Quelles vérifications faire sur les nuisibles avant de signer ?
Avant de signer, seules deux obligations légales précises pèsent sur le vendeur : l'état termites si la commune est classée en zone délimitée et l'information mérule si elle est en zone de risque, toutes deux annexées au dossier de diagnostic technique. Pour tous les autres nuisibles (blattes, rongeurs, punaises de lit), aucun document n'est imposé, et la vérification de l'acheteur repose sur les questions écrites posées au vendeur et au syndic.
Les diagnostics obligatoires sont fournis par le vendeur, toute expertise complémentaire est à la charge de celui qui la commande.
- Qui est concerné
- Acheteur
- Nuisible
- Tous nuisibles
- Qui paie
- Cela dépend de l'origine
- Délai à tenir
- 6 mois
- Textes cités
- 5 textes
- Mise à jour
- 12 septembre 2026
Ce que dit le texte
Reproduit à l'identiqueEn cas de vente de tout ou partie d'un immeuble bâti, un dossier de diagnostic technique, fourni par le vendeur, est annexé à la promesse de vente ou, à défaut de promesse, à l'acte authentique de vente. L'état relatif à la présence de termites doit avoir été établi depuis moins de six mois. En l'absence, lors de la signature de l'acte authentique de vente, d'un document en cours de validité, le vendeur ne peut pas s'exonérer de la garantie des vices cachés correspondante.
Ce que cela veut dire iciDossier de diagnostic technique annexé à la promesse ou à l'acte de vente
Consulter le texte en vigueurEn cas de vente de tout ou partie d'un immeuble bâti situé dans une zone délimitée en application du premier alinéa de l'article L.131-3, un état relatif à la présence de termites est produit dans les conditions et selon les modalités prévues aux articles L.271-4 à L.271-6.
Ce que cela veut dire iciÉtat relatif à la présence de termites en cas de vente
Consulter le texte en vigueurEn cas de vente de tout ou partie d'un immeuble bâti situé dans une zone délimitée en application du deuxième alinéa de l'article L.131-3, une information sur la présence d'un risque de mérule est produite dans les conditions et selon les modalités prévues à l'article L.271-4.
Ce que cela veut dire iciInformation sur la présence d'un risque de mérule en cas de vente
Consulter le texte en vigueurLorsque, dans une ou plusieurs communes, des foyers de termites sont identifiés, un arrêté préfectoral, pris sur proposition ou après consultation des conseils municipaux intéressés, délimite les zones contaminées ou susceptibles de l'être à court terme.
Ce que cela veut dire iciArrêté préfectoral délimitant les zones contaminées par les termites
Consulter le texte en vigueurCe que cela change chez vous
Application concrètePour l'acheteur, cela signifie qu'il ne peut pas exiger un document sur les nuisibles autres que les termites et la mérule : la loi ne lui donne aucun levier pour réclamer un état punaises de lit ou un état rongeurs, quelle que soit son insistance.
Cela déplace l'essentiel du travail de vérification vers l'écrit : questions précises au vendeur, lecture des procès-verbaux d'assemblée générale en copropriété, et renseignements pris en mairie sur le classement de la commune, avant même de penser à négocier.
Une réponse orale rassurante du vendeur ne vaut rien en cas de litige ultérieur : seule une réponse écrite constitue une preuve mobilisable en cas de désaccord.
Les cas où la réponse change
À vérifier avant d'agirSi la commune n'est pas classée par arrêté préfectoral, aucun état termites ni aucune information mérule n'est obligatoire, même en présence de signes d'infestation. L'acheteur doit alors se fier uniquement à ses questions écrites et à sa visite.
Si le diagnostic termites date de plus de six mois à la signature de l'acte authentique, le vendeur perd la clause d'exonération de garantie prévue par l'article L.271-4. La vente reste toutefois valable.
La règle en vidéo
Tous nuisibles, 50 secondesLa procédure, étape par étape
Délais indiqués en margeVérifier les zonages communaux
Consulter les arrêtés préfectoraux pour savoir si la commune est classée en zone termites ou en zone de risque mérule.
Demander l'historique des traitements
Interroger le vendeur par écrit sur les traitements déjà réalisés contre les nuisibles dans le bien.
Lire les procès-verbaux d'assemblée
Examiner les procès-verbaux des assemblées générales pour repérer les mentions de nuisibles ou d'humidité dans les parties communes.
Visiter caves, combles et murs
Inspecter les caves, les combles et les pieds de mur, points d'entrée habituels des nuisibles, lors de la visite du bien.
Si l'autre partie refuse
Recours ouvertsCe qui se passe en cas de refus
- Si le vendeur refuse de répondre par écrit aux questions posées, l'acheteur ne dispose d'aucun moyen de le contraindre avant la signature, mais l'absence de réponse doit alerter.
- Une réponse écrite mensongère expose le vendeur à une action pour dol, ce qui suppose de pouvoir prouver le mensonge et l'intention de tromper.
- Si le bien est en zone délimitée et que le diagnostic termites obligatoire manque ou est périmé, le vendeur perd le bénéfice de la clause d'exonération de garantie correspondante.
- En dehors de ces deux zonages, le refus du vendeur de communiquer une information sur un nuisible non couvert par un texte spécifique ne constitue pas, en soi, un manquement documenté.
Ce qui joue en votre faveur
- Le dossier de diagnostic technique complet, avec l'état termites et l'information mérule s'ils sont exigés par le zonage de la commune.
- Les procès-verbaux des trois dernières assemblées générales, qui mentionnent souvent des traitements, des sinistres ou des signalements de nuisibles dans les parties communes.
- Les réponses écrites du vendeur aux questions posées avant la signature, qui constituent une preuve directe en cas de litige.
- Les renseignements pris en mairie sur les déclarations connues et sur le classement éventuel de la commune en zone termites ou mérule.
Le courrier à envoyer
6 modèle(s)
Entreprise de lutte contre les nuisibles
Commander un plan de lutte contre les nuisibles pour un établissement : modèle de lettre
Pour un établissement alimentaire, le plan de lutte contre les nuisibles n'est pas une prestation de confort : c'est une pièce du plan de maîtrise sanitaire, exigible au contrôle. Ce modèle le commande avec les éléments qui seront demandés.
Voisin de palier
Écrire à un voisin dont le logement infeste l'immeuble : modèle de lettre
Traiter chez soi pendant que le logement mitoyen ne fait rien revient à vider une baignoire sans fermer le robinet. Ce modèle propose un traitement simultané, sans accuser et sans invoquer un texte qui n'existe pas entre voisins.
Propriétaire de l'immeuble
Mettre en demeure un propriétaire de traiter : modèle de lettre pour la mairie
Le maire dispose d'une police sanitaire et peut imposer les mesures de destruction des nuisibles. Ce modèle notifie la mise en demeure, fixe le délai et annonce l'exécution d'office, seule suite qui la rende crédible.
Vendeur ou son notaire
Réclamer l'état relatif aux termites avant une vente : modèle de lettre
En zone délimitée par arrêté préfectoral, l'état relatif à la présence de termites fait partie du dossier de diagnostic technique. Ce modèle le réclame au vendeur, avec les textes et le délai de validité.
Service communal d'hygiène et de santé
Signaler des nuisibles au service communal d'hygiène : modèle de lettre
Quand le bailleur, le syndic ou le voisin ne bougent pas, le constat d'un tiers débloque le dossier. Ce modèle saisit le service communal d'hygiène et de santé, gratuitement et sans désigner de coupable.
Syndic de copropriété
Signaler des nuisibles dans les parties communes au syndic : modèle de lettre
Une infestation qui circule par les gaines, les vide-ordures ou les caves ne se traite pas appartement par appartement. Ce modèle saisit le syndic sur les parties communes, seul niveau où le traitement a un sens.
Le modèle se complète en ligne, se télécharge et s'imprime. Aucune coordonnée n'est demandée pour l'obtenir.
Faire chiffrer l'intervention avant l'échéance
Une intervention ou un diagnostic doit souvent être produit avant une date précise. Décrivez la situation. Votre demande est transmise à des professionnels de votre zone.
En détail
AcheteurDeux obligations légales, précises et limitées
Le code de la construction et de l'habitation n'impose qu'une chose au vendeur en matière de nuisibles : annexer à la promesse de vente, ou à défaut à l'acte authentique, un dossier de diagnostic technique comprenant l'état relatif à la présence de termites lorsque le bien est situé dans une zone délimitée par arrêté préfectoral, et une information sur la présence d'un risque de mérule lorsque le bien est situé dans une zone de risque également délimitée par arrêté préfectoral. Ces deux obligations, prévues respectivement par l'article L.126-24 et par l'article L.126-25 du code de la construction et de l'habitation, ne s'appliquent que si la commune concernée a fait l'objet d'un classement. En dehors de ces deux zonages, aucun état n'est requis, même si le bien a déjà connu une infestation.
Le rôle du zonage et de l'arrêté préfectoral
Le déclenchement de ces obligations dépend entièrement d'un acte administratif préalable. L'article L.131-3 du code de la construction et de l'habitation prévoit, dans son premier alinéa, qu'un arrêté préfectoral délimite les communes ou parties de communes où des foyers de termites ont été identifiés, et dans son deuxième alinéa, qu'un arrêté équivalent délimite les zones de présence d'un risque de mérule. L'acheteur doit donc vérifier, avant de signer, si la commune du bien figure dans l'un ou l'autre de ces arrêtés. C'est cette vérification administrative, et non l'état réel du bien, qui détermine si un document est obligatoire.
La forme et la portée du diagnostic termites
Lorsque la zone est délimitée, l'article L.271-4 du code de la construction et de l'habitation précise que l'état termites doit avoir été établi depuis moins de six mois lors de la signature de l'acte authentique. Si le vendeur ne présente pas de document en cours de validité à ce moment-là, il ne peut pas s'exonérer de la garantie correspondante. Cette règle protège l'acheteur d'un diagnostic ancien qui ne refléterait plus l'état réel du bien, mais elle ne s'applique que si le zonage rend le diagnostic obligatoire au départ.
Le silence de la loi sur les autres nuisibles
En dehors des termites et de la mérule, aucun texte n'impose au vendeur de produire un état relatif aux blattes, aux rongeurs ou aux punaises de lit. Le silence de la loi ne signifie pas absence de risque : il signifie que la charge de l'information bascule sur les questions posées par l'acheteur. Une question écrite adressée au vendeur, ou au syndic pour les parties communes en copropriété, crée une trace exploitable si la réponse s'avère mensongère. C'est cette différence de régime qui explique pourquoi l'essentiel de la vérification, pour la plupart des nuisibles, se joue avant la signature et par écrit, plutôt que dans un document normé.
Quand les faits sont ambigus
La difficulté pratique tient souvent au classement de la commune lui-même : un arrêté préfectoral peut dater, être mal connu du vendeur, ou concerner une portion seulement du territoire communal. Un acheteur qui constate des traces d'infestation sans que la commune soit classée ne peut s'appuyer sur aucune obligation documentaire du vendeur ; il doit alors se reposer sur ses questions écrites et sur ses propres observations lors de la visite. À l'inverse, un diagnostic termites présent mais daté de plus de six mois place le vendeur en défaut au regard de l'article L.271-4, sans pour autant bloquer la vente : la conséquence est la perte de la clause d'exonération, pas une nullité automatique.
Les recours ouverts
Un vendeur qui a répondu par écrit de façon mensongère s'expose à une action pour dol ; les diagnostics obligatoires manquants privent la clause d'exonération d'effet.
Ce qu'il faut pouvoir produire
- Dossier de diagnostic technique complet
- Procès-verbaux des trois dernières assemblées générales en copropriété
- Réponses écrites du vendeur aux questions posées
- Renseignements pris en mairie sur les déclarations connues
Les erreurs qui coûtent cher
- Se contenter de réponses orales
- Ne pas lire les procès-verbaux d'assemblée générale
- Négliger les caves et les combles pendant la visite
Ce que les textes ne tranchent pas
- Les articles du code civil relatifs à la garantie des vices cachés, à ses délais et au dol n'ont pas été vérifiés à leur source dans cette collecte et ne sont donc pas cités ; seule la règle d'exonération figurant à l'article L.271-4 du code de la construction et de l'habitation est citée.
Sources et dates de relevé. article L.271-4 du code de la construction et de l'habitation, Dossier de diagnostic technique annexé à la promesse ou à l'acte de vente, consulté le 12 septembre 2026. article L.126-24 du code de la construction et de l'habitation, État relatif à la présence de termites en cas de vente, consulté le 12 septembre 2026. article L.126-25 du code de la construction et de l'habitation, Information sur la présence d'un risque de mérule en cas de vente, consulté le 12 septembre 2026. premier alinéa de l'article L.131-3 du code de la construction et de l'habitation, Arrêté préfectoral délimitant les zones contaminées par les termites, consulté le 12 septembre 2026. deuxième alinéa de l'article L.131-3 du code de la construction et de l'habitation, Arrêté préfectoral délimitant les zones de présence d'un risque de mérule, consulté le 12 septembre 2026.
Les procédures liées
Recours et démarches
Vendeur
Je vends dans une commune en zone termites : quel diagnostic dois-je fournir ?
En zone délimitée par arrêté préfectoral, le vendeur doit annexer à la promesse puis à l'acte authentique un état relatif à la présence de termites établi depuis moins de six mois. Sans cet état à jour, il ne peut pas s'exonérer de la garantie des vices cachés correspondante.
Propriétaire occupant
Les punaises viennent d'un autre appartement de l'immeuble : la copropriété doit-elle payer ?
Quand les punaises de lit circulent par les gaines, les cloisons ou les vide-ordures communes de l'immeuble, la copropriété doit financer l'intervention sur ces parties communes. Le traitement à l'intérieur de chaque lot, lui, reste à la charge du copropriétaire occupant, et l'ensemble doit être mené simultanément pour être efficace.
Propriétaire occupant
Punaises de lit et propriétaire occupant : maison individuelle
<p>Le propriétaire occupant qui découvre des punaises de lit doit financer et organiser lui-même le traitement, aucun texte ne mettant cette charge sur un tiers. Un recours n'est concevable que si l'origine de l'infestation est identifiée et prouvée, par exemple un hébergement, un transport ou l'achat de mobilier d'occasion.</p>
Vendeur
Quels diagnostics liés aux nuisibles dois-je annexer à la vente ?
Le vendeur doit annexer à la promesse de vente, puis à l'acte authentique, un dossier de diagnostic technique comprenant l'état relatif à la présence de termites dans les zones délimitées par arrêté préfectoral, et le cas échéant une information sur le risque de mérule. Aucun diagnostic n'est en revanche obligatoire pour les blattes, les punaises de lit ou les rongeurs.
Vendeur
Termites et vendeur : le lot privatif en copropriété
L'état termites porte sur le lot vendu, pas sur l'immeuble entier : les parties communes suivent un régime distinct, à la charge du syndicat des copropriétaires. Cette distinction dépend de la délimitation entre parties privatives et parties communes telle qu'elle ressort du règlement de copropriété.
Vendeur
Tous nuisibles et vendeur : vente immobilière
La clause d'exonération de garantie des vices cachés ne protège pas systématiquement le vendeur en cas d'infestation découverte après la vente : elle tombe lorsque le vendeur connaissait le désordre, et la loi l'écarte explicitement pour le risque termites si l'état obligatoire n'a pas été fourni en cours de validité. La protection effective dépend donc moins de la clause elle-même que des diagnostics remis et de l'information écrite donnée à l'acquéreur.
À lire ensuite
Analyses
Comment constituer un dossier de preuves d’infestation dans un logementClassez les photographies, observations datées, échanges et constats professionnels. Un dossier factuel aide à signaler une infestation sans attribuer automatiquement son origine ou les responsabilités.Démarches et preuves
État relatif à la présence de termites : ce que le vendeur doit joindre, et quandObligatoire seulement dans les communes visées par un arrêté préfectoral, l'état termites est valable six mois et conditionne la garantie des vices cachés.Vente
Infestation découverte après l'achat : vice caché, dol, et délais pour agirSans diagnostic obligatoire pour les punaises de lit, la garantie des vices cachés et le dol exigent chacun de prouver que le vendeur connaissait l'infestation avant la vente.Vente
Mérule : l'information due à l'acheteur dans une zone à risqueEn zone délimitée par arrêté préfectoral, une information sur le risque de mérule est jointe à l'acte de vente ; un foyer constaté relève d'une déclaration en mairie distincte.Vente
Punaises de lit en location : qui paie le traitement, locataire ou bailleur ?Quand des punaises de lit apparaissent dans un logement loué, la question du financement du traitement dépend de l'origine de l'infestation et de l'état du logement à l'entrée dans les lieux. Cet article explique comment signaler le problème par écrit, réunir des preuves et faire valoir vos droits en cas de désaccord entre locataire et bailleur.Démarches et preuves
