Les photos d’infestation en copropriété peuvent constituer des données personnelles lorsqu’elles permettent d’identifier un occupant ou son logement. Transmettez des images cadrées sur les traces, aux seuls destinataires utiles, après masquage des éléments identifiants.
Une photo de déjections près d’une porte peut montrer un nom, un numéro de lot ou l’intérieur d’un appartement. Avant de l’envoyer au syndic ou dans un groupe, vérifiez qui doit la recevoir et ce qu’elle révèle. Le signalement documente la présence de nuisibles, il ne désigne pas un voisin. Pour approfondir : le rôle du syndic face aux nuisibles.
Avant d’envoyer une photo : montrer le problème, pas les occupants
Une image d’infestation devient une donnée personnelle si elle permet de reconnaître un occupant, un logement ou ses habitudes. Nom sur une sonnette, numéro de porte, balcon identifiable, document visible ou métadonnées de localisation peuvent révéler plus que le problème sanitaire. Selon le principe de minimisation des données rappelé par la CNIL dans le cadre du RGPD, ne transmettez que ce qui est utile au signalement.
Cadrez les insectes, déjections, traces, nids ou dégradations, puis recadrez ou floutez les éléments identifiants. Ajoutez un contexte factuel : date du constat, zone générale, type de trace et risque immédiat éventuel. Évitez le nom ou le lot d’un occupant. Une photo peut justifier une vérification par le syndic, sans qualifier à elle seule une situation d’insalubrité. Pour approfondir : retrouver votre situation précise.
Partager les photos dans la copropriété avec les seuls destinataires utiles
Pour traiter le signalement sans exposer la vie privée, suivez un circuit limité :
- Préparez une version utile : recadrez l’image et masquez noms, portes, visages, courriers ou objets personnels.
- Adressez-la au syndic, par un canal identifié, avec un message factuel. Consultez le guide sur le rôle du syndic face aux nuisibles pour savoir qui centralise le dossier.
- Conservez la preuve de l’envoi et ne relancez qu’avec des éléments nouveaux ou une aggravation constatée.
Si les nuisibles concernent une zone collective, utilisez le modèle pour signaler des nuisibles dans les parties communes. Le conseil syndical assiste et contrôle le syndic ; l’article 21 de la loi du 10 juillet 1965 prévoit la communication des documents relatifs à la gestion de la copropriété. Cela n’autorise pas une diffusion générale des clichés. N’affichez pas les photos dans le hall, un groupe ouvert ou sur un réseau social. Pour approfondir : signaler des nuisibles dans les parties communes.
Le conseil syndical peut-il accéder aux coordonnées des copropriétaires ? Il peut demander au syndic les coordonnées figurant dans les documents de gestion lorsqu’elles sont nécessaires à sa mission de contrôle, de suivi ou d’information de la copropriété. Cet accès doit rester lié à cette finalité et réservé aux membres habilités. Le conseil syndical ne peut ni diffuser ces coordonnées, ni les utiliser pour une démarche personnelle, commerciale ou étrangère à la gestion de l’immeuble. La confidentialité demeure une obligation.

Conserver, retirer et distinguer les photos de la vidéosurveillance
Conservez les photos seulement le temps nécessaire au signalement, au suivi de l’intervention ou à un désaccord. La CNIL demande une durée proportionnée à la finalité : le syndic doit pouvoir expliquer l’utilité de l’image, son stockage et les personnes habilitées à y accéder. Retirez les copies devenues inutiles, notamment dans les messageries ou téléphones personnels.
L’espace sécurisé de la copropriété ne rend pas approprié le dépôt de toute photographie d’occupant. L’article 18 de la loi du 10 juillet 1965 prévoit un accès sécurisé à certains documents ; le décret n° 2019-502 du 23 mai 2019 fixe une liste minimale de documents dématérialisés accessibles, selon les références Légifrance relayées par la CNIL. Déposez une photo seulement si sa nécessité et son accès limité sont établis.
Ne confondez pas ces clichés volontaires avec les images de vidéosurveillance : caméras, badges et digicodes relèvent d’un dispositif de sécurité et de protection des données distinct.
Vidéosurveillance : les règles à retenir
En copropriété, les caméras doivent poursuivre une finalité de sécurité, telle que la protection des accès ou des parties communes. Les personnes filmées doivent être informées par une signalisation claire. Seules les personnes habilitées, désignées pour cette mission, peuvent consulter les images : les copropriétaires ne disposent pas d’un accès libre. La fiche CNIL sur la vidéosurveillance en copropriété précise ce cadre.
À retenir avant de lire
Seulement si cet élément est nécessaire à la localisation du problème. Privilégiez une version recadrée, floutée ou décrite plus généralement lorsqu’elle permet le même traitement.
L’affichage collectif expose des occupants ou lots identifiables. Un avis général sur les mesures à prendre dans les parties communes est moins intrusif qu’une photo associée à un logement.
Il n’existe pas de durée universelle pour ces clichés. La conservation doit rester limitée au suivi du signalement, à l’intervention et, si nécessaire, à la gestion d’un désaccord identifiable.
Elles relèvent d’un dispositif distinct, avec une finalité définie et des personnes habilitées. Elles ne sont pas librement accessibles aux copropriétaires ni réutilisables sans examen du cadre applicable.
Le copropriétaire bailleur transmet au syndic les informations nécessaires à la gestion de l’immeuble et à la sécurité, notamment pour adresser des informations utiles ou joindre l’occupant en cas de nécessité. Le syndic peut ainsi connaître l’identité et les coordonnées utiles du locataire lorsque la gestion l’exige. Il ne doit toutefois ni collecter ni conserver des informations sans lien avec cette mission. Le bailleur reste l’interlocuteur chargé de transmettre les éléments nécessaires.
Gardez une image utile au traitement du signalement, pas un dossier sur les occupants. Recadrez, masquez les indices identifiants, choisissez un destinataire chargé d’agir et supprimez les copies devenues inutiles.
À jour au 15 septembre 2026













