Il y a des souris dans mon logement : qui doit payer la dératisation ?
Le propriétaire doit prendre en charge la dératisation et le rebouchage des points d'entrée, car la lutte contre les rongeurs est une obligation d'entretien du bâti qui lui incombe. Cette prise en charge suppose que le locataire n'ait pas lui-même créé les conditions de la pullulation.
Le rebouchage des passages et la mise en place des protections sont structurels, donc à la charge du propriétaire.
- Qui est concerné
- Locataire
- Nuisible
- Rats et souris
- Qui paie
- Le bailleur
- Délai à tenir
- Sans délai légal
- Textes cités
- 5 textes
- Mise à jour
- 12 septembre 2026
Ce que dit le texte
Reproduit à l'identiqueLes propriétaires d'immeubles ou d'établissements privés et les directeurs d'établissements publics sont tenus de prendre toutes mesures pour éviter l'introduction des rongeurs et pour tenir en bon état d'entretien les dispositifs de protection. Ils doivent vérifier périodiquement avec les locataires ou occupants si les caves, cours, égouts, entrepôts, locaux commerciaux, vide-ordures, locaux d'animaux domestiques, cuisines et réserves alimentaires collectives sont infestés par ces animaux et faire enlever tous les dépôts de détritus susceptibles de les attirer.
Ce que cela veut dire iciLutte contre les rongeurs
Consulter le texte en vigueurLe bailleur est tenu de remettre au locataire un logement décent ne laissant pas apparaître de risques manifestes pouvant porter atteinte à la sécurité physique ou à la santé, exempt de toute infestation d'espèces nuisibles et parasites.
Ce que cela veut dire iciObligation de délivrance d'un logement décent par le bailleur
Consulter le texte en vigueurLe bailleur est obligé de délivrer au preneur la chose louée, d'entretenir cette chose en état de servir à l'usage pour lequel elle a été louée et d'en faire jouir paisiblement le preneur pendant la durée du bail.
Ce que cela veut dire iciObligations du bailleur : délivrance, entretien, jouissance paisible
Consulter le texte en vigueurSi le logement loué ne satisfait pas aux dispositions des premier et deuxième alinéas de l'article 6, le locataire peut demander au propriétaire leur mise en conformité. À défaut d'accord entre les parties ou à défaut de réponse du propriétaire dans un délai de deux mois, la commission départementale de conciliation peut être saisie. Le juge détermine, le cas échéant, la nature des travaux à réaliser et le délai de leur exécution, et peut réduire le montant du loyer ou suspendre son paiement.
Ce que cela veut dire iciRecours du locataire en cas de logement non décent
Consulter le texte en vigueurCe que cela change chez vous
Application concrèteConcrètement, le locataire n'a pas à avancer le prix d'une intervention de dératisation ni des travaux de rebouchage : cette dépense relève de l'entretien du bâti, à la charge du propriétaire. Le locataire doit en revanche signaler la situation par écrit, sans quoi son silence pourra ensuite lui être opposé.
Un signalement précis, daté et appuyé sur l'article 119 du règlement sanitaire départemental transforme une simple gêne en manquement du propriétaire à son obligation d'entretien, ce qui ouvre la voie aux recours prévus par la loi du 6 juillet 1989 si rien n'est fait.
Les cas où la réponse change
À vérifier avant d'agirSi l'accumulation de déchets ou un défaut d'entretien manifeste du locataire a favorisé la prolifération, le propriétaire peut lui opposer un partage de responsabilité. La prise en charge de la dératisation n'est alors plus automatique.
L'article 119 correspond à l'arrêté type mais chaque département peut avoir sa propre numérotation. Il faut vérifier l'arrêté préfectoral applicable localement avant de le citer au bailleur.
La procédure, étape par étape
Délais indiqués en margeRepérage des points de passage
Repérer et photographier les points de passage, plinthes, gaines et espaces sous l'évier avant tout signalement.
Signalement écrit au bailleur
Signaler la situation par écrit au bailleur en visant l'article 119 du règlement sanitaire départemental.
Demande de rebouchage durable
Demander explicitement le rebouchage durable des accès, en plus du simple appâtage.
Contrôle de l'efficacité
Contrôler l'efficacité de l'intervention deux à trois semaines après sa réalisation.
Si l'autre partie refuse
Recours ouvertsCe qui se passe en cas de refus
- Le locataire peut saisir la commission départementale de conciliation si le propriétaire ne répond pas dans le délai de deux mois suivant sa demande.
- Le juge peut être saisi pour fixer la nature des travaux à réaliser et le délai de leur exécution.
- Le loyer peut être réduit, voire suspendu, tant que le logement reste infesté et non conforme aux exigences de décence.
- Le service communal d'hygiène et de santé peut être alerté pour faire appliquer le règlement sanitaire départemental indépendamment du rapport locatif.
Ce qui joue en votre faveur
- Des photos des trous, des points de passage et des déjections, datées et localisées dans le logement.
- Un rapport d'intervention établi par un dératiseur, qui objective l'ampleur et l'origine de l'infestation.
- La lettre recommandée adressée au bailleur et son accusé de réception, qui fixent le point de départ du délai de mise en conformité.
- L'article 119 du règlement sanitaire départemental et l'article 6 de la loi du 6 juillet 1989, qui posent l'obligation d'un logement exempt de nuisibles.
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En détail
LocataireUne obligation d'entretien qui pèse sur le propriétaire
L'article 119 du règlement sanitaire départemental impose aux propriétaires d'immeubles de prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter l'introduction des rongeurs et de maintenir en bon état les dispositifs de protection déjà en place. Ce texte vise directement le bâti : rebouchage des trous, grillage des passages, entretien des systèmes anti-rongeurs. Il prévoit aussi une vérification périodique, faite avec les locataires, de l'état des caves, cuisines, réserves alimentaires, vide-ordures et locaux susceptibles d'attirer ces animaux, ainsi que l'enlèvement des dépôts de détritus qui favorisent leur présence. La dératisation d'un logement envahi par des souris relève donc, dans son principe, de cette obligation d'entretien qui incombe au propriétaire et non au locataire.
Une exigence confirmée par le droit du bail
Cette lecture est renforcée par l'article 6 de la loi du 6 juillet 1989, qui définit le logement décent comme un logement exempt de toute infestation d'espèces nuisibles et parasites. Un logement envahi par des souris ne remplit donc pas, par définition, cette exigence de décence. L'article 1719 du code civil vient compléter ce cadre : le bailleur est tenu de délivrer la chose louée, de l'entretenir en état de servir à l'usage prévu et d'en assurer la jouissance paisible pendant toute la durée du bail. Une infestation de rongeurs touche à la fois l'entretien du bien et la jouissance paisible du locataire, ce qui range la dératisation, et les travaux de rebouchage qui l'accompagnent, du côté des obligations du bailleur, et non de simples frais d'usage courant.
Ce qui reste à la charge du locataire
Cette répartition n'efface pas toute vigilance de la part du locataire. Le règlement sanitaire départemental prévoit une vérification conjointe avec le propriétaire, et rien n'oblige ce dernier à financer une intervention si l'infestation résulte d'une négligence caractérisée du locataire, par exemple une accumulation de déchets ou un défaut d'entretien manifeste des cuisines et réserves alimentaires. La part du locataire se limite donc à ne pas créer les conditions de la pullulation, pas à financer les travaux de fond que sont le rebouchage, le grillage ou la dératisation elle-même.
Le mécanisme en cas de blocage
Si le propriétaire ne réagit pas, l'article 20-1 de la loi du 6 juillet 1989 organise la suite : le locataire peut demander la mise en conformité, et à défaut d'accord ou de réponse du propriétaire dans un délai de deux mois, la commission départementale de conciliation peut être saisie. Le juge peut alors fixer la nature des travaux à réaliser et le délai de leur exécution, et il peut réduire le montant du loyer ou en suspendre le paiement tant que le logement reste non conforme. L'article L.1311-2 du code de la santé publique permet en outre au préfet ou au maire de compléter ces règles par arrêté local, ce qui donne au service communal d'hygiène et de santé une base pour intervenir indépendamment du rapport locatif.
Quand les faits sont ambigus
La difficulté tient à la nature départementale du règlement sanitaire : la numérotation de l'article 119 correspond à l'arrêté type, mais chaque département dispose de son propre arrêté, avec une numérotation qui peut différer. Avant de s'appuyer sur ce texte face à un bailleur, il faut donc vérifier l'arrêté préfectoral effectivement applicable au logement concerné. De la même façon, aucun texte ne fixe de délai national pour l'intervention elle-même : c'est le signalement écrit du locataire qui fait courir un délai raisonnable de mise en conformité, apprécié au cas par cas selon la gravité de l'infestation. Plus ce signalement est précis, daté et documenté, plus il devient difficile pour le propriétaire de soutenir que l'infestation relève de l'usage normal du logement plutôt que d'un défaut d'entretien du bâti dont il reste responsable.
Les recours ouverts
Si le bailleur reste inerte, saisir la commission départementale de conciliation puis le juge, et signaler au service communal d'hygiène et de santé qui peut faire appliquer le règlement sanitaire départemental.
Ce qu'il faut pouvoir produire
- Photos des trous, des passages et des déjections
- Rapport d'intervention d'un dératiseur
- Lettre recommandée au bailleur et son accusé de réception
- Journal des observations, dates et pièces concernées
Les erreurs qui coûtent cher
- Se contenter de pièges sans reboucher, ce qui laisse la voie ouverte
- Utiliser des raticides en présence d'enfants ou d'animaux sans précaution
- Ne pas signaler, puis se voir opposer un défaut d'entretien à la sortie
Ce que les textes ne tranchent pas
- Le règlement sanitaire départemental est un texte départemental : la numérotation des articles 119 à 123 est celle de l'arrêté type, elle doit être recoupée avec l'arrêté du département concerné.
Sources et dates de relevé. article 119 du règlement sanitaire départemental (arrêté type, version départementale applicable), Lutte contre les rongeurs, consulté le 12 septembre 2026. article 6 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, Obligation de délivrance d'un logement décent par le bailleur, consulté le 12 septembre 2026. article 1719 du code civil, Obligations du bailleur : délivrance, entretien, jouissance paisible, consulté le 12 septembre 2026. article 20-1 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, Recours du locataire en cas de logement non décent, consulté le 12 septembre 2026. article L.1311-2 du code de la santé publique, Arrêtés préfectoraux et municipaux complétant les règles d'hygiène, consulté le 12 septembre 2026.