Une retenue sur le dépôt de garantie pour des nuisibles doit correspondre à un préjudice précis et être justifiée. Comparez les états des lieux, les photos et échanges datés, puis vérifiez que le document financier concerne le logement, l’intervention invoquée et la somme retenue.
Un état des lieux de sortie mentionne des traces de nuisibles, mais aucun document d’entrée ne les signalait : cette seule mention ne prouve pas qu’une retenue est due. Examinez les pièces dans leur ordre chronologique, identifiez le préjudice allégué et contrôlez que chaque somme correspond à un document vérifiable.
Vérifier si la retenue pour nuisibles repose sur un préjudice prouvé
Un simple constat de nuisibles à la sortie ne suffit pas à justifier une retenue. La somme conservée doit correspondre à un préjudice déterminé et à des justificatifs. L’article 22 de la Loi du 6 juillet 1989 encadre la restitution du dépôt de garantie : le bailleur doit justifier les sommes retenues.
Comparez les états des lieux d’entrée et de sortie. Vérifiez que les photographies, échanges et documents professionnels concernent le même logement, le même désordre et une chronologie compatible. Le logement proposé à la location doit être exempt d’infestation d’espèces nuisibles et parasites au titre du Décret n° 2002-120 relatif au logement décent. Cette exigence ne signifie pas qu’une présence de nuisibles équivaut à une insalubrité juridiquement constatée. Pour approfondir : les obligations du bailleur.
Le bailleur doit délivrer un logement exempt d’infestation. Une retenue ne peut donc être envisagée que si des éléments précis relient un comportement ou un manquement du locataire au surcoût réclamé. Le bailleur peut rechercher des signalements tardifs, un refus d’accès pour le traitement, des constats datés ou des échanges établissant les faits invoqués. Le locataire peut produire ses alertes, des photos, un état des lieux d’entrée, des échanges sur un défaut du logement ou des documents évoquant une cause commune. Aucun nuisible ne rend, à lui seul, le locataire responsable. Pour approfondir : les démarches du locataire.
Pour le cadre applicable, consultez l’article 22 sur Légifrance et la fiche de Service-Public consacrée à la restitution du dépôt de garantie.
Comparer les états des lieux, les preuves datées et la facture réclamée

Examinez les pièces dans leur ordre logique, en partant de ce qui décrit l’état initial du logement.
- Comparez les états des lieux. Relevez les mentions à l’entrée et à la sortie, les réserves, annexes et descriptions des zones concernées. Une formule vague ne prouve pas le même fait qu’une observation localisée.
- Replacez les éléments dans le temps. Photos contextualisées, courriels, lettres, signalements ou constats peuvent éclairer l’apparition du problème. Contrôlez leur date, leur auteur, le lieu identifiable et ce qu’ils établissent. Une photo non datée peut montrer un désordre sans prouver quand ni dans quel logement il a été constaté.
- Contrôlez le document financier. Une facture doit identifier le prestataire, l’intervention, sa date, son montant et le logement concerné. Son paiement n’est pas systématiquement une condition de la retenue. Un devis détaillé peut aussi justifier une somme si la réparation et son coût sont établis et cohérents avec les dégradations constatées. Il ne prouve toutefois pas, à lui seul, l’origine des nuisibles ni la responsabilité du locataire.
Contester une somme imprécise ou compléter un dossier de retenue
En cas de pièces incomplètes ou contradictoires, privilégiez un échange écrit précis. Le locataire peut demander la ventilation chiffrée de la retenue, le solde du dépôt, la copie des documents invoqués et l’explication du lien avec les dégradations alléguées. Il n’est pas nécessaire de suspendre unilatéralement le paiement du loyer pour contester une retenue.
Adressez d’abord cette demande écrite au bailleur, en joignant vos pièces. En l’absence de réponse ou si la retenue demeure non justifiée, envoyez une mise en demeure. Le désaccord peut ensuite être soumis à la commission départementale de conciliation, si le litige entre dans son champ de compétence. Si aucune solution n’aboutit, saisissez le juge des contentieux de la protection avec les états des lieux, échanges et justificatifs. Conservez une copie de chaque envoi. Pour approfondir : préparer une saisine de la commission de conciliation.
Le dépôt doit être restitué dans un mois lorsque les états des lieux sont conformes, ou dans deux mois lorsqu’ils ne le sont pas. En cas de retard, une majoration légale est applicable pour chaque période mensuelle de retard commencée. Cette majoration ne s’applique pas lorsque le locataire n’a pas transmis sa nouvelle adresse. Ces délais permettent de dater la contestation et de réclamer le solde dû.
Le bailleur a intérêt à transmettre des documents lisibles, datés et rattachables au logement. Une mention imprécise, une photo sans date ou une facture sans rattachement explicite peuvent être contestées ; plusieurs pièces concordantes peuvent former un ensemble plus convaincant. L’ANIL peut aider à comprendre les règles applicables.
L'info clé d'abord
La retenue doit pouvoir être expliquée par des pièces établissant la dépense ou le préjudice allégué. Leur valeur dépend notamment de leur date, de leur précision et de leur lien identifiable avec le logement.
Non. Cette mention établit un constat à la sortie, mais elle ne prouve pas à elle seule l'origine du problème, sa chronologie ni l'imputabilité d'une dépense au locataire.
Un devis décrit une intervention envisagée et peut justifier une retenue s’il est détaillé et cohérent avec les dégradations établies. Une facture établit davantage la prestation facturée, sans prouver seule l’origine du problème ni la responsabilité du locataire.
La commission départementale de conciliation peut intervenir dans les litiges locatifs relevant de sa compétence. Joignez les échanges, les états des lieux et les pièces utiles, puis saisissez le juge des contentieux de la protection si le désaccord persiste.
Avant d’accepter ou de contester une retenue, réunissez les états des lieux, échanges, photographies datées et documents financiers détaillés. Le dossier doit établir le lien entre le problème constaté, son origine imputée et la somme prélevée.














