Le moustique tigre se reproduit dans les gouttières de mon immeuble : suis-je concerné ?
Aucun texte national n'oblige le bailleur à traiter les moustiques tigres, mais l'article 1719 du code civil lui impose d'entretenir le bâti qui les fait proliférer. Concrètement, une gouttière bouchée relève de vous, la lutte collective relève de la commune et de l'agence régionale de santé.
Vous payez la remise en état du bâti, pas la démoustication du quartier.
- Qui est concerné
- Propriétaire bailleur
- Nuisible
- Moustique tigre
- Qui paie
- Le bailleur
- Délai à tenir
- Sans délai légal
- Textes cités
- 4 textes
- Mise à jour
- 12 septembre 2026
Ce que dit le texte
Reproduit à l'identiqueLe bailleur est obligé de délivrer au preneur la chose louée, d'entretenir cette chose en état de servir à l'usage pour lequel elle a été louée et d'en faire jouir paisiblement le preneur pendant la durée du bail.
Ce que cela veut dire iciObligations du bailleur : délivrance, entretien, jouissance paisible
Consulter le texte en vigueurLes maires agissent dans le cadre de leurs compétences en matière d'hygiène et de salubrité pour prévenir l'implantation et le développement des insectes vecteurs sur le territoire de leur commune ; l'agence régionale de santé établit le programme annuel de surveillance entomologique et conduit les interventions autour des cas humains.
Ce que cela veut dire iciPrévention des maladies vectorielles
Consulter le texte en vigueurLa loi organise la lutte contre les moustiques dans les départements où est constatée l'existence de conditions favorables au développement de maladies transmises par les insectes.
Ce que cela veut dire iciLutte contre les moustiques
Consulter le texte en vigueurL'arrêté fixe les modalités de mise en œuvre des missions de surveillance entomologique, d'intervention autour des détections et de prospection, traitement et travaux autour des lieux fréquentés par les cas humains de maladies transmises par les moustiques vecteurs.
Ce que cela veut dire iciSurveillance entomologique, intervention autour des détections et prospection
Consulter le texte en vigueurCe que cela change chez vous
Application concrèteEn pratique, vous devez traiter les gouttières, regards et descentes de votre immeuble comme n'importe quel autre poste d'entretien : les faire curer avant que l'eau ne stagne, et réparer les points bas qui la retiennent, sans attendre qu'un locataire ou la mairie ne vous le demande.
Vous n'avez en revanche pas à financer de traitement anti-moustique, ni à répondre à une demande de démoustication du quartier : cette charge reste publique, portée par la commune puis par l'agence régionale de santé autour des cas humains signalés.
Si le gîte se situe sur l'espace public attenant à votre immeuble, votre seule obligation est de le signaler à la commune ; vous n'avez pas à intervenir vous-même sur un terrain qui ne vous appartient pas.
Les cas où la réponse change
À vérifier avant d'agirSi les eaux stagnantes se situent hors de votre parcelle, leur entretien ne vous incombe plus. Vous pouvez seulement signaler le désordre à la commune, pas le réparer vous-même.
La répartition entre commune, département et agence régionale de santé varie selon l'organisation locale de la lutte antivectorielle. Vérifiez qui est compétent avant d'adresser votre signalement.
La règle en vidéo
Moustique tigre, 50 secondesLa procédure, étape par étape
Délais indiqués en margeCurer gouttières et descentes
Faites curer les gouttières, les regards et les descentes avant l'arrivée de la saison propice aux moustiques.
Réparer les points bas
Réparez les points bas de l'installation qui retiennent l'eau et favorisent la reproduction des larves.
Informer les locataires des gestes
Informez vos locataires des gestes simples pour supprimer les gîtes larvaires accessibles dans le logement.
Signaler à la commune
Signalez à la commune les gîtes situés sur l'espace public voisin, hors de votre parcelle.
Si l'autre partie refuse
Recours ouvertsCe qui se passe en cas de refus
- Le locataire peut demander la réparation du bâti au titre de votre obligation d'entretien, gouttières et regards inclus.
- Si les gîtes se situent sur l'espace public, la commune reste seule compétente pour agir au titre de ses pouvoirs d'hygiène et de salubrité, que vous soyez intervenu ou non sur votre bien.
- L'agence régionale de santé n'intervient qu'autour des cas humains signalés, elle ne se substitue jamais à l'entretien du bâti que vous avez négligé.
- Laisser les gîtes prospérer sur votre bien ne prolonge pas seulement le risque d'une réclamation du locataire, mais un désordre que la démoustication publique, si elle existe, ne peut pas compenser.
Ce qui joue en votre faveur
- Photos des gîtes et des désordres constatés dans les gouttières, regards ou terrasses.
- Devis et factures de curage ou de réparation, qui démontrent l'exécution de votre obligation d'entretien.
- Courriers échangés avec les locataires sur les gîtes signalés et les mesures prises.
- Preuve du signalement à la commune lorsque le désordre se situe sur l'espace public voisin.
Le courrier à envoyer
6 modèle(s)
Locataire entrant
Attester du traitement d'un logement avant relocation : modèle de lettre
Relouer un logement qui a été infesté suppose de pouvoir le prouver traité. Ce modèle remet au locataire entrant l'information et les pièces, ce qui coupe court à la réclamation qui suit toute réapparition.
Locataire du logement
Demander au locataire l'accès au logement pour un traitement : modèle de lettre
Le traitement est commandé, l'entreprise a une date, et tout dépend maintenant de l'accès au logement et de sa préparation. Ce modèle fixe les deux par écrit, sans transformer la demande en sommation.
Locataire du logement
Imputer un traitement de nuisibles aux charges locatives : modèle de lettre
Une part des interventions se récupère en charges, une autre non, et la frontière n'est pas celle du montant. Ce modèle explique l'imputation au locataire en citant le texte qui la fonde, ce qui évite la contestation en fin d'année.
Syndic de copropriété
Mettre en demeure un syndic inactif face aux nuisibles : modèle de lettre
Le signalement est resté lettre morte et l'immeuble reste infesté. Ce modèle met le syndic en demeure et, dans le même courrier, demande l'inscription de la question à l'ordre du jour de la prochaine assemblée générale.
Agence régionale de santé
Signaler le moustique tigre à l'agence régionale de santé : modèle de lettre
La lutte contre le moustique tigre repose sur la suppression des gîtes larvaires, pas sur la pulvérisation. Ce modèle signale un foyer persistant et demande l'intervention de l'opérateur de démoustication.
Propriétaire bailleur
Signaler une infestation à son propriétaire : modèle de lettre
La première lettre décide de tout : elle date l'infestation, elle prouve que le bailleur a été informé, et elle ouvre le délai au-delà duquel son silence devient fautif. Ce modèle la met en forme et cite les textes qui fondent la demande.
Le modèle se complète en ligne, se télécharge et s'imprime. Aucune coordonnée n'est demandée pour l'obtenir.
Faire chiffrer l'intervention avant l'échéance
Une intervention ou un diagnostic doit souvent être produit avant une date précise. Décrivez la situation. Votre demande est transmise à des professionnels de votre zone.
En détail
Propriétaire bailleurL'entretien du bâti reste une obligation du bailleur
L'article 1719 du code civil oblige le bailleur à délivrer le logement, à l'entretenir en état de servir à l'usage prévu et à en assurer la jouissance paisible. Une gouttière bouchée, un regard fissuré, une descente d'eau pluviale qui déborde ou une terrasse mal drainée sont des désordres du bâti au même titre qu'une fuite de toiture ou une façade qui se dégrade. Que ces désordres favorisent la prolifération du moustique tigre ne change rien à leur nature : ils relèvent de votre obligation d'entretien, et leur réparation vous incombe, pas au locataire ni à la commune. Cette obligation existe indépendamment de la présence du moustique tigre ; elle s'applique dès qu'un élément du bâti retient l'eau ou se dégrade au point de ne plus remplir sa fonction.
Aucun texte n'impose de traiter le moustique lui-même
Rien dans les textes cités n'impose au bailleur de faire intervenir une société de démoustication ou de traiter les eaux stagnantes contre les larves. La loi n° 64-1246 du 16 décembre 1964 organise la lutte contre les moustiques dans les départements où des conditions favorables au développement de maladies transmises par les insectes sont constatées, mais elle confie cette organisation à la puissance publique, pas aux propriétaires privés. Le décret n° 2019-258 du 29 mars 2019 confirme ce partage : les maires agissent dans le cadre de leurs compétences en matière d'hygiène et de salubrité pour prévenir l'implantation et le développement des insectes vecteurs sur le territoire de leur commune, et l'agence régionale de santé établit le programme annuel de surveillance entomologique et conduit les interventions autour des cas humains. L'arrêté du 23 juillet 2019 fixe les modalités de cette surveillance entomologique, de l'intervention autour des détections et de la prospection, du traitement et des travaux associés. Vous n'êtes donc jamais le bon interlocuteur pour la lutte antivectorielle en tant que telle : votre obligation s'arrête à la suppression des causes matérielles de stagnation d'eau sur votre bien.
Où s'arrête votre responsabilité
Cette limite se joue sur l'emplacement du désordre. Un gîte larvaire situé dans vos gouttières, votre cour ou toute partie du bâti dont vous avez la charge relève de votre entretien. Un gîte situé sur l'espace public voisin, une parcelle mitoyenne ou une friche ne dépend plus de vous : vous pouvez seulement le signaler à la commune, qui agit alors au titre de ses pouvoirs de police d'hygiène et de salubrité. Cette distinction entre ce qui vous appartient et ce qui n'en relève pas structure toute la réponse : le droit sépare nettement l'entretien du bâti, qui vous revient, de la police sanitaire du territoire, qui revient à la commune puis à l'agence régionale de santé.
Quand la situation reste ambiguë
La difficulté pratique tient à la répartition des compétences entre la commune, le département et l'agence régionale de santé, qui varie selon l'organisation locale de la lutte antivectorielle. Un occupant ou un voisin peut donc recevoir des réponses différentes selon la collectivité contactée, sans que cela remette en cause votre propre obligation d'entretien. Dans les cas où le gîte se situe à la limite entre votre parcelle et l'espace collectif, ou lorsque plusieurs bailleurs se partagent un même réseau de gouttières ou de descentes, l'obligation d'entretien peut se répartir entre copropriétaires selon les règles de la copropriété plutôt que reposer sur un seul bailleur. En l'absence de désordre matériel identifiable, aucun texte ne permet d'exiger de vous un traitement préventif : votre obligation naît du défaut d'entretien constaté, pas de la seule présence de moustiques.
Les recours ouverts
Un locataire peut demander la réparation du bâti au titre de l'obligation d'entretien ; pour la lutte collective, l'interlocuteur est la commune puis l'agence régionale de santé.
Ce qu'il faut pouvoir produire
- Photos des gîtes et des désordres constatés
- Devis et factures de curage ou de réparation
- Courriers des locataires
- Preuve du signalement à la commune si l'espace public est en cause
Les erreurs qui coûtent cher
- Financer une pulvérisation d'insecticide sans supprimer les gîtes
- Laisser des chantiers avec bidons et bâches en eau
- Considérer que la démoustication publique dispense d'entretenir les gouttières
Ce que les textes ne tranchent pas
- Les compétences respectives de la commune, du département et de l'agence régionale de santé varient selon l'organisation locale de la lutte antivectorielle.
Sources et dates de relevé. article 1719 du code civil, Obligations du bailleur : délivrance, entretien, jouissance paisible, consulté le 12 septembre 2026. décret n° 2019-258 du 29 mars 2019, Prévention des maladies vectorielles, consulté le 12 septembre 2026. loi n° 64-1246 du 16 décembre 1964, Lutte contre les moustiques, consulté le 12 septembre 2026. arrêté du 23 juillet 2019, Surveillance entomologique, intervention autour des détections et prospection, consulté le 12 septembre 2026.
Les procédures liées
Recours et démarches
Syndic et syndicat des copropriétaires
De la mérule se développe dans les caves communes : quelles obligations pour le syndicat ?
Pour la mérule détectée dans des parties communes comme des caves, la déclaration en mairie incombe au syndicat des copropriétaires, et non aux occupants des lots privatifs. Cette obligation se double d'un devoir d'entretien qui oblige le syndic à rechercher la cause de l'humidité et, en cas d'urgence, à engager les travaux de sa propre initiative.
Syndic et syndicat des copropriétaires
Des termites sont découverts dans les parties communes : qui doit déclarer en mairie ?
Pour les parties communes d'un immeuble en copropriété, c'est le syndicat des copropriétaires qui doit déclarer la présence de termites en mairie, le syndic accomplissant cette formalité en son nom. La déclaration doit être adressée dans le mois suivant la constatation, par lettre recommandée avec accusé de réception ou déposée contre récépissé.
Locataire
Le logement est invivable à cause des nuisibles : puis-je partir sans préavis ?
<p>Le locataire ne peut pas quitter le logement infesté sans préavis : le bail ne se rompt pas de plein droit et les obligations contractuelles restent dues tant qu'un accord ou une décision de justice n'y met pas fin. La possibilité de suspendre le loyer ou d'être relogé dépend en revanche d'une procédure d'insalubrité ou d'une décision du juge, distincte du simple constat de nuisibles.</p>
Syndic et syndicat des copropriétaires
Les pigeons colonisent la toiture et la cour : le syndicat doit-il financer les protections ?
La toiture, les façades et la cour d'un immeuble sont en principe des parties communes : leur protection contre les pigeons et le nettoyage des fientes relèvent donc du budget du syndicat, voté en assemblée générale. Cette réponse suppose que ces éléments soient bien qualifiés de parties communes par le règlement de copropriété de l'immeuble concerné.
Locataire
Puis-je arrêter de payer mon loyer tant que le logement est infesté ?
<p>Non, un locataire ne peut pas décider seul de suspendre son loyer, même si le logement est infesté. Seul un juge peut réduire ou suspendre le paiement, après une procédure qui suppose d'abord d'avoir formellement demandé la mise en conformité au bailleur.</p>
Syndic et syndicat des copropriétaires
Puis-je engager un traitement en urgence sans attendre l'assemblée générale ?
<p>Oui, le syndic peut engager un traitement d'urgence contre un nuisible sans attendre l'assemblée générale. Cette faculté suppose une urgence réelle et documentée, faute de quoi la dépense engagée pourra être contestée après coup.</p>
À lire ensuite
Analyses
Cafards dans tout l'immeuble : ce qui relève du syndicat et ce qui reste privatifLe traitement des colonnes et du vide-ordures relève du syndicat, celui du logement reste privatif : sans coordination, l'infestation revient toujours.Copropriété
Comment examiner les justificatifs d’un dépôt de garantie pour nuisiblesÉvaluez une retenue liée aux nuisibles en comparant états des lieux, pièces datées, échanges et factures.Démarches et preuves
Comment préparer votre dossier CAF pour un logement infestéRassemblez les preuves, contactez le bon interlocuteur et suivez votre dossier CAF en cas d’infestation dans votre logement.Démarches et preuves
Dératisation et désinsectisation : quelle part est récupérable sur le locataireLa liste des charges récupérables est fixée par décret. Un traitement curatif ponctuel n'y figure pas et reste, en principe, à la charge du bailleur.Qui paie
Infestation apparue en cours de bail : la zone que les textes ne tranchent pasQuand une infestation apparaît des années après l'entrée dans les lieux, aucun texte ne dit qui paie : tout dépend de l'origine du foyer, que le juge apprécie au cas par cas.Qui paie
