Aller au contenu
Nuisibles ObligationsQui agit ? Qui paie ? Quels recours ?
Propriétaire bailleur · Blattes et cafards

Mon locataire a des cafards : dois-je payer ou est-ce un défaut d'entretien de sa part ?

Les blattes relèvent du critère de décence du logement quand elles s'installent durablement, ce qui met la charge du traitement sur le bailleur. Mais cette réponse se déplace vers le locataire si une accumulation caractérisée de déchets a provoqué la pullulation, et elle se complique dès que l'immeuble entier est concerné.

La réponse courte La réponse dépend de l'origine de l'infestation

Colonne technique ou immeuble entier pour le bailleur et la copropriété, accumulation caractérisée de déchets pour le locataire.

Logement décent exempt d'infestation, entretien courant partagé
Fiche de situationSIT-021
Qui est concerné
Propriétaire bailleur
Nuisible
Blattes et cafards
Qui paie
Cela dépend de l'origine
Délai à tenir
2 mois
Textes cités
5 textes
Mise à jour
12 septembre 2026
Cela dépend de l'origineQui paie
5Textes cités
2 moisRéponse écrite du bailleur
4Étapes
Une personne inspecte à la lampe torche le dessous d'un évier et l'arrière d'une plinthe de cuisine, des postes d'appâtage fermés à côté, dans un logement.

Ce que dit le texte

Reproduit à l'identique

Ce que cela change chez vous

Application concrète

Concrètement, vous ne pouvez pas répondre à un signalement de cafards par un simple renvoi vers le locataire : tant que l'origine n'est pas identifiée, le risque de non-décence reste sur vous.

Si le diagnostic confirme une cause commune à l'immeuble, la facture du traitement ne doit pas peser sur le seul locataire concerné : elle relève de la copropriété, via le syndic.

Ce n'est que lorsque l'accumulation de déchets par l'occupant est établie que vous pouvez légitimement lui opposer son obligation d'entretien courant et lui laisser la charge du traitement.

Les cas où la réponse change

À vérifier avant d'agir
Infestation venant des parties communes

Si les gaines ou les communs sont en cause, le syndicat doit être mis en cause et le traitement coordonné. Facturer le seul locataire dans cette situation est une erreur.

Absence de règle de preuve légale

Aucun texte ne fixe la charge de la preuve sur l'origine d'une infestation apparue en cours de bail. L'appréciation revient alors au juge, au cas par cas.

La règle en vidéo

Blattes et cafards, 50 secondes
Qui doit agir, sous quel délai et avec quelles preuves : l'essentiel de la règle sur Blattes et cafards en moins d'une minute.

La procédure, étape par étape

Délais indiqués en marge

Diagnostic de l'origine par professionnel

Avant de trancher qui doit payer, faites visiter le logement par une entreprise spécialisée pour identifier l'origine de l'infestation.

Alerte au syndic si nécessaire

Si les gaines techniques ou les parties communes sont en cause, alertez immédiatement le syndic de copropriété.

Traitement et conservation du rapport

Faites réaliser le traitement de désinsectisation et conservez précieusement le rapport d'intervention.

Documentation de l'insalubrité imputable

Le cas échéant, documentez l'état d'insalubrité du logement lorsqu'il est imputable au comportement de l'occupant.

Si l'autre partie refuse

Recours ouverts

Ce qui se passe en cas de refus

  • Un refus d'accès ou de traitement par le locataire doit d'abord être formalisé par une mise en demeure écrite avant toute autre démarche.
  • Cette mise en demeure permet ensuite d'engager une action en exécution si le locataire persiste dans son refus.
  • Le règlement sanitaire départemental précise que l'occupant ne peut pas s'opposer aux mesures générales de désinsectisation, ce qui appuie la démarche.
  • En cas d'infestation collective, le syndicat des copropriétaires doit être mis en cause dans la procédure, faute de quoi le traitement engagé restera partiel.

Ce qui joue en votre faveur

  • Un constat écrit d'un professionnel décrivant l'origine de l'infestation permet de trancher objectivement la question de la charge.
  • Des photos de l'état du logement lors des visites documentent la situation à un instant donné et évitent les contestations tardives.
  • La correspondance échangée avec le syndic sur l'infestation de l'immeuble établit, le cas échéant, l'origine commune du problème.
  • Les factures et rapports d'intervention conservés après traitement constituent la preuve que le bailleur a rempli son obligation de décence.

Le courrier à envoyer

6 modèle(s)
Un technicien remet une attestation signée à un bailleur sur le pas de la porte Locataire entrant Attester du traitement d'un logement avant relocation : modèle de lettre Relouer un logement qui a été infesté suppose de pouvoir le prouver traité. Ce modèle remet au locataire entrant l'information et les pièces, ce qui coupe court à la réclamation qui suit toute réapparition. Un bailleur et un technicien relisent un planning d'entretien affiché dans un couloir de cave Entreprise de dératisation Commander un plan de dératisation pour un immeuble loué : modèle de lettre Un plan de dératisation n'est pas une intervention, c'est un dispositif suivi et tracé. Ce modèle commande ce dispositif à une entreprise et fixe d'emblée ce que le bailleur devra pouvoir produire en cas de contrôle. Un responsable et un technicien affichent un plan de site avec des points de surveillance numérotés Entreprise de lutte contre les nuisibles Commander un plan de lutte contre les nuisibles pour un établissement : modèle de lettre Pour un établissement alimentaire, le plan de lutte contre les nuisibles n'est pas une prestation de confort : c'est une pièce du plan de maîtrise sanitaire, exigible au contrôle. Ce modèle le commande avec les éléments qui seront demandés. Un bailleur rédige un mot court, la carte de rendez-vous du technicien posée sur la table Locataire du logement Demander au locataire l'accès au logement pour un traitement : modèle de lettre Le traitement est commandé, l'entreprise a une date, et tout dépend maintenant de l'accès au logement et de sa préparation. Ce modèle fixe les deux par écrit, sans transformer la demande en sommation. Une locataire vérifie ligne par ligne un décompte de charges, crayon et calculatrice en main Locataire du logement Imputer un traitement de nuisibles aux charges locatives : modèle de lettre Une part des interventions se récupère en charges, une autre non, et la frontière n'est pas celle du montant. Ce modèle explique l'imputation au locataire en citant le texte qui la fonde, ce qui évite la contestation en fin d'année. Un résident écrit à son bureau, la cour de l'immeuble visible par la fenêtre Syndic de copropriété Signaler des nuisibles dans les parties communes au syndic : modèle de lettre Une infestation qui circule par les gaines, les vide-ordures ou les caves ne se traite pas appartement par appartement. Ce modèle saisit le syndic sur les parties communes, seul niveau où le traitement a un sens.

Le modèle se complète en ligne, se télécharge et s'imprime. Aucune coordonnée n'est demandée pour l'obtenir.

Faire traiter les nuisibles

Faire chiffrer l'intervention avant l'échéance

Une intervention ou un diagnostic doit souvent être produit avant une date précise. Décrivez la situation. Votre demande est transmise à des professionnels de votre zone.

1. Votre situation2. Vos coordonnées
Où en êtes-vous ?
Vos coordonnées

En détail

Propriétaire bailleur

Le critère de décence impose l'absence d'infestation

L'article 6 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 oblige le bailleur à remettre et maintenir un logement exempt de toute infestation d'espèces nuisibles et parasites. Une présence durable de blattes dans un logement loué vide relève directement de cette obligation : ce n'est pas un simple désagrément, c'est un manquement à la décence qui engage le bailleur, indépendamment de la question de savoir qui a causé l'infestation au départ.

Le locataire répond de l'entretien courant, pas de l'apparition des nuisibles

L'article 7 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 met à la charge du locataire l'entretien courant du logement et les menues réparations, ainsi que la responsabilité des dégradations qui surviennent pendant le bail sauf preuve contraire. Le règlement sanitaire départemental, à son article 121, va plus loin sur ce terrain précis : il interdit aux occupants d'entreposer ou d'accumuler des détritus, déjections ou objets susceptibles d'attirer et de provoquer la pullulation des insectes, et leur interdit de s'opposer aux mesures de désinsectisation. Ces deux textes ne se contredisent pas, ils se répartissent le terrain : le bailleur doit un logement sain à l'origine et dans la durée, le locataire ne doit pas créer les conditions de la pullulation par son propre comportement.

L'articulation entre les deux obligations dépend de l'origine de l'infestation

La charge du traitement se détermine en remontant à la cause. Si les blattes viennent d'une colonne technique, d'une gaine commune ou d'un défaut structurel de l'immeuble, la décence du logement n'est pas assurée et le bailleur doit agir, quitte à se retourner ensuite vers le syndicat des copropriétaires sur le fondement de l'article 14 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, qui rend le syndicat responsable des dommages liés au défaut d'entretien des parties communes. Si au contraire l'infestation résulte d'une accumulation caractérisée de déchets ou d'un défaut d'hygiène imputable à l'occupant, c'est le manquement à l'article 7 et au règlement sanitaire départemental qui s'applique, et le coût du traitement peut alors revenir au locataire.

En immeuble collectif, l'origine commune est la situation la plus fréquente

Dans un immeuble collectif, les blattes circulent par les gaines, les vide-ordures et les parties communes bien plus souvent qu'elles ne naissent dans un seul logement. Un traitement isolé, facturé au seul locataire d'un appartement infesté, ignore cette réalité et risque de ne rien régler puisque la source reste active ailleurs dans l'immeuble. C'est pourquoi la réponse correcte passe presque toujours par une coordination avec le syndic avant toute décision sur la charge financière.

Quand les faits restent ambigus, la prudence s'impose avant de facturer

Aucun texte ne fixe de règle de preuve sur l'origine d'une infestation apparue en cours de bail : c'est une appréciation judiciaire, au cas par cas, qui s'appuie sur les constats de terrain plutôt que sur une présomption automatique. Facturer une désinsectisation au locataire sans avoir établi cette origine, ou ignorer des signalements répétés, expose le bailleur au risque inverse : nourrir un dossier de non-décence que le locataire pourra faire valoir devant la commission départementale de conciliation ou le juge, sur le fondement de l'article 20-1 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989.

Les recours ouverts

Si le locataire refuse le traitement ou l'accès, une mise en demeure écrite prépare une action en exécution ; en cas d'infestation collective, le syndicat doit être mis en cause.

Ce qu'il faut pouvoir produire

  • Constat écrit d'un professionnel décrivant l'origine
  • Photos de l'état du logement lors de la visite
  • Correspondance avec le syndic sur l'infestation de l'immeuble
  • Factures et rapports d'intervention

Les erreurs qui coûtent cher

  • Facturer une désinsectisation au locataire sans avoir établi l'origine
  • Traiter un logement isolé dans un immeuble infesté
  • Ignorer les signalements répétés, qui alimentent le dossier du locataire

Ce que les textes ne tranchent pas

  • Le règlement sanitaire départemental est un texte départemental : la numérotation des articles 119 à 123 est celle de l'arrêté type, elle doit être recoupée avec l'arrêté du département concerné.
  • Le rattachement de la désinsectisation ou de la dératisation aux charges récupérables du décret n° 87-713 du 26 août 1987 n'a pas pu être vérifié ligne à ligne dans l'annexe du décret.
  • Aucun texte ne fixe de règle de preuve sur l'origine d'une infestation apparue en cours de bail ; l'appréciation est judiciaire.

Sources et dates de relevé. article 6 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, Obligation de délivrance d'un logement décent par le bailleur, consulté le 12 septembre 2026. article 7 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, Obligations du locataire, consulté le 12 septembre 2026. article 121 du règlement sanitaire départemental (arrêté type, version départementale applicable), Lutte contre les insectes et les vermines dans les habitations, consulté le 12 septembre 2026. article 14 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, Objet et responsabilité du syndicat des copropriétaires, consulté le 12 septembre 2026. article 20-1 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, Recours du locataire en cas de logement non décent, consulté le 12 septembre 2026.

Les procédures liées

Recours et démarches
Deux personnes arrachent et ensachent des pieds d'ambroisie sur un talus, gants et masques, dans les parties communes d'un immeuble. Syndic et syndicat des copropriétaires Ambroisie et syndicat des copropriétaires : parties communes d'immeuble Oui, le syndicat des copropriétaires doit agir contre l'ambroisie qui pousse dans les espaces verts communs, car le syndic est un gestionnaire de terrain au sens du code de la santé publique. Les mesures précises à mettre en œuvre et le délai pour le faire dépendent toutefois de l'arrêté préfectoral du département où se situe l'immeuble. Un technicien équipé pose un piège à collerette autour d'un pin, un parent tient un enfant à distance, dans les parties communes d'un immeuble. Syndic et syndicat des copropriétaires Chenilles processionnaires et syndicat des copropriétaires : parties communes d'immeuble Les pins plantés sur les parties communes de la résidence appartiennent au syndicat, qui doit mettre en œuvre les mesures de lutte contre les chenilles processionnaires fixées par l'arrêté préfectoral du département. Le contenu exact de ces mesures et leur délai dépendent de cet arrêté, propre à chaque département. Deux personnes comparent un devis écrit et des photographies sur une table, la mallette du technicien posée à côté, dans un logement. Locataire Le logement est invivable à cause des nuisibles : puis-je partir sans préavis ? <p>Le locataire ne peut pas quitter le logement infesté sans préavis : le bail ne se rompt pas de plein droit et les obligations contractuelles restent dues tant qu&#39;un accord ou une décision de justice n&#39;y met pas fin. La possibilité de suspendre le loyer ou d&#39;être relogé dépend en revanche d&#39;une procédure d&#39;insalubrité ou d&#39;une décision du juge, distincte du simple constat de nuisibles.</p> Un diagnostiqueur sonde une poutre au maillet et relève l'humidité du bois, lampe torche allumée, dans les parties communes d'un immeuble. Syndic et syndicat des copropriétaires Le maire a notifié une injonction termites au syndicat : comment la traiter ? L'injonction termites notifiée par le maire au syndicat impose de faire rechercher les termites et d'exécuter les travaux nécessaires dans les six mois. Cette obligation pèse sur le syndicat au titre des parties communes, et son financement dépend du vote de l'assemblée générale des copropriétaires. Une personne inspecte à la lampe torche le dessous d'un évier et l'arrière d'une plinthe de cuisine, des postes d'appâtage fermés à côté, dans les parties communes d'un immeuble. Bailleur social Les cafards circulent dans tout un bâtiment social : quelle est l'obligation de l'organisme ? L'obligation de délivrer et de maintenir un logement décent, exempt d'infestation, s'impose à l'organisme social comme à tout bailleur. Face à des blattes qui circulent par les gaines et les colonnes d'un bâtiment collectif, cette obligation ne peut être satisfaite que par un traitement conduit à l'échelle de l'immeuble, et non logement par logement. Un locataire photographie une plinthe abîmée à côté d'une note manuscrite datée, les preuves alignées au sol Locataire Puis-je arrêter de payer mon loyer tant que le logement est infesté ? <p>Non, un locataire ne peut pas décider seul de suspendre son loyer, même si le logement est infesté. Seul un juge peut réduire ou suspendre le paiement, après une procédure qui suppose d&#39;abord d&#39;avoir formellement demandé la mise en conformité au bailleur.</p>

À lire ensuite

Analyses
Trouver un professionnel du traitement