Le coût de la désinsectisation peut-il être imputé aux charges locatives ?
Le coût de la désinsectisation ne peut être imputé aux charges locatives que s'il correspond à une prestation d'entretien périodique inscrite dans la liste réglementaire des charges récupérables. Toute intervention curative liée à un désordre du bâtiment ou à un manquement à la décence reste à la charge du bailleur social, et le doute profite au locataire.
L'entretien périodique peut être récupérable, l'intervention curative liée à la non-décence ne l'est pas.
- Qui est concerné
- Bailleur social
- Nuisible
- Tous nuisibles
- Qui paie
- Le bailleur
- Délai à tenir
- Annuelle
- Textes cités
- 4 textes
- Mise à jour
- 12 septembre 2026
Ce que dit le texte
Reproduit à l'identiqueLe décret fixe limitativement la liste des charges récupérables sur le locataire.
Ce que cela veut dire iciListe des charges récupérables sur le locataire
Consulter le texte en vigueurLe bailleur est tenu de remettre au locataire un logement décent ne laissant pas apparaître de risques manifestes pouvant porter atteinte à la sécurité physique ou à la santé, exempt de toute infestation d'espèces nuisibles et parasites.
Ce que cela veut dire iciObligation de délivrance d'un logement décent par le bailleur
Consulter le texte en vigueurLe logement doit être exempt de toute infestation d'espèces nuisibles et parasites.
Ce que cela veut dire iciCaractéristiques du logement décent
Consulter le texte en vigueurLes mots « exempt de toute infestation d'espèces nuisibles et parasites » sont insérés à l'article 6 de la loi du 6 juillet 1989.
Ce que cela veut dire iciInsertion du critère d'absence d'infestation dans la définition du logement décent
Consulter le texte en vigueurCe que cela change chez vous
Application concrètePour un bailleur social, cette règle impose de tenir une comptabilité des charges qui distingue, dès la conclusion des contrats d'entretien, ce qui relève de la prévention périodique et ce qui relève d'une intervention curative. Un contrat unique et global avec un prestataire de désinsectisation, sans cette distinction contractuelle, complique la justification du décompte au moment de la régularisation annuelle.
Elle implique aussi de retirer systématiquement des charges toute facture liée à un signalement d'infestation traité comme un désordre du logement, même si le prestataire est le même que celui qui assure l'entretien préventif. Le risque, en cas d'imputation incorrecte, n'est pas seulement la contestation d'un locataire isolé : une erreur de méthode se répète à chaque régularisation annuelle et peut concerner l'ensemble du parc.
Les cas où la réponse change
À vérifier avant d'agirUne intervention déclenchée par une infestation avérée, par exemple des punaises de lit, relève du traitement d'un désordre et non de l'entretien. Elle ne peut pas être imputée aux charges locatives.
L'article 40 de la loi de 1989 peut moduler certaines règles pour les logements sociaux. Cette modulation n'a pas été vérifiée disposition par disposition dans cette analyse.
La règle en vidéo
Tous nuisibles, 50 secondesLa procédure, étape par étape
Délais indiqués en margeSéparation contractuelle préventif et curatif
Le bailleur distingue dans ses contrats d'entretien les prestations préventives périodiques des interventions curatives ponctuelles.
Vérification de la liste réglementaire
Chaque poste de charge est confronté à la liste limitative du décret n° 87-713.
Justification pièce par pièce
Le bailleur communique aux locataires un décompte détaillé appuyé sur des justificatifs pièce par pièce.
Retrait des charges de non-décence
Toute intervention curative liée à un manquement à la décence est retirée des charges récupérables.
Si l'autre partie refuse
Recours ouvertsCe qui se passe en cas de refus
- Le locataire peut demander la communication des pièces justificatives détaillant chaque poste de charges imputé.
- Il peut contester la régularisation annuelle, en particulier tout coût de désinsectisation curative répercuté à tort.
- À défaut d'accord sur le retrait des charges contestées, le différend peut être porté devant le juge.
- Un contentieux répété sur ce motif expose le bailleur à devoir revoir sa méthode de répartition pour l'ensemble des locataires concernés.
Ce qui joue en votre faveur
- Un décompte détaillé des charges, appuyé sur des justificatifs poste par poste.
- Des contrats d'entretien qui distinguent explicitement les prestations préventives des interventions curatives.
- Les factures des interventions curatives, isolées et exclues du décompte transmis au locataire.
- Les courriers de contestation des locataires et les réponses apportées, qui tracent la bonne foi de la gestion des charges.
Le courrier à envoyer
6 modèle(s)
Entreprise de lutte contre les nuisibles
Commander un plan de lutte contre les nuisibles pour un établissement : modèle de lettre
Pour un établissement alimentaire, le plan de lutte contre les nuisibles n'est pas une prestation de confort : c'est une pièce du plan de maîtrise sanitaire, exigible au contrôle. Ce modèle le commande avec les éléments qui seront demandés.
Locataire du logement
Demander au locataire l'accès au logement pour un traitement : modèle de lettre
Le traitement est commandé, l'entreprise a une date, et tout dépend maintenant de l'accès au logement et de sa préparation. Ce modèle fixe les deux par écrit, sans transformer la demande en sommation.
Locataire du logement
Imputer un traitement de nuisibles aux charges locatives : modèle de lettre
Une part des interventions se récupère en charges, une autre non, et la frontière n'est pas celle du montant. Ce modèle explique l'imputation au locataire en citant le texte qui la fonde, ce qui évite la contestation en fin d'année.
Propriétaire de l'immeuble
Mettre en demeure un propriétaire de traiter : modèle de lettre pour la mairie
Le maire dispose d'une police sanitaire et peut imposer les mesures de destruction des nuisibles. Ce modèle notifie la mise en demeure, fixe le délai et annonce l'exécution d'office, seule suite qui la rende crédible.
Mairie de la commune
Répondre à une mise en demeure de la mairie : modèle de lettre
Une mise en demeure municipale ne se laisse jamais sans réponse écrite : le silence ouvre l'exécution d'office aux frais du propriétaire. Ce modèle répond, expose ce qui est engagé et propose un calendrier.
Service communal d'hygiène et de santé
Signaler des nuisibles au service communal d'hygiène : modèle de lettre
Quand le bailleur, le syndic ou le voisin ne bougent pas, le constat d'un tiers débloque le dossier. Ce modèle saisit le service communal d'hygiène et de santé, gratuitement et sans désigner de coupable.
Le modèle se complète en ligne, se télécharge et s'imprime. Aucune coordonnée n'est demandée pour l'obtenir.
Faire chiffrer l'intervention avant l'échéance
Une intervention ou un diagnostic doit souvent être produit avant une date précise. Décrivez la situation. Votre demande est transmise à des professionnels de votre zone.
En détail
Bailleur socialUne liste limitative, pas une clause libre
Le décret n° 87-713 du 26 août 1987 fixe limitativement la liste des charges récupérables sur le locataire. Le bailleur social ne peut donc pas décider librement d'ajouter le coût d'une désinsectisation ou d'une dératisation à la régularisation annuelle des charges au seul motif que l'opération a été utile au logement ou à l'immeuble. Seule une prestation qui figure, ou qui peut être rattachée, à un poste de cette liste entre en ligne de compte. Tout ce qui n'y figure pas reste supporté par le bailleur, quelle que soit son utilité pour le bien.
Entretien périodique et intervention curative
La distinction déterminante n'est pas la nature du nuisible traité, mais la nature de la prestation. Un contrat d'entretien périodique, qui organise des passages réguliers de prévention (dératisation programmée des parties communes, surveillance des points sensibles), peut relever des charges récupérables au même titre que d'autres prestations d'entretien courant. Une intervention curative, déclenchée par l'apparition d'un désordre précis (infestation avérée, signalement d'un locataire, dégât constaté), a une autre nature : elle répond à un problème ponctuel du bâtiment ou du logement, pas à un entretien programmé. Cette seconde catégorie n'a pas vocation à être répercutée sur le locataire.
Le renvoi à la décence du logement
Cette distinction se double d'une autre règle qui vient renforcer, plutôt que remplacer, la première. L'article 6 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 impose au bailleur de délivrer un logement décent, exempt de toute infestation d'espèces nuisibles et parasites. Ce critère a été inséré par l'article 142 de la loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018, dite loi ELAN, et il est repris à l'article 2 du décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002 qui détaille les caractéristiques du logement décent. Dès lors qu'une infestation traduit un manquement à cette obligation de décence, son traitement relève d'une obligation personnelle du bailleur, distincte de la gestion des charges. Un coût qui répare un manquement à la décence ne peut pas, par construction, être mis à la charge de celui envers qui l'obligation existe.
Quand les faits sont ambigus
En pratique, un même contrat d'entretien peut mélanger des visites préventives et des interventions ponctuelles facturées séparément, ou un même poste de charges peut recouvrir plusieurs types d'opérations sans que la facture le précise. Quand le décompte ne permet pas de distinguer clairement ce qui relève de l'entretien périodique et ce qui relève d'une opération curative liée à un désordre ou à un manquement à la décence, la charge reste au bailleur. Le doute ne se répartit pas au bénéfice de celui qui impute la charge.
Ce que cette collecte n'a pas vérifié
Deux points restent à confirmer. La liste des charges récupérables figure en annexe du décret n° 87-713 ; cette annexe n'a pas été relue ligne à ligne dans le cadre de cette analyse, ce qui invite à vérifier le poste exact avant toute décision définitive. Par ailleurs, l'article 40 de la loi n° 89-462 module l'application de certaines dispositions de ce texte pour les logements du parc social ; cette modulation n'a pas pu être vérifiée disposition par disposition, et elle pourrait affecter la portée de la règle pour un bailleur social en particulier.
Les recours ouverts
Un locataire peut demander la communication des pièces justificatives et contester la régularisation, au besoin devant le juge.
Ce qu'il faut pouvoir produire
- Décompte détaillé des charges avec justificatifs
- Contrats d'entretien distinguant préventif et curatif
- Factures des interventions curatives
- Courriers de contestation des locataires et réponses
Les erreurs qui coûtent cher
- Imputer un traitement curatif de punaises de lit sur les charges
- Refuser la communication des justificatifs
- Répartir un coût de bâtiment sur un seul escalier sans base
Ce que les textes ne tranchent pas
- La liste des charges récupérables figure en annexe du décret n° 87-713, non lue ligne à ligne dans cette collecte.
- L'article 40 de la loi n° 89-462 module l'application de certaines de ses dispositions aux logements du parc social ; cette modulation n'a pas pu être vérifiée article par article dans cette collecte.
Sources et dates de relevé. décret n° 87-713 du 26 août 1987, Liste des charges récupérables sur le locataire, consulté le 12 septembre 2026. article 6 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, Obligation de délivrance d'un logement décent par le bailleur, consulté le 12 septembre 2026. article 2 du décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002, Caractéristiques du logement décent, consulté le 12 septembre 2026. article 142 de la loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018 (loi ELAN), Insertion du critère d'absence d'infestation dans la définition du logement décent, consulté le 12 septembre 2026.
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