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Nuisibles : vos obligations Zones, textes, délais, recours
Locataire · Mérule

De la mérule se développe dans le logement que je loue : que dois-je faire et qui paie ?

La déclaration en mairie de la présence de mérule incombe au locataire dès qu'il en a connaissance, mais le traitement du désordre revient au bailleur au titre de son obligation d'entretien et de délivrance. Cette répartition dépend presque toujours de l'origine du désordre, généralement un problème du bâti et non un manquement du locataire.

La réponse courte À la charge du bailleur

Le champignon révèle presque toujours un désordre du bâti, qui n'est pas une réparation locative.

Déclarer la mérule en mairie dès connaissance
Fiche de situationSIT-009
Qui est concerné
Locataire
Nuisible
Mérule
Qui paie
Le bailleur
Délai à tenir
Sans délai légal
Textes cités
5 textes
Mise à jour
12 septembre 2026
Le bailleurQui paie
5Textes cités
Sans délai légalDéclaration en mairie
4Étapes

Ce que dit le texte

Reproduit à l'identique

Ce que cela change chez vous

Application concrète

Vous devez déclarer la mérule en mairie dès que vous la constatez, sans attendre l'accord ou la visite du bailleur : cette démarche vous incombe personnellement et ne dépend d'aucune autorisation préalable.

Vous n'avez pas à financer le traitement du champignon ni la recherche de son origine : ces frais relèvent de l'obligation d'entretien du bailleur, sauf si vous êtes vous-même à l'origine du désordre par un usage manifestement inadapté du logement.

Si le bailleur tarde à agir, le désordre peut caractériser un défaut de décence du logement, ce qui vous ouvre le droit de demander une mise en conformité, voire une réduction de loyer devant le juge.

Les cas où la réponse change

À vérifier avant d'agir
Délai de déclaration non confirmé

Le délai d'un mois vaut pour les termites, pas expressément pour la mérule. Déclarez dès la découverte plutôt que d'attendre un délai incertain.

Origine de l'humidité contestée

Si le bailleur impute l'humidité à un défaut d'aération du locataire, la prise en charge du traitement peut être discutée. Plus le désordre du bâti est prouvé, plus la responsabilité du bailleur reste engagée.

La procédure, étape par étape

Délais indiqués en marge

Ne pas gratter ni repeindre

Ne grattez pas la zone atteinte et ne la repeignez pas, cela empêche d'identifier l'étendue du foyer et peut relancer la propagation.

Déclarer en mairie, informer bailleur

Déclarez la présence de mérule en mairie et informez le bailleur par écrit.

Rechercher la cause de l'humidité

Demandez la recherche de la cause exacte : infiltration, remontée capillaire ou défaut de ventilation.

Exiger un traitement spécialisé

Exigez un traitement par une entreprise spécialisée, précédé d'un assèchement du support.

Si l'autre partie refuse

Recours ouverts

Ce qui se passe en cas de refus

  • Le locataire peut demander la mise en conformité au bailleur puis, à défaut d'accord ou de réponse sous deux mois, saisir la commission départementale de conciliation.
  • Le juge peut être saisi pour déterminer les travaux à réaliser et leur délai d'exécution.
  • Le juge peut réduire le montant du loyer ou en suspendre le paiement tant que le désordre n'est pas traité.
  • En cas de danger pour la santé, le service communal d'hygiène et de santé ou l'agence régionale de santé peut être saisi indépendamment de cette procédure.

Ce qui joue en votre faveur

  • Des photos des fructifications et des zones humides, prises dès la découverte.
  • Des relevés d'humidité et un rapport de diagnostic établissant l'origine du désordre.
  • La copie de la déclaration en mairie, qui date officiellement la connaissance du sinistre.
  • L'historique écrit des signalements de fuite ou d'infiltration adressés au bailleur.
Mise en relation

Faire chiffrer l'intervention avant l'échéance

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En détail

Locataire

Qui déclare la mérule, et pourquoi cette obligation lui revient

L'article L.126-5 du code de la construction et de l'habitation met la déclaration en mairie à la charge de l'occupant de l'immeuble contaminé, dès qu'il a connaissance de la présence de mérule. En tant que locataire, c'est donc à vous d'effectuer cette démarche, et non au propriétaire, sauf si le logement était inoccupé au moment de la découverte, auquel cas la déclaration revient au bailleur. Le texte ne fixe aucune condition de délai ni de forme particulière : la déclaration doit simplement suivre la connaissance du sinistre, sans attendre une confirmation par un professionnel ou l'accord du bailleur.

Le traitement, une obligation qui appartient au bailleur

Déclarer la mérule ne revient pas à la traiter. L'article 1720 du code civil impose au bailleur de délivrer le logement en bon état de réparations et d'y faire, pendant toute la durée du bail, les réparations qui deviennent nécessaires, à l'exception des réparations locatives. Une mérule ne se développe que sur un support humide : fuite, infiltration, remontée capillaire ou défaut de ventilation. Ce désordre relève presque toujours du bâti, et non d'un simple défaut d'entretien courant imputable au locataire, ce qui explique que la recherche de la cause, puis l'assèchement et le traitement par une entreprise spécialisée, restent à la charge du bailleur.

Quand la mérule rend le logement non décent

L'article 6 de la loi du 6 juillet 1989 exige un logement exempt de toute infestation d'espèces nuisibles et parasites. Une mérule installée, en particulier si elle s'étend ou fragilise des éléments de structure, peut donc caractériser un défaut de décence. Le locataire dispose alors du mécanisme prévu par l'article 20-1 de la même loi : demander la mise en conformité au propriétaire, puis, à défaut d'accord ou de réponse dans un délai de deux mois, saisir la commission départementale de conciliation. Le juge peut ensuite fixer les travaux à réaliser et leur délai d'exécution, et réduire ou suspendre le paiement du loyer.

Quand l'origine de l'humidité est contestée

Le bailleur peut chercher à imputer l'humidité à un usage inadapté du logement, chauffage insuffisant ou absence d'aération, pour reporter la charge du traitement sur le locataire. Cette discussion ne change rien à l'obligation de déclaration, qui reste due par l'occupant quelle que soit la cause du sinistre. Elle pèse en revanche sur la prise en charge financière du traitement : plus la preuve d'un désordre du bâti, infiltration, défaut de ventilation structurel ou remontée capillaire, est établie, plus la responsabilité du bailleur au titre de l'article 1720 est difficile à écarter.

L'articulation avec le zonage préfectoral

Le deuxième alinéa de l'article L.131-3 permet à un arrêté préfectoral de délimiter des zones où un risque de mérule est identifié. Ce zonage ne modifie pas la répartition des obligations entre locataire et bailleur : il informe et peut orienter les diagnostics, mais la déclaration individuelle en mairie reste due dès la connaissance du sinistre, que le logement soit ou non situé dans une zone déjà répertoriée.

Ce qui reste incertain

Pour les termites, un délai d'un mois encadre expressément la déclaration. Ce délai n'est pas repris pour la mérule dans la partie réglementaire, et son extension par analogie n'a pas pu être vérifiée. Le plus prudent reste donc de déclarer sans attendre, dès que la présence du champignon est constatée, plutôt que de chercher à calquer un délai qui n'est pas certain pour ce nuisible.

Les recours ouverts

Si le propriétaire n'agit pas, saisir la commission départementale de conciliation puis le juge ; en cas de danger pour la santé, saisir le service communal d'hygiène et de santé ou l'agence régionale de santé.

Ce qu'il faut pouvoir produire

  • Photos des fructifications et des zones humides
  • Relevés d'humidité et rapport de diagnostic
  • Copie de la déclaration en mairie
  • Historique écrit des signalements de fuite ou d'infiltration

Les erreurs qui coûtent cher

  • Ventiler moins pour cacher l'odeur, ce qui accélère la propagation
  • Accepter une simple peinture antifongique sans traitement de la cause
  • Attendre le départ du logement pour signaler, ce qui expose à une retenue sur dépôt de garantie

Ce que les textes ne tranchent pas

  • Le délai de déclaration d'un mois est expressément prévu pour les termites ; son extension à la mérule n'a pas pu être vérifiée dans la partie réglementaire.

Sources et dates de relevé. article L.126-5 du code de la construction et de l'habitation, Déclaration en mairie de la présence de mérule, consulté le 12 septembre 2026. deuxième alinéa de l'article L.131-3 du code de la construction et de l'habitation, Arrêté préfectoral délimitant les zones de présence d'un risque de mérule, consulté le 12 septembre 2026. article 6 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, Obligation de délivrance d'un logement décent par le bailleur, consulté le 12 septembre 2026. article 1720 du code civil, État de réparation et réparations à la charge du bailleur, consulté le 12 septembre 2026. article 20-1 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, Recours du locataire en cas de logement non décent, consulté le 12 septembre 2026.