Qui doit démoustiquer : la commune, le département ou l'État ?
La commune n'a pas d'obligation de démoustication générale de son territoire : le maire agit sur les gîtes de l'espace public au titre de ses pouvoirs de salubrité, tandis que la surveillance entomologique et les interventions autour des cas humains relèvent de l'agence régionale de santé dans le cadre du dispositif national de prévention des maladies vectorielles. Cette répartition dépend de la nature du terrain concerné et de l'existence ou non d'un cas humain signalé.
La commune finance l'assainissement de ses propres espaces, l'État et les agences régionales de santé assurent la surveillance et les interventions autour des cas humains.
- Qui est concerné
- Maire et commune
- Nuisible
- Moustique tigre
- Qui paie
- La commune
- Délai à tenir
- Sans délai légal
- Textes cités
- 4 textes
- Mise à jour
- 12 septembre 2026
Ce que dit le texte
Reproduit à l'identiqueLa loi organise la lutte contre les moustiques dans les départements où est constatée l'existence de conditions favorables au développement de maladies transmises par les insectes.
Ce que cela veut dire iciLutte contre les moustiques
Consulter le texte en vigueurLes maires agissent dans le cadre de leurs compétences en matière d'hygiène et de salubrité pour prévenir l'implantation et le développement des insectes vecteurs sur le territoire de leur commune ; l'agence régionale de santé établit le programme annuel de surveillance entomologique et conduit les interventions autour des cas humains.
Ce que cela veut dire iciPrévention des maladies vectorielles
Consulter le texte en vigueurL'arrêté fixe les modalités de mise en œuvre des missions de surveillance entomologique, d'intervention autour des détections et de prospection, traitement et travaux autour des lieux fréquentés par les cas humains de maladies transmises par les moustiques vecteurs.
Ce que cela veut dire iciSurveillance entomologique, intervention autour des détections et prospection
Consulter le texte en vigueurLa police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle comprend notamment le soin de prévenir, par des précautions convenables, et de faire cesser les accidents et les fléaux calamiteux ainsi que les pollutions de toute nature, tels que les maladies épidémiques ou contagieuses, les épizooties.
Ce que cela veut dire iciPouvoirs de police du maire en matière de salubrité publique
Consulter le texte en vigueurCe que cela change chez vous
Application concrèteSi vous êtes un habitant, un gîte larvaire repéré sur la voirie, dans un avaloir ou près d'un bâtiment communal relève de la commune : c'est elle qu'il faut contacter, pas le département ni la préfecture.
Si vous êtes un élu ou un agent municipal, l'obligation ne consiste pas à traiter l'ensemble du territoire communal par pulvérisation, mais à supprimer méthodiquement les gîtes sur les espaces gérés par la commune et à relayer les messages de prévention auprès des habitants.
Si un cas humain de maladie transmise par le moustique tigre est en cause, la démarche change d'interlocuteur : c'est l'agence régionale de santé qui pilote l'intervention, la commune n'ayant pas vocation à s'y substituer.
Les cas où la réponse change
À vérifier avant d'agirDans certains départements, la lutte antivectorielle est organisée différemment et peut mobiliser d'autres acteurs locaux. Cette organisation précise par département n'a pas été recensée ici, la prudence s'impose donc sur les détails locaux.
Un gîte sur l'espace public relève du maire, tandis qu'un cas humain confirmé déclenche l'intervention de l'agence régionale de santé. La réponse et l'interlocuteur changent donc selon la nature exacte du signalement.
La procédure, étape par étape
Délais indiqués en margeCurer avaloirs et fontaines
La commune fait curer les avaloirs, les regards et les fontaines de l'espace public avant le début de la saison à moustiques.
Supprimer les réserves d'eau
Les services techniques et les cimetières municipaux suppriment leurs réserves d'eau stagnante qui servent de gîtes larvaires.
Informer sur les gîtes privés
La commune informe les habitants sur la nécessité de supprimer les gîtes larvaires présents sur leurs propriétés privées.
Relayer le signalement officiel
La commune relaie auprès des habitants le dispositif officiel de signalement des gîtes et des cas suspects.
Si l'autre partie refuse
Recours ouvertsCe qui se passe en cas de refus
- Si la commune se contente d'un traitement ponctuel par pulvérisation sans supprimer les gîtes, la prolifération reprend rapidement après le traitement.
- Si les cimetières ou les bâtiments techniques municipaux sont laissés de côté, ces gîtes continuent d'alimenter la population de moustiques malgré les actions menées ailleurs.
- Un signalement resté sans réponse de la commune ne donne pas ouverture à une démoustication forcée : aucun texte ne prévoit un tel recours.
- En présence d'un cas humain, le signalement peut être porté directement à l'agence régionale de santé, qui agit indépendamment de la réponse de la commune.
Ce qui joue en votre faveur
- L'article L.2212-2 du code général des collectivités territoriales fonde l'obligation du maire d'assurer la salubrité publique et de prévenir les fléaux calamiteux.
- La loi n° 64-1246 du 16 décembre 1964 organise juridiquement la lutte contre les moustiques dans les départements concernés.
- Le décret n° 2019-258 du 29 mars 2019 et l'arrêté du 23 juillet 2019 précisent la répartition des rôles entre la commune et l'agence régionale de santé.
- Un inventaire des gîtes de l'espace public ou des échanges écrits avec l'agence régionale de santé permettent d'objectiver la situation en cas de désaccord.
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En détail
Maire et communeUne compétence répartie entre la commune et l'État
La lutte contre le moustique tigre ne repose pas sur un texte unique confiant toute la charge à la commune. La loi n° 64-1246 du 16 décembre 1964 organise la lutte contre les moustiques dans les départements où sont constatées des conditions favorables au développement de maladies transmises par ces insectes. Le décret n° 2019-258 du 29 mars 2019 précise ensuite qui fait quoi : les maires agissent dans le cadre de leurs compétences en matière d'hygiène et de salubrité pour prévenir l'implantation et le développement des insectes vecteurs sur le territoire de leur commune, tandis que l'agence régionale de santé établit le programme annuel de surveillance entomologique et conduit les interventions autour des cas humains. La commune et l'État interviennent donc sur deux registres différents, l'un préventif et local, l'autre sanitaire et piloté au niveau régional.
Ce que le pouvoir de police du maire impose exactement
Le fondement de l'action municipale est l'article L.2212-2 du code général des collectivités territoriales, qui charge le maire d'assurer la salubrité publique et de prévenir, par des précautions convenables, les fléaux calamiteux tels que les maladies épidémiques ou contagieuses. Appliqué au moustique tigre, ce pouvoir se traduit concrètement par la suppression des gîtes larvaires présents sur l'espace public : avaloirs, regards, fontaines, réserves d'eau des services techniques et des cimetières. Le maire mobilise aussi les habitants pour qu'ils traitent les gîtes situés sur leurs propriétés privées, mais cette mobilisation reste une action d'information, pas un pouvoir de contrainte généralisé sur le domaine privé. Aucun texte ne crée un droit à une démoustication de confort financée par la commune sur l'ensemble du territoire communal, y compris sur les espaces privés.
L'articulation avec la surveillance sanitaire de l'État
L'arrêté du 23 juillet 2019 fixe les modalités de la surveillance entomologique, de l'intervention autour des détections et de la prospection, du traitement et des travaux autour des lieux fréquentés par des cas humains de maladies transmises par les moustiques vecteurs. Cette mission relève de l'agence régionale de santé, pas de la commune. Concrètement, quand un cas humain de maladie transmise par le moustique tigre est détecté, c'est ce dispositif national qui prend le relais pour organiser la prospection et le traitement autour du lieu concerné, indépendamment de l'action de salubrité que mène par ailleurs le maire sur l'espace public. Les deux dispositifs se complètent : le travail communal réduit la population de moustiques en continu, la surveillance sanitaire réagit ponctuellement à la détection d'un risque de transmission.
Quand la situation reste incertaine
Le brief qui fonde cette analyse signale que l'organisation concrète de la lutte antivectorielle varie d'un département à l'autre et que ces variations locales n'ont pas été recensées ici. Un lecteur confronté à une situation précise doit donc vérifier auprès de sa commune ou de l'agence régionale de santé comment ce cadre général se traduit localement, en particulier lorsque le doute porte sur le statut du terrain concerné : espace public, propriété communale technique comme un cimetière, ou propriété privée. Ce doute change directement la réponse : sur l'espace public, la responsabilité de suppression du gîte revient à la commune ; sur une propriété privée, elle revient à son propriétaire, la commune se limitant à l'information ; en cas de cas humain confirmé, l'interlocuteur devient l'agence régionale de santé.
Les recours ouverts
Un habitant peut signaler un gîte sur l'espace public à la commune, et un cas humain relève du signalement à l'agence régionale de santé.
Ce qu'il faut pouvoir produire
- Inventaire des gîtes de l'espace public
- Marché ou convention avec l'opérateur de démoustication
- Supports de communication auprès des habitants
- Échanges avec l'agence régionale de santé
Les erreurs qui coûtent cher
- Promettre une démoustication générale du territoire
- Traiter par pulvérisation sans supprimer les gîtes
- Ignorer les cimetières et les serres municipales
Ce que les textes ne tranchent pas
- L'organisation de la lutte antivectorielle varie selon les départements et n'a pas été collectée.
Sources et dates de relevé. loi n° 64-1246 du 16 décembre 1964, Lutte contre les moustiques, consulté le 12 septembre 2026. décret n° 2019-258 du 29 mars 2019, Prévention des maladies vectorielles, consulté le 12 septembre 2026. arrêté du 23 juillet 2019, Surveillance entomologique, intervention autour des détections et prospection, consulté le 12 septembre 2026. article L.2212-2 du code général des collectivités territoriales, Pouvoirs de police du maire en matière de salubrité publique, consulté le 12 septembre 2026.