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Nuisibles : vos obligations Zones, textes, délais, recours
Propriétaire bailleur · Mérule

Mon locataire signale de la mérule : dois-je financer les travaux ?

Oui, le bailleur finance la quasi-totalité des travaux liés à la mérule, car ce champignon se développe sur un désordre du bâti qui relève des réparations autres que locatives. Seule une négligence caractérisée du locataire, comme une ventilation obstruée ou une fuite non signalée, peut déplacer une part de cette charge.

La réponse courte À la charge du bailleur

Seule une négligence caractérisée de l'occupant, ventilation condamnée ou fuite non signalée, peut déplacer une part de la charge.

Financer intégralement le traitement de la mérule
Fiche de situationSIT-024
Qui est concerné
Propriétaire bailleur
Nuisible
Mérule
Qui paie
Le bailleur
Délai à tenir
Sans délai légal
Textes cités
5 textes
Mise à jour
12 septembre 2026
Le bailleurQui paie
5Textes cités
Sans délai légalDélai légal applicable
4Étapes

Ce que dit le texte

Reproduit à l'identique

Ce que cela change chez vous

Application concrète

Le propriétaire bailleur doit financer l'intégralité du diagnostic, de l'assèchement, de la purge des bois et de la reprise de la cause du désordre, sans pouvoir renvoyer ces postes vers le locataire au motif que le champignon a été découvert pendant le bail.

Il doit engager les travaux sans attendre un texte qui fixerait un délai, car c'est la vitesse de propagation de la mérule qui commande le calendrier, pas une échéance légale.

S'il ignore l'existence d'un arrêté préfectoral applicable à sa commune, il doit le vérifier avant de considérer la déclaration en mairie comme facultative.

Les cas où la réponse change

À vérifier avant d'agir
Ventilation obstruée par le locataire

Si le locataire a lui même obstrué la ventilation ou dissimulé une fuite, une part de la charge peut lui être transférée. Cette répartition dépend uniquement de l'appréciation du juge, aucun texte ne la fixe.

Commune sous arrêté préfectoral mérule

Dans une commune couverte par un arrêté préfectoral délimitant une zone à risque, la déclaration en mairie prend un relief particulier. Son omission reste une négligence à éviter, même si elle ne change pas qui finance les travaux.

La procédure, étape par étape

Délais indiqués en marge

Identifier le champignon avec certitude

Faites identifier le champignon par un professionnel, car toutes les moisissures ne sont pas de la mérule.

Supprimer la source d'humidité

Recherchez puis supprimez la source d'humidité à l'origine du désordre, faute de quoi le traitement ne tiendra pas.

Purger les bois et maçonneries

Faites purger les bois atteints et traiter les maçonneries une fois la source d'humidité supprimée.

Déclarer la mérule en mairie

Déclarez la présence de mérule en mairie si le locataire ne l'a pas déjà fait.

Si l'autre partie refuse

Recours ouverts

Ce qui se passe en cas de refus

  • Le locataire peut demander la mise en conformité du logement sur le fondement de l'article 6 de la loi du 6 juillet 1989.
  • À défaut d'accord ou de réponse du bailleur dans un délai de deux mois, il peut saisir la commission départementale de conciliation.
  • Le juge peut être saisi et déterminer la nature des travaux ainsi que leur délai d'exécution.
  • Le juge peut réduire le loyer ou suspendre son paiement jusqu'à l'exécution des travaux.

Ce qui joue en votre faveur

  • Le diagnostic établi par un laboratoire ou une entreprise spécialisée permet d'identifier avec certitude la mérule et sa cause.
  • Les relevés d'humidité avant et après travaux objectivent la disparition du désordre à l'origine du développement du champignon.
  • Un devis détaillé distinguant le traitement des bois et la reprise de la cause démontre le sérieux de l'intervention.
  • La copie de la déclaration en mairie atteste du respect de l'obligation prévue par l'article L.126-5 du code de la construction et de l'habitation.
Mise en relation

Faire chiffrer l'intervention avant l'échéance

Une intervention ou un diagnostic doit souvent être produit avant une date précise. Décrivez la situation : des entreprises qui couvrent votre secteur répondent avec leur délai d'intervention, leur méthode et leur prix.

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En détail

Propriétaire bailleur

Une obligation de délivrance et d'entretien qui pèse sur le bailleur

L'article 1720 du code civil impose au bailleur de délivrer un logement en bon état de réparations de toute espèce et de réaliser, pendant toute la durée du bail, les réparations qui ne relèvent pas de l'entretien courant du locataire. La mérule ne se développe pas par hasard, elle suit une infiltration, une remontée capillaire ou une ventilation défaillante, c'est à dire un désordre du bâti. Ce type de cause échappe par nature aux réparations locatives, qui couvrent l'entretien courant et non la structure du bien. Le traitement du champignon ne se limite pas à un produit fongicide posé sur les bois atteints, il faut assécher la source d'humidité, purger les bois contaminés et reprendre la cause du désordre. Tant que cette dernière étape n'est pas faite, la mérule reprend son développement, ce qui rattache mécaniquement l'ensemble de l'opération aux réparations autres que locatives visées par l'article 1720.

Le lien avec l'obligation de décence

L'article 6 de la loi du 6 juillet 1989 double cette obligation civile d'une obligation de décence, le logement remis au locataire doit être exempt de toute infestation d'espèces nuisibles et parasites et ne pas exposer l'occupant à un risque manifeste pour sa santé. Une mérule installée dans les bois d'un logement loué caractérise ce type de risque. Les deux textes se renforcent, l'article 1720 fonde l'obligation de réparer, l'article 6 fonde l'obligation de fournir un logement sain pendant toute la durée du bail. Le bailleur ne peut donc pas opposer au locataire l'idée que la mérule serait apparue après la remise des clés, l'obligation de décence court sur toute la location, pas seulement à l'entrée dans les lieux.

La déclaration en mairie, une obligation distincte de la question du financement

L'article L.126-5 du code de la construction et de l'habitation impose une déclaration en mairie dès la connaissance de la présence de mérule. Cette déclaration incombe à l'occupant, ou au propriétaire à défaut d'occupant. Elle ne règle pas la question de qui paie les travaux, c'est une obligation administrative de signalement, distincte de la répartition de la charge financière posée par l'article 1720. Dans les communes couvertes par un arrêté préfectoral pris sur le fondement du deuxième alinéa de l'article L.131-3 du même code, qui délimite les zones de présence d'un risque de mérule, cette déclaration prend un relief particulier et son omission constitue une négligence qu'il vaut mieux éviter d'ajouter au dossier.

Le recours du locataire si le bailleur reste inactif

Si le bailleur ne réagit pas, l'article 20-1 de la loi du 6 juillet 1989 permet au locataire de demander la mise en conformité du logement au regard de l'article 6. À défaut d'accord entre les parties ou de réponse du bailleur dans un délai de deux mois, la commission départementale de conciliation peut être saisie, puis le juge. Ce dernier détermine la nature des travaux et leur délai d'exécution, et peut réduire le loyer ou en suspendre le paiement jusqu'à leur réalisation. Ce mécanisme replace la charge du financement là où l'article 1720 l'avait déjà placée, chez le bailleur.

Ce qui reste incertain quand les faits sont ambigus

Aucun texte ne prévoit de délai légal chiffré pour agir face à la mérule, l'urgence tient ici à la biologie du champignon, qui continue de progresser tant que l'humidité persiste, et non à un calendrier fixé par la loi. La répartition de la charge peut aussi se déplacer, en tout ou partie, si le locataire a lui même créé les conditions du désordre, par exemple en obstruant une ventilation ou en ne signalant pas une fuite dont il avait connaissance. Cette hypothèse ne relève d'aucun texte précis, elle dépend de l'appréciation du juge au cas par cas, en fonction de la preuve d'une négligence caractérisée de l'occupant. En l'absence d'une telle preuve, la charge reste entière pour le bailleur.

Les recours ouverts

Le locataire peut demander la mise en conformité, puis saisir la commission départementale de conciliation et le juge, qui peut suspendre le loyer jusqu'aux travaux.

Ce qu'il faut pouvoir produire

  • Diagnostic d'un laboratoire ou d'une entreprise spécialisée
  • Relevés d'humidité avant et après travaux
  • Devis détaillé du traitement et de la reprise de la cause
  • Copie de la déclaration en mairie

Les erreurs qui coûtent cher

  • Appliquer un produit fongicide sans traiter l'humidité
  • Refermer une cloison sans avoir purgé les bois
  • Négliger la déclaration en mairie dans les zones à risque délimitées par arrêté préfectoral

Ce que les textes ne tranchent pas

  • La répartition de la charge en cas de ventilation obstruée par l'occupant relève de l'appréciation judiciaire, aucun texte ne la règle.

Sources et dates de relevé. article 1720 du code civil, État de réparation et réparations à la charge du bailleur, consulté le 12 septembre 2026. article 6 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, Obligation de délivrance d'un logement décent par le bailleur, consulté le 12 septembre 2026. article L.126-5 du code de la construction et de l'habitation, Déclaration en mairie de la présence de mérule, consulté le 12 septembre 2026. deuxième alinéa de l'article L.131-3 du code de la construction et de l'habitation, Arrêté préfectoral délimitant les zones de présence d'un risque de mérule, consulté le 12 septembre 2026. article 20-1 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, Recours du locataire en cas de logement non décent, consulté le 12 septembre 2026.