Aller au contenu
Nuisibles ObligationsQui agit ? Qui paie ? Quels recours ?
Locataire · Blattes et cafards

Des cafards envahissent ma cuisine : le propriétaire doit-il payer la désinsectisation ?

Le propriétaire doit payer la désinsectisation quand les blattes proviennent d'une gaine technique, d'une canalisation ou d'un logement voisin, car le logement doit rester exempt de nuisibles. Si l'infestation vient d'une accumulation de déchets dans le logement lui-même, la charge peut au contraire revenir au locataire.

La réponse courte La réponse dépend de l'origine de l'infestation

L'origine détermine tout : colonne technique ou immeuble pour le bailleur, accumulation de déchets dans le logement pour le locataire.

Logement décent exempt de toute infestation
Fiche de situationSIT-004
Qui est concerné
Locataire
Nuisible
Blattes et cafards
Qui paie
Cela dépend de l'origine
Délai à tenir
2 mois
Textes cités
5 textes
Mise à jour
12 septembre 2026
Cela dépend de l'origineQui paie
5Textes cités
2 moisSilence avant saisine commission
4Étapes
Une personne nettoie puis rebouche au silicone un interstice derrière un meuble de cuisine

Ce que dit le texte

Reproduit à l'identique

Ce que cela change chez vous

Application concrète

Si les blattes viennent des parties communes, du réseau d'évacuation ou d'un logement voisin, vous pouvez exiger du bailleur qu'il finance et organise la désinsectisation, sans attendre son accord pour commencer à documenter le problème.

Un traitement que vous financeriez seul dans cette situation ne réglera rien : tant que la source collective n'est pas traitée, la colonie revient. Mieux vaut consacrer cette énergie à réunir des preuves et à signaler par écrit.

Si l'origine est interne à votre logement, accumulation de déchets ou d'emballages, le bailleur peut au contraire vous opposer votre propre manquement à l'entretien courant et refuser de payer.

Les cas où la réponse change

À vérifier avant d'agir
Répartition de la charge incertaine

Aucun texte ne fixe qui doit payer quand l'infestation apparaît en cours de bail. Le juge tranche alors au cas par cas selon l'origine réelle de la colonie.

Numérotation du règlement sanitaire variable

Le règlement sanitaire départemental cité correspond à l'arrêté type national. Vérifiez la numérotation exacte dans l'arrêté propre à votre département.

La règle en vidéo

Blattes et cafards, 50 secondes
Qui doit agir, sous quel délai et avec quelles preuves : l'essentiel de la règle sur Blattes et cafards en moins d'une minute.

La procédure, étape par étape

Délais indiqués en marge

Identifier les points d'entrée

Repérez les gaines techniques, le vide-ordures et les canalisations par lesquels les blattes circulent.

Interroger les voisins concernés

Demandez aux voisins s'ils sont également touchés, pour établir le caractère collectif de l'infestation.

Signaler par écrit au bailleur

Adressez un signalement écrit au bailleur et, si l'immeuble est concerné, au syndic de copropriété.

Demander un traitement coordonné

Exigez un traitement de l'ensemble de la colonne plutôt qu'un traitement isolé de votre seul logement.

Si l'autre partie refuse

Recours ouverts

Ce qui se passe en cas de refus

  • Le silence du bailleur pendant deux mois après un signalement écrit ouvre la voie à la saisine de la commission départementale de conciliation.
  • La commission peut être suivie d'une saisine du juge, qui peut fixer les travaux à réaliser et leur délai d'exécution.
  • Le juge peut réduire le montant du loyer ou suspendre son paiement tant que le logement reste non conforme.
  • En cas d'insalubrité avérée, le service communal d'hygiène et de santé ou l'agence régionale de santé peuvent être saisis en parallèle.

Ce qui joue en votre faveur

  • Des photos des zones de passage et des œufs, datées, qui documentent l'ampleur et la localisation de l'infestation.
  • Le constat d'un prestataire de désinsectisation indiquant les points d'entrée, gaines, canalisations ou parties communes.
  • Des témoignages écrits de voisins également touchés, qui établissent le caractère collectif de l'infestation.
  • La copie du signalement adressé par écrit au bailleur et, le cas échéant, au syndic.

Le courrier à envoyer

6 modèle(s)
Un agent municipal prépare un dossier de mise en demeure au bureau d'une mairie Propriétaire de l'immeuble Mettre en demeure un propriétaire de traiter : modèle de lettre pour la mairie Le maire dispose d'une police sanitaire et peut imposer les mesures de destruction des nuisibles. Ce modèle notifie la mise en demeure, fixe le délai et annonce l'exécution d'office, seule suite qui la rende crédible. Une personne dépose un recommandé au guichet d'un bureau de poste, le récépissé est tamponné Propriétaire bailleur Mise en demeure du bailleur de traiter les nuisibles : modèle de lettre Le signalement est resté sans effet. La mise en demeure fixe un délai, annonce les suites et transforme l'inaction du bailleur en manquement daté. C'est la pièce qui ouvre la conciliation puis le juge. Un propriétaire rédige sa réponse, la lettre de la mairie et des devis datés côte à côte Mairie de la commune Répondre à une mise en demeure de la mairie : modèle de lettre Une mise en demeure municipale ne se laisse jamais sans réponse écrite : le silence ouvre l'exécution d'office aux frais du propriétaire. Ce modèle répond, expose ce qui est engagé et propose un calendrier. Une personne assemble un dossier numéroté avec intercalaires et lettre d'accompagnement Commission de conciliation Saisir la commission départementale de conciliation : modèle de lettre La conciliation est gratuite, écrite, et elle débloque une part importante des dossiers sans juge. Ce modèle expose les faits, la demande et les pièces dans l'ordre où la commission les lit. Un habitant remplit un formulaire de signalement au guichet du service hygiène d'une mairie Service communal d'hygiène et de santé Signaler des nuisibles au service communal d'hygiène : modèle de lettre Quand le bailleur, le syndic ou le voisin ne bougent pas, le constat d'un tiers débloque le dossier. Ce modèle saisit le service communal d'hygiène et de santé, gratuitement et sans désigner de coupable. Un locataire cachette une enveloppe à la table de cuisine, notes datées et photographies à côté Propriétaire bailleur Signaler une infestation à son propriétaire : modèle de lettre La première lettre décide de tout : elle date l'infestation, elle prouve que le bailleur a été informé, et elle ouvre le délai au-delà duquel son silence devient fautif. Ce modèle la met en forme et cite les textes qui fondent la demande.

Le modèle se complète en ligne, se télécharge et s'imprime. Aucune coordonnée n'est demandée pour l'obtenir.

Faire traiter les nuisibles

Faire chiffrer l'intervention avant l'échéance

Une intervention ou un diagnostic doit souvent être produit avant une date précise. Décrivez la situation. Votre demande est transmise à des professionnels de votre zone.

1. Votre situation2. Vos coordonnées
Où en êtes-vous ?
Vos coordonnées

En détail

Locataire

Une obligation de décence qui inclut l'absence de nuisibles

L'article 6 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 impose au bailleur de délivrer un logement décent, exempt de toute infestation d'espèces nuisibles et parasites. Une colonie de blattes qui prolifère dans la cuisine relève directement de ce texte : le logement loué n'est plus conforme tant que l'infestation persiste. Cette obligation ne dépend pas de la bonne volonté du bailleur, elle pèse sur lui dès la remise des clés et pendant toute la durée du bail.

Ce que le locataire doit de son côté

L'article 7 de la même loi oblige le locataire à user paisiblement des locaux, à prendre en charge l'entretien courant et les menues réparations, et à répondre des dégradations survenues pendant le bail, sauf force majeure, faute du bailleur ou fait d'un tiers. L'article 121 du règlement sanitaire départemental précise ce que recouvre cet entretien pour les nuisibles : les occupants ne doivent pas entreposer ni accumuler de détritus, déjections ou substances susceptibles d'attirer et de faire proliférer les insectes. Ce même texte interdit à l'occupant de s'opposer aux mesures générales de désinsectisation.

Comment ces deux obligations s'articulent

La question n'est pas de savoir si les blattes constituent un problème couvert par la loi : elles le sont, des deux côtés du bail. Elle est de savoir laquelle des deux obligations a été rompue en premier. Quand la colonie provient d'une gaine technique, d'une canalisation commune ou d'un logement voisin, l'origine est structurelle ou collective : c'est l'obligation de décence du bailleur qui est en cause, et la désinsectisation lui incombe, éventuellement en coordination avec le syndic si l'immeuble est en copropriété. Quand la prolifération résulte d'une accumulation de déchets, de vaisselle sale ou d'un défaut d'entretien caractérisé dans le logement lui-même, c'est l'obligation d'entretien courant du locataire qui n'a pas été respectée, et la charge peut alors lui revenir.

Quand les faits sont ambigus

Aucun des textes cités ne fixe de règle de répartition automatique pour une infestation apparue en cours de bail : ni la loi de 1989, ni le règlement sanitaire départemental ne tranchent la question dans l'abstrait. La répartition dépend entièrement de l'origine constatée, et c'est le juge qui l'apprécie au cas par cas lorsque les parties ne s'accordent pas. C'est pourquoi établir cette origine, gaines, canalisations, immeuble voisin d'un côté, comportement du locataire de l'autre, est la seule chose qui détermine réellement qui paie. Le règlement sanitaire départemental est lui-même un texte décliné par département : la numérotation de l'arrêté type doit être recoupée avec l'arrêté effectivement applicable dans le département concerné. Savoir reconnaître la blatte germanique dès les premiers constats aide à documenter l'infestation et à en situer l'origine avant toute discussion avec le bailleur.

Le recours si le bailleur reste silencieux

Si le logement ne répond pas aux critères de décence, l'article 20-1 de la loi de 1989 permet au locataire de demander au propriétaire la mise en conformité. À défaut d'accord ou de réponse du bailleur dans un délai de deux mois, la commission départementale de conciliation peut être saisie, puis le juge, qui peut fixer les travaux et leur délai d'exécution, et réduire ou suspendre le loyer. L'article L.1311-2 du code de la santé publique permet en complément aux arrêtés préfectoraux ou municipaux de fixer des règles d'hygiène propres au département ou à la commune, ce qui peut renforcer l'argumentation en cas d'infestation persistante.

Les recours ouverts

Si rien ne bouge, saisir la commission départementale de conciliation, puis le juge ; en cas d'insalubrité, signaler au service communal d'hygiène et de santé ou à l'agence régionale de santé.

Ce qu'il faut pouvoir produire

  • Photos des zones de passage et des œufs
  • Constat du prestataire indiquant les points d'entrée
  • Témoignages écrits de voisins également touchés
  • Copie du signalement adressé au bailleur et au syndic

Les erreurs qui coûtent cher

  • Traiter seul son logement quand la colonne est infestée, l'effet est nul et les blattes reviennent
  • Boucher les grilles de ventilation, ce qui crée un risque supplémentaire
  • Renoncer au signalement écrit au syndic quand la source est en partie commune

Ce que les textes ne tranchent pas

  • Aucun texte ne tranche la répartition de la charge d'une infestation apparue en cours de bail : la solution dépend de l'origine de l'infestation, appréciée par le juge au cas par cas.
  • Le règlement sanitaire départemental est un texte départemental : la numérotation des articles 119 à 123 est celle de l'arrêté type, elle doit être recoupée avec l'arrêté du département concerné.

Sources et dates de relevé. article 6 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, Obligation de délivrance d'un logement décent par le bailleur, consulté le 12 septembre 2026. article 7 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, Obligations du locataire, consulté le 12 septembre 2026. article 121 du règlement sanitaire départemental (arrêté type, version départementale applicable), Lutte contre les insectes et les vermines dans les habitations, consulté le 12 septembre 2026. article 20-1 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, Recours du locataire en cas de logement non décent, consulté le 12 septembre 2026. article L.1311-2 du code de la santé publique, Arrêtés préfectoraux et municipaux complétant les règles d'hygiène, consulté le 12 septembre 2026.

Les procédures liées

Recours et démarches
Un technicien pose un poste d'appâtage sécurisé le long d'une plinthe pendant que l'occupant prend des notes, dans les parties communes d'un immeuble. Syndic et syndicat des copropriétaires Des rats sont installés dans les caves de la copropriété : que doit faire le syndic ? Le règlement sanitaire départemental oblige le propriétaire ou le gestionnaire à vérifier périodiquement l'infestation des caves et locaux communs, à faire enlever les dépôts attractifs et à entretenir les protections contre les rongeurs. Pour les parties communes d'un immeuble en copropriété, cette obligation pèse sur le syndicat des copropriétaires, que le syndic doit exécuter sans attendre un vote d'assemblée si l'urgence l'exige. Une personne inspecte à la lampe torche le dessous d'un évier et l'arrière d'une plinthe de cuisine, des postes d'appâtage fermés à côté, dans les parties communes d'un immeuble. Bailleur social Les cafards circulent dans tout un bâtiment social : quelle est l'obligation de l'organisme ? L'obligation de délivrer et de maintenir un logement décent, exempt d'infestation, s'impose à l'organisme social comme à tout bailleur. Face à des blattes qui circulent par les gaines et les colonnes d'un bâtiment collectif, cette obligation ne peut être satisfaite que par un traitement conduit à l'échelle de l'immeuble, et non logement par logement. Un technicien installe un filet anti-perchoir discret sur une corniche et un balcon, dans les parties communes d'un immeuble. Syndic et syndicat des copropriétaires Les pigeons colonisent la toiture et la cour : le syndicat doit-il financer les protections ? La toiture, les façades et la cour d'un immeuble sont en principe des parties communes : leur protection contre les pigeons et le nettoyage des fientes relèvent donc du budget du syndicat, voté en assemblée générale. Cette réponse suppose que ces éléments soient bien qualifiés de parties communes par le règlement de copropriété de l'immeuble concerné. Un locataire photographie une plinthe abîmée à côté d'une note manuscrite datée, les preuves alignées au sol Propriétaire bailleur Mon locataire refuse de laisser entrer l'entreprise de traitement : que puis-je faire ? Le locataire ne peut pas s'opposer aux mesures générales de désinsectisation ou de désinfection, mais vous ne pouvez pas non plus entrer de force dans le logement. Face à un refus persistant, la mise en demeure écrite puis, si besoin, le juge des référés restent les seules voies pour obtenir l'accès. Deux personnes comparent un devis écrit et des photographies sur une table, la mallette du technicien posée à côté, dans un logement. Propriétaire bailleur Puis-je récupérer le coût de la désinsectisation sur les charges du locataire ? La liste des charges récupérables sur le locataire est fixée limitativement par décret, ce qui exclut en principe toute désinsectisation ponctuelle réalisée par le bailleur au titre de son obligation de délivrance. Le sort de la facture dépend donc de la nature de la prestation, curative ou récurrente, pas de la rédaction du bail. Deux personnes soulèvent un matelas et inspectent les coutures à la lampe torche, housses de protection et appareil vapeur prêts, dans les parties communes d'un immeuble. Syndic et syndicat des copropriétaires Punaises de lit et syndicat des copropriétaires : parties communes d'immeuble Le syndicat des copropriétaires doit financer un traitement collectif dès lors que les punaises de lit circulent par les parties communes, gaines, paliers ou cloisons communes. Cette prise en charge collective se limite aux parties communes : l'intérieur de chaque lot reste à la charge de son propriétaire.

À lire ensuite

Analyses
Trouver un professionnel du traitement