Un immeuble privé n'est pas dératisé et infeste le quartier : que peut faire le maire ?
Le maire peut agir : le règlement sanitaire départemental met la dératisation à la charge des propriétaires et gestionnaires, et le maire, chargé de la salubrité publique, peut faire constater le manquement puis mettre en demeure le propriétaire ou le syndicat. Si le désordre touche la salubrité du bâtiment lui-même, la police de la sécurité et de la salubrité des immeubles peut être engagée en complément.
Le propriétaire ou le syndicat paie, la commune ne finance que si elle exécute d'office et recouvre ensuite les frais.
- Qui est concerné
- Maire et commune
- Nuisible
- Rats et souris
- Qui paie
- Cela dépend de l'origine
- Délai à tenir
- Sans délai légal
- Textes cités
- 4 textes
- Mise à jour
- 12 septembre 2026
Ce que dit le texte
Reproduit à l'identiqueLes propriétaires d'immeubles ou d'établissements privés et les directeurs d'établissements publics sont tenus de prendre toutes mesures pour éviter l'introduction des rongeurs et pour tenir en bon état d'entretien les dispositifs de protection. Ils doivent vérifier périodiquement avec les locataires ou occupants si les caves, cours, égouts, entrepôts, locaux commerciaux, vide-ordures, locaux d'animaux domestiques, cuisines et réserves alimentaires collectives sont infestés par ces animaux et faire enlever tous les dépôts de détritus susceptibles de les attirer.
Ce que cela veut dire iciLutte contre les rongeurs
Consulter le texte en vigueurLa police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle comprend notamment le soin de prévenir, par des précautions convenables, et de faire cesser les accidents et les fléaux calamiteux ainsi que les pollutions de toute nature, tels que les maladies épidémiques ou contagieuses, les épizooties.
Ce que cela veut dire iciPouvoirs de police du maire en matière de salubrité publique
Consulter le texte en vigueurLa police de la sécurité et de la salubrité des immeubles, locaux et installations est exercée dans les conditions fixées par le présent chapitre.
Ce que cela veut dire iciPolice de la sécurité et de la salubrité des immeubles, locaux et installations
Consulter le texte en vigueurLes décrets mentionnés à l'article L.1311-1 peuvent être complétés par des arrêtés du représentant de l'État dans le département ou par des arrêtés du maire ayant pour objet d'édicter des dispositions particulières en vue d'assurer la protection de la santé publique dans le département ou la commune.
Ce que cela veut dire iciArrêtés préfectoraux et municipaux complétant les règles d'hygiène
Consulter le texte en vigueurCe que cela change chez vous
Application concrètePour le maire, cela signifie qu'il n'a pas à financer ni exécuter la dératisation d'un immeuble privé tant que le propriétaire ou le syndicat n'a pas été mis en demeure et n'a pas refusé d'agir. Son intervention commence par un constat, puis une mise en demeure motivée fixant un délai.
Pour les habitants du quartier, cela signifie que la commune dispose d'un levier réel, mais conditionné : il faut d'abord identifier le responsable exact, copropriétaire isolé ou syndicat, selon que le désordre touche des parties privatives ou communes, avant que la procédure produise un effet.
Pour le propriétaire ou le syndicat visé, la mise en demeure fait courir un délai d'exécution et prépare, en cas d'inaction, une exécution d'office aux frais du propriétaire.
Les cas où la réponse change
À vérifier avant d'agirL'article 119 correspond à l'arrêté type, mais la version départementale applicable doit être recoupée avant toute mise en demeure. Le fondement exact peut donc varier d'un département à l'autre.
Si l'infestation part des caves ou du vide-ordures, c'est le syndicat qui doit être mis en demeure, pas un copropriétaire isolé. Viser la mauvaise personne retarde toute la procédure.
La procédure, étape par étape
Délais indiqués en margeConstat du service compétent
Le maire fait établir un constat par le service compétent.
Mise en demeure notifiée
Le propriétaire ou le syndicat identifié reçoit une mise en demeure motivée.
Délai et contre-visite
La mise en demeure fixe un délai d'exécution et prévoit une contre-visite.
Procédure de police de salubrité
Si le propriétaire ou le syndicat reste inactif, le maire engage la procédure de police de la salubrité.
Si l'autre partie refuse
Recours ouvertsCe qui se passe en cas de refus
- La commune peut faire réaliser les mesures de dératisation d'office, aux frais du propriétaire ou du syndicat défaillant.
- La contre-visite prévue après la mise en demeure permet de documenter formellement l'inaction avant d'engager la suite de la procédure.
- Si le désordre touche la salubrité du bâtiment lui-même, la police de la sécurité et de la salubrité des immeubles peut prendre le relais de la police générale.
- Le maire peut compléter son intervention par un arrêté municipal pris sur le fondement de l'article L.1311-2 du code de la santé publique.
Ce qui joue en votre faveur
- Un constat écrit établi par le service d'hygiène compétent.
- Des photos et relevés d'indices de présence des rongeurs.
- La mise en demeure notifiée au propriétaire ou au syndicat, avec son accusé de réception.
- Le rapport de contre-visite établissant si les mesures ont été prises.
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En détail
Maire et communeUne obligation qui pèse sur le propriétaire, pas sur le maire
L'article 119 du règlement sanitaire départemental met la lutte contre les rongeurs à la charge des propriétaires d'immeubles privés et des gestionnaires d'établissements. Le texte impose deux choses précises : prendre toutes mesures pour éviter l'introduction des rongeurs et pour maintenir en bon état les dispositifs de protection, et vérifier périodiquement, avec les locataires ou occupants, l'état des caves, cours, égouts, entrepôts, locaux commerciaux, vide-ordures et réserves alimentaires collectives, en faisant enlever les dépôts susceptibles d'attirer ces animaux. Dans une copropriété, cette obligation retombe sur le syndicat des copropriétaires pour les parties communes (caves, vide-ordures, cours) et sur chaque propriétaire pour ses parties privatives. Le maire n'a donc pas à dératiser lui-même l'immeuble : son rôle est de faire respecter cette obligation.
Le pouvoir de police générale du maire
L'article L.2212-2 du code général des collectivités territoriales donne au maire la police municipale, qui couvre le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques, y compris la prévention des fléaux calamiteux. Une infestation de rongeurs qui gagne le quartier entre dans ce champ : le maire peut faire constater les faits par le service compétent, puis mettre en demeure le propriétaire ou le syndicat de se conformer à l'article 119 du règlement sanitaire départemental. Cette mise en demeure fixe un délai d'exécution et prévoit une contre-visite pour vérifier que les mesures ont bien été prises.
L'articulation avec la police de la sécurité et de la salubrité des immeubles
Quand l'infestation ne se limite pas à un défaut d'entretien courant mais traduit un désordre affectant la salubrité du bâtiment lui-même (dégradation du bâti, ouvertures non protégées, réseaux défectueux), la police de la sécurité et de la salubrité des immeubles prévue à l'article L.511-1 du code de la construction et de l'habitation peut être engagée en complément de la police générale de salubrité publique. Le maire peut également s'appuyer sur l'article L.1311-2 du code de la santé publique, qui l'autorise à prendre des arrêtés municipaux complétant les règles d'hygiène pour la protection de la santé publique dans la commune. Ces trois fondements se combinent : le règlement sanitaire départemental fixe l'obligation de fond, la police municipale de salubrité permet de la faire constater et sanctionner, et la police de la sécurité et de la salubrité des immeubles prend le relais si le désordre touche la structure ou l'état du bâtiment.
Quand les faits sont ambigus
La numérotation exacte du règlement sanitaire départemental varie selon les départements : l'article 119 correspond à l'arrêté type, mais la version applicable localement doit être recoupée avant toute mise en demeure. Le détail de la procédure contradictoire et des voies de recours ouvertes au propriétaire n'est pas fixé de façon uniforme et doit être vérifié dans l'arrêté départemental concerné. Enfin, le périmètre exact dans lequel la police de la sécurité et de la salubrité des immeubles peut être mobilisée spécifiquement pour une infestation de rongeurs, par opposition à un simple défaut d'entretien relevant du règlement sanitaire départemental, n'est pas totalement stabilisé : le choix du fondement dépend de la gravité et de la nature du désordre constaté sur place.
Les recours ouverts
En l'absence d'exécution, l'autorité compétente peut faire réaliser les mesures d'office aux frais du propriétaire, selon la procédure applicable.
Ce qu'il faut pouvoir produire
- Constat écrit du service d'hygiène
- Photos et relevés d'indices
- Mise en demeure notifiée et son accusé de réception
- Rapport de contre-visite
Les erreurs qui coûtent cher
- Notifier une mise en demeure sans constat préalable
- Viser un copropriétaire isolé quand le désordre concerne les parties communes
- Omettre la contre-visite, qui conditionne la suite
Ce que les textes ne tranchent pas
- Le règlement sanitaire départemental est un texte départemental, sa numérotation doit être recoupée avec l'arrêté applicable.
- Le détail de la procédure contradictoire et des voies de recours n'a pas été vérifié article par article dans cette collecte.
- Le champ exact de la police de la sécurité et de la salubrité des immeubles pour une infestation par les rongeurs n'a pas pu être vérifié à sa source.
Sources et dates de relevé. article 119 du règlement sanitaire départemental (arrêté type, version départementale applicable), Lutte contre les rongeurs, consulté le 12 septembre 2026. article L.2212-2 du code général des collectivités territoriales, Pouvoirs de police du maire en matière de salubrité publique, consulté le 12 septembre 2026. article L.511-1 du code de la construction et de l'habitation, Police de la sécurité et de la salubrité des immeubles, locaux et installations, consulté le 12 septembre 2026. article L.1311-2 du code de la santé publique, Arrêtés préfectoraux et municipaux complétant les règles d'hygiène, consulté le 12 septembre 2026.