De la mérule s'est déclarée chez moi : dois-je le déclarer et l'assurance couvre-t-elle ?
La déclaration en mairie de la présence de mérule s'impose dès que vous en avez connaissance, sans délai chiffré fixé par le texte. Le traitement reste à votre charge, sauf si un contrat d'assurance mobilisable au titre d'un dégât des eaux ou un recours contre un vendeur ou un constructeur change la donne.
Le coût est au propriétaire, sauf garantie mobilisable au titre d'un dégât des eaux ou recours contre un vendeur ou un constructeur.
- Qui est concerné
- Propriétaire occupant
- Nuisible
- Mérule
- Qui paie
- Cela dépend de l'origine
- Délai à tenir
- Sans délai légal
- Textes cités
- 4 textes
- Mise à jour
- 12 septembre 2026
Ce que dit le texte
Reproduit à l'identiqueDès qu'il a connaissance de la présence de mérule dans un immeuble bâti, l'occupant de l'immeuble contaminé en fait la déclaration en mairie. À défaut d'occupant, la déclaration incombe au propriétaire. Pour les parties communes, la déclaration incombe au syndicat des copropriétaires.
Ce que cela veut dire iciDéclaration en mairie de la présence de mérule
Consulter le texte en vigueurLorsque, dans une ou plusieurs communes, des foyers de mérule sont identifiés, un arrêté préfectoral, consultable en préfecture, pris sur proposition ou après consultation des conseils municipaux intéressés, délimite les zones de présence d'un risque de mérule.
Ce que cela veut dire iciArrêté préfectoral délimitant les zones de présence d'un risque de mérule
Consulter le texte en vigueurEn cas de vente de tout ou partie d'un immeuble bâti situé dans une zone délimitée en application du deuxième alinéa de l'article L.131-3, une information sur la présence d'un risque de mérule est produite dans les conditions et selon les modalités prévues à l'article L.271-4.
Ce que cela veut dire iciInformation sur la présence d'un risque de mérule en cas de vente
Consulter le texte en vigueurConstitue une situation d'insalubrité le fait qu'un local, une installation, un bien immeuble ou un groupe de locaux présente un danger ou un risque pour la santé ou la sécurité physique des personnes.
Ce que cela veut dire iciDéfinition de l'insalubrité
Consulter le texte en vigueurCe que cela change chez vous
Application concrèteVous devez déclarer la présence de mérule en mairie sans attendre un délai particulier : dès que le diagnostic confirme le champignon, la déclaration est due. Ne pas la faire ne fait pas disparaître l'obligation, elle reste due tant que la mérule est présente.
Le coût du traitement, assèchement, purge des bois et reprise de la cause, est à votre charge immédiate, indépendamment de la réponse de votre assureur. Attendre l'issue d'une déclaration de sinistre avant d'agir expose le bâti à une aggravation des désordres.
Si votre bien se situe dans une zone à risque délimitée par arrêté préfectoral, une vente future vous imposera en plus une information spécifique sur ce risque, distincte de la déclaration en mairie déjà due aujourd'hui.
Les cas où la réponse change
À vérifier avant d'agirSi un arrêté préfectoral délimite une zone de risque mérule autour de votre commune, une future vente impose une information spécifique en plus de la déclaration en mairie. Cette obligation ne s'applique qu'à la revente, pas à la déclaration elle-même.
Une fuite accidentelle relevant d'une garantie dégât des eaux peut ouvrir droit à une prise en charge par l'assureur. Un défaut d'entretien ou une humidité chronique relève en revanche de votre charge exclusive.
La procédure, étape par étape
Délais indiqués en margeFaire identifier le champignon
Un laboratoire ou une entreprise spécialisée identifie formellement le champignon responsable de l'attaque.
Suppression de la source d'humidité
L'origine de l'humidité qui a permis le développement de la mérule est recherchée puis supprimée.
Déclaration en mairie et assurance
La présence de mérule est déclarée en mairie et, si un contrat le permet, une déclaration de sinistre est adressée à l'assureur.
Purge des bois et traitement
Les bois atteints sont purgés et les maçonneries sont traitées par une entreprise spécialisée.
Si l'autre partie refuse
Recours ouvertsCe qui se passe en cas de refus
- Si l'assureur refuse la prise en charge en invoquant un défaut d'entretien, le traitement reste à votre charge et doit être engagé sans attendre l'issue d'un éventuel litige avec lui.
- Un recours contre le vendeur peut être engagé si la mérule était connue de lui au moment de la vente et qu'il l'a dissimulée.
- Un recours contre un professionnel peut être engagé si des travaux qu'il a réalisés sont à l'origine de l'humidité ayant permis le développement du champignon.
- L'absence de prise en charge par l'assurance ne suspend pas l'obligation de déclaration en mairie, qui reste due indépendamment du sort du dossier assurantiel.
Ce qui joue en votre faveur
- Le diagnostic d'identification du champignon établit la nature exacte de l'attaque et sert de point de départ à toute démarche, y compris envers l'assureur.
- Les relevés d'humidité et les photos des zones atteintes documentent l'étendue des désordres et l'origine probable de l'humidité.
- La déclaration de sinistre à l'assureur et sa réponse écrite fixent la position de l'assurance et servent de base à un éventuel recours.
- Le devis détaillé du traitement et de la reprise de la cause précise la nature exacte des travaux nécessaires, ce qui appuie la déclaration en mairie comme la demande d'indemnisation.
Faire chiffrer l'intervention avant l'échéance
Une intervention ou un diagnostic doit souvent être produit avant une date précise. Décrivez la situation : des entreprises qui couvrent votre secteur répondent avec leur délai d'intervention, leur méthode et leur prix.
En détail
Propriétaire occupantUne déclaration qui s'impose dès la connaissance des faits
L'article L.126-5 du code de la construction et de l'habitation impose à l'occupant de l'immeuble bâti de déclarer en mairie la présence de mérule dès qu'il en a connaissance. À défaut d'occupant, l'obligation revient au propriétaire ; pour les parties communes d'une copropriété, c'est le syndicat des copropriétaires qui doit agir. Vous êtes propriétaire occupant : c'est donc vous qui déclarez, sans que le texte ne fixe de délai chiffré pour le faire. Cette absence de délai contraste avec le régime des termites, où un mois est expressément prévu ; pour la mérule, aucune durée équivalente n'a pu être identifiée dans la partie réglementaire. La prudence commande donc d'agir dès que le diagnostic confirme la nature du champignon, sans attendre un terme que le texte ne fixe pas.
Un traitement à la charge du propriétaire
La déclaration en mairie n'est qu'un signalement administratif : elle ne traite rien. Le traitement effectif, qui associe l'assèchement des supports, la purge des bois atteints et la reprise de la cause de l'humidité, reste à votre charge en tant que propriétaire. Aucun texte ne transfère cette charge à un tiers du seul fait de la déclaration. Ce que vous payez peut en revanche être compensé, en tout ou partie, si une garantie ou un recours est mobilisable.
L'assurance : une couverture qui dépend du fait générateur
Le contrat d'assurance habitation ne couvre pas la mérule en tant que telle : il couvre un sinistre précisément défini, et c'est la cause de l'humidité qui détermine si ce sinistre est constitué. Une fuite soudaine et accidentelle, relevant d'une garantie dégât des eaux, ouvre en principe droit à une prise en charge. Un défaut d'entretien du bâti, une ventilation insuffisante installée de longue date ou une humidité chronique non traitée relèvent au contraire de l'entretien courant du propriétaire, exclu de la plupart des contrats. Entre ces deux situations, la frontière se joue sur les faits : origine de l'humidité, ancienneté du désordre, entretien antérieur du bien. C'est pourquoi la déclaration de sinistre à l'assureur doit être précise sur ces points, et la réponse de l'assureur doit être conservée quelle qu'elle soit.
Zone à risque délimitée : une obligation distincte en cas de vente
Le deuxième alinéa de l'article L.131-3 du même code permet à un arrêté préfectoral de délimiter des zones où des foyers de mérule ont été identifiés. Si votre commune est concernée et que vous êtes dans une telle zone, l'article L.126-25 impose, en cas de vente de tout ou partie de l'immeuble, de produire une information sur le risque de mérule selon les modalités prévues pour les diagnostics de vente. Cette obligation ne concerne que la revente : elle ne dispense pas de la déclaration en mairie prévue par l'article L.126-5, qui s'applique dès la connaissance de la mérule, que le bien soit ou non situé en zone délimitée et que vous ayez ou non l'intention de vendre.
Quand l'ampleur des désordres pose la question de l'insalubrité
L'article L.1331-22 du code de la santé publique définit l'insalubrité comme le fait, pour un local ou un immeuble, de présenter un danger ou un risque pour la santé ou la sécurité des personnes. Une infestation de mérule très étendue, qui compromet la solidité des bois de structure, peut relever de ce régime en plus de la déclaration prévue par le code de la construction. Ces deux textes ne s'excluent pas : l'un organise le signalement du champignon, l'autre peut s'appliquer si l'état du bâti dépasse le seul désordre lié à la mérule. Quand les faits sont ambigus, c'est-à-dire quand l'étendue de l'atteinte n'est pas encore établie, la déclaration en mairie doit être faite sans attendre le résultat de cette qualification, qui relève d'une appréciation distincte.
Les recours ouverts
Un recours contre le vendeur peut exister si la mérule était connue et dissimulée, ou contre un professionnel dont les travaux ont causé l'humidité.
Ce qu'il faut pouvoir produire
- Diagnostic d'identification du champignon
- Relevés d'humidité et photos des zones atteintes
- Déclaration de sinistre à l'assureur et sa réponse
- Devis détaillé du traitement et de la reprise de la cause
Les erreurs qui coûtent cher
- Traiter la surface sans supprimer la source d'humidité
- Refermer les cloisons avant contrôle
- Vendre sans mentionner la mérule dans une zone où l'information est obligatoire
Ce que les textes ne tranchent pas
- Le délai d'un mois est expressément prévu pour les termites ; son application à la mérule n'a pas pu être vérifiée dans la partie réglementaire.
Sources et dates de relevé. article L.126-5 du code de la construction et de l'habitation, Déclaration en mairie de la présence de mérule, consulté le 12 septembre 2026. deuxième alinéa de l'article L.131-3 du code de la construction et de l'habitation, Arrêté préfectoral délimitant les zones de présence d'un risque de mérule, consulté le 12 septembre 2026. article L.126-25 du code de la construction et de l'habitation, Information sur la présence d'un risque de mérule en cas de vente, consulté le 12 septembre 2026. article L.1331-22 du code de la santé publique, Définition de l'insalubrité, consulté le 12 septembre 2026.