structurels, donc à la charge du propriétaire.

Mettre le bâti hors d'atteinte des rongeurs
Fiche de situationSIT-006
Qui est concerné
Locataire
Nuisible
Rats et souris
Qui paie
Le bailleur
Délai à tenir
Sans délai légal
Textes cités
5 textes
Mise à jour
12 septembre 2026
Le bailleurQui paie
5Textes cités
Sans délai légalMise en conformité
4Étapes
Une personne pose une grille métallique sur une bouche d'aération et dégage un coin de cave encombré

Ce que dit le texte

Reproduit à l'identique

Ce que cela change chez vous

Application concrète

Concrètement, le locataire n'a pas à avancer le prix d'une intervention de dératisation ni des travaux de rebouchage : cette dépense relève de l'entretien du bâti, à la charge du propriétaire. Le locataire doit en revanche signaler la situation par écrit, sans quoi son silence pourra ensuite lui être opposé.

Un signalement précis, daté et appuyé sur l'article 119 du règlement sanitaire départemental transforme une simple gêne en manquement du propriétaire à son obligation d'entretien, ce qui ouvre la voie aux recours prévus par la loi du 6 juillet 1989 si rien n'est fait.

Les cas où la réponse change

À vérifier avant d'agir
Négligence du locataire dans le logement

Si l'accumulation de déchets ou un défaut d'entretien manifeste du locataire a favorisé la prolifération, le propriétaire peut lui opposer un partage de responsabilité. La prise en charge de la dératisation n'est alors plus automatique.

Numérotation de l'article selon le département

L'article 119 correspond à l'arrêté type mais chaque département peut avoir sa propre numérotation. Il faut vérifier l'arrêté préfectoral applicable localement avant de le citer au bailleur.

La règle en vidéo

Rats et souris, 50 secondes
Qui doit agir, sous quel délai et avec quelles preuves : l'essentiel de la règle sur Rats et souris en moins d'une minute.

La procédure, étape par étape

Délais indiqués en marge

Repérage des points de passage

Repérer et photographier les points de passage, plinthes, gaines et espaces sous l'évier avant tout signalement.

Signalement écrit au bailleur

Signaler la situation par écrit au bailleur en visant l'article 119 du règlement sanitaire départemental.

Demande de rebouchage durable

Demander explicitement le rebouchage durable des accès, en plus du simple appâtage.

2 à 3 semaines

Contrôle de l'efficacité

Contrôler l'efficacité de l'intervention deux à trois semaines après sa réalisation.

Si l'autre partie refuse

Recours ouverts

Ce qui se passe en cas de refus

  • Le locataire peut saisir la commission départementale de conciliation si le propriétaire ne répond pas dans le délai de deux mois suivant sa demande.
  • Le juge peut être saisi pour fixer la nature des travaux à réaliser et le délai de leur exécution.
  • Le loyer peut être réduit, voire suspendu, tant que le logement reste infesté et non conforme aux exigences de décence.
  • Le service communal d'hygiène et de santé peut être alerté pour faire appliquer le règlement sanitaire départemental indépendamment du rapport locatif.

Ce qui joue en votre faveur

  • Des photos des trous, des points de passage et des déjections, datées et localisées dans le logement.
  • Un rapport d'intervention établi par un dératiseur, qui objective l'ampleur et l'origine de l'infestation.
  • La lettre recommandée adressée au bailleur et son accusé de réception, qui fixent le point de départ du délai de mise en conformité.
  • L'article 119 du règlement sanitaire départemental et l'article 6 de la loi du 6 juillet 1989, qui posent l'obligation d'un logement exempt de nuisibles.

Le courrier à envoyer

6 modèle(s)
Un bailleur rédige un mot court, la carte de rendez-vous du technicien posée sur la table Locataire du logement Demander au locataire l'accès au logement pour un traitement : modèle de lettre Le traitement est commandé, l'entreprise a une date, et tout dépend maintenant de l'accès au logement et de sa préparation. Ce modèle fixe les deux par écrit, sans transformer la demande en sommation. Un agent municipal prépare un dossier de mise en demeure au bureau d'une mairie Propriétaire de l'immeuble Mettre en demeure un propriétaire de traiter : modèle de lettre pour la mairie Le maire dispose d'une police sanitaire et peut imposer les mesures de destruction des nuisibles. Ce modèle notifie la mise en demeure, fixe le délai et annonce l'exécution d'office, seule suite qui la rende crédible. Une personne dépose un recommandé au guichet d'un bureau de poste, le récépissé est tamponné Propriétaire bailleur Mise en demeure du bailleur de traiter les nuisibles : modèle de lettre Le signalement est resté sans effet. La mise en demeure fixe un délai, annonce les suites et transforme l'inaction du bailleur en manquement daté. C'est la pièce qui ouvre la conciliation puis le juge. Un propriétaire rédige sa réponse, la lettre de la mairie et des devis datés côte à côte Mairie de la commune Répondre à une mise en demeure de la mairie : modèle de lettre Une mise en demeure municipale ne se laisse jamais sans réponse écrite : le silence ouvre l'exécution d'office aux frais du propriétaire. Ce modèle répond, expose ce qui est engagé et propose un calendrier. Une personne assemble un dossier numéroté avec intercalaires et lettre d'accompagnement Commission de conciliation Saisir la commission départementale de conciliation : modèle de lettre La conciliation est gratuite, écrite, et elle débloque une part importante des dossiers sans juge. Ce modèle expose les faits, la demande et les pièces dans l'ordre où la commission les lit. Un locataire cachette une enveloppe à la table de cuisine, notes datées et photographies à côté Propriétaire bailleur Signaler une infestation à son propriétaire : modèle de lettre La première lettre décide de tout : elle date l'infestation, elle prouve que le bailleur a été informé, et elle ouvre le délai au-delà duquel son silence devient fautif. Ce modèle la met en forme et cite les textes qui fondent la demande.

Le modèle se complète en ligne, se télécharge et s'imprime. Aucune coordonnée n'est demandée pour l'obtenir.

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En détail

Locataire

Une obligation d'entretien qui pèse sur le propriétaire

L'article 119 du règlement sanitaire départemental impose aux propriétaires d'immeubles de prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter l'introduction des rongeurs et de maintenir en bon état les dispositifs de protection déjà en place. Ce texte vise directement le bâti : rebouchage des trous, grillage des passages, entretien des systèmes anti-rongeurs. Il prévoit aussi une vérification périodique, faite avec les locataires, de l'état des caves, cuisines, réserves alimentaires, vide-ordures et locaux susceptibles d'attirer ces animaux, ainsi que l'enlèvement des dépôts de détritus qui favorisent leur présence. La dératisation d'un logement envahi par des souris relève donc, dans son principe, de cette obligation d'entretien qui incombe au propriétaire et non au locataire.

Une exigence confirmée par le droit du bail

Cette lecture est renforcée par l'article 6 de la loi du 6 juillet 1989, qui définit le logement décent comme un logement exempt de toute infestation d'espèces nuisibles et parasites. Un logement envahi par des souris ne remplit donc pas, par définition, cette exigence de décence. L'article 1719 du code civil vient compléter ce cadre : le bailleur est tenu de délivrer la chose louée, de l'entretenir en état de servir à l'usage prévu et d'en assurer la jouissance paisible pendant toute la durée du bail. Une infestation de rongeurs touche à la fois l'entretien du bien et la jouissance paisible du locataire, ce qui range la dératisation, et les travaux de rebouchage qui l'accompagnent, du côté des obligations du bailleur, et non de simples frais d'usage courant.

Ce qui reste à la charge du locataire

Cette répartition n'efface pas toute vigilance de la part du locataire. Le règlement sanitaire départemental prévoit une vérification conjointe avec le propriétaire, et rien n'oblige ce dernier à financer une intervention si l'infestation résulte d'une négligence caractérisée du locataire, par exemple une accumulation de déchets ou un défaut d'entretien manifeste des cuisines et réserves alimentaires. La part du locataire se limite donc à ne pas créer les conditions de la pullulation, pas à financer les travaux de fond que sont le rebouchage, le grillage ou la dératisation elle-même.

Le mécanisme en cas de blocage

Si le propriétaire ne réagit pas, l'article 20-1 de la loi du 6 juillet 1989 organise la suite : le locataire peut demander la mise en conformité, et à défaut d'accord ou de réponse du propriétaire dans un délai de deux mois, la commission départementale de conciliation peut être saisie. Le juge peut alors fixer la nature des travaux à réaliser et le délai de leur exécution, et il peut réduire le montant du loyer ou en suspendre le paiement tant que le logement reste non conforme. L'article L.1311-2 du code de la santé publique permet en outre au préfet ou au maire de compléter ces règles par arrêté local, ce qui donne au service communal d'hygiène et de santé une base pour intervenir indépendamment du rapport locatif.

Quand les faits sont ambigus

La difficulté tient à la nature départementale du règlement sanitaire : la numérotation de l'article 119 correspond à l'arrêté type, mais chaque département dispose de son propre arrêté, avec une numérotation qui peut différer. Avant de s'appuyer sur ce texte face à un bailleur, il faut donc vérifier l'arrêté préfectoral effectivement applicable au logement concerné. De la même façon, aucun texte ne fixe de délai national pour l'intervention elle-même : c'est le signalement écrit du locataire qui fait courir un délai raisonnable de mise en conformité, apprécié au cas par cas selon la gravité de l'infestation. Plus ce signalement est précis, daté et documenté, plus il devient difficile pour le propriétaire de soutenir que l'infestation relève de l'usage normal du logement plutôt que d'un défaut d'entretien du bâti dont il reste responsable.

Les recours ouverts

Si le bailleur reste inerte, saisir la commission départementale de conciliation puis le juge, et signaler au service communal d'hygiène et de santé qui peut faire appliquer le règlement sanitaire départemental. Ces démarches s'appuient sur un dossier solide, d'où l'intérêt de bien signaler les rongeurs en location et de réunir des preuves datées.

Ce qu'il faut pouvoir produire

  • Photos des trous, des passages et des déjections
  • Rapport d'intervention d'un dératiseur
  • Lettre recommandée au bailleur et son accusé de réception
  • Journal des observations, dates et pièces concernées

Les erreurs qui coûtent cher

  • Se contenter de pièges sans reboucher, ce qui laisse la voie ouverte
  • Utiliser des raticides en présence d'enfants ou d'animaux sans précaution
  • Ne pas signaler, puis se voir opposer un défaut d'entretien à la sortie

Ce que les textes ne tranchent pas

  • Le règlement sanitaire départemental est un texte départemental : la numérotation des articles 119 à 123 est celle de l'arrêté type, elle doit être recoupée avec l'arrêté du département concerné.

Sources et dates de relevé. article 119 du règlement sanitaire départemental (arrêté type, version départementale applicable), Lutte contre les rongeurs, consulté le 12 septembre 2026. article 6 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, Obligation de délivrance d'un logement décent par le bailleur, consulté le 12 septembre 2026. article 1719 du code civil, Obligations du bailleur : délivrance, entretien, jouissance paisible, consulté le 12 septembre 2026. article 20-1 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, Recours du locataire en cas de logement non décent, consulté le 12 septembre 2026. article L.1311-2 du code de la santé publique, Arrêtés préfectoraux et municipaux complétant les règles d'hygiène, consulté le 12 septembre 2026.

Les procédures liées

Recours et démarches
Deux personnes soulèvent un matelas et inspectent les coutures à la lampe torche, housses de protection et appareil vapeur prêts, dans les parties communes d'un immeuble. Bailleur social Faut-il reloger le locataire pendant le traitement ? Aucun texte vérifié n'impose au bailleur social de reloger le locataire pendant un traitement contre les punaises de lit. La nécessité et la durée d'une éventuelle mise à l'abri dépendent du protocole de traitement retenu et de la vulnérabilité des occupants, et se décident au cas par cas. Un technicien installe un filet anti-perchoir discret sur une corniche et un balcon, dans les parties communes d'un immeuble. Bailleur social Les pigeons nichent sur les loggias d'une résidence : qui doit intervenir ? Le bailleur social doit prendre les mesures empêchant les pigeons de s'installer sur les façades et les loggias, et faire nettoyer les dépôts qui les attirent : cette obligation pèse sur l'organisme, pas sur les locataires. Elle se double d'une interdiction de nourrissage qui vise directement les habitants, faute de quoi les dispositifs posés par le bailleur restent inefficaces. Un locataire photographie une plinthe abîmée à côté d'une note manuscrite datée, les preuves alignées au sol Propriétaire bailleur Mon locataire refuse de laisser entrer l'entreprise de traitement : que puis-je faire ? Le locataire ne peut pas s'opposer aux mesures générales de désinsectisation ou de désinfection, mais vous ne pouvez pas non plus entrer de force dans le logement. Face à un refus persistant, la mise en demeure écrite puis, si besoin, le juge des référés restent les seules voies pour obtenir l'accès. Deux personnes comparent un devis écrit et des photographies sur une table, la mallette du technicien posée à côté, dans un logement. Propriétaire bailleur Puis-je récupérer le coût de la désinsectisation sur les charges du locataire ? La liste des charges récupérables sur le locataire est fixée limitativement par décret, ce qui exclut en principe toute désinsectisation ponctuelle réalisée par le bailleur au titre de son obligation de délivrance. Le sort de la facture dépend donc de la nature de la prestation, curative ou récurrente, pas de la rédaction du bail. Deux personnes soulèvent un matelas et inspectent les coutures à la lampe torche, housses de protection et appareil vapeur prêts, dans les parties communes d'un immeuble. Syndic et syndicat des copropriétaires Punaises de lit et syndicat des copropriétaires : parties communes d'immeuble Le syndicat des copropriétaires doit financer un traitement collectif dès lors que les punaises de lit circulent par les parties communes, gaines, paliers ou cloisons communes. Cette prise en charge collective se limite aux parties communes : l'intérieur de chaque lot reste à la charge de son propriétaire. Un technicien pose un poste d'appâtage sécurisé le long d'une plinthe pendant que l'occupant prend des notes, dans les parties communes d'un immeuble. Bailleur social Rats et souris et bailleur social : logement social Le bailleur social doit prendre toutes les mesures nécessaires pour empêcher l'introduction des rats et souris dans les caves et abords de la résidence, en dératisant et en corrigeant les causes qui les attirent. Cette obligation s'impose sans délai chiffré, mais elle suppose une vérification périodique des locaux et une gestion suivie des déchets.

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