Un logement infesté est signalé comme insalubre : quelle est la procédure pour la commune ?
Une infestation de blattes ne suffit pas à elle seule à qualifier un logement d'insalubre, mais associée à d'autres désordres du bâti, elle peut déclencher la police de la sécurité et de la salubrité des immeubles exercée par la commune. Cette procédure impose au maire de faire constater les faits, de mener une phase contradictoire avec le propriétaire, puis de prescrire par arrêté les mesures et les délais d'exécution.
Le propriétaire supporte les travaux prescrits, la commune n'avance les frais qu'en exécution d'office, à recouvrer ensuite.
- Qui est concerné
- Maire et commune
- Nuisible
- Blattes et cafards
- Qui paie
- Cela dépend de l'origine
- Délai à tenir
- Sans délai légal
- Textes cités
- 5 textes
- Mise à jour
- 12 septembre 2026
Ce que dit le texte
Reproduit à l'identiqueConstitue une situation d'insalubrité le fait qu'un local, une installation, un bien immeuble ou un groupe de locaux présente un danger ou un risque pour la santé ou la sécurité physique des personnes.
Ce que cela veut dire iciDéfinition de l'insalubrité
Consulter le texte en vigueurLa police de la sécurité et de la salubrité des immeubles, locaux et installations est exercée dans les conditions fixées par le présent chapitre.
Ce que cela veut dire iciPolice de la sécurité et de la salubrité des immeubles, locaux et installations
Consulter le texte en vigueurDans les habitations et leurs dépendances, les occupants ne doivent pas entreposer ni accumuler des détritus, déjections ou objets et substances divers susceptibles d'attirer et de provoquer la pullulation des insectes, vermines et rongeurs. Les occupants ne peuvent s'opposer aux mesures générales de désinfection et de désinsectisation.
Ce que cela veut dire iciLutte contre les insectes et les vermines dans les habitations
Consulter le texte en vigueurLa police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle comprend notamment le soin de prévenir, par des précautions convenables, et de faire cesser les accidents et les fléaux calamiteux ainsi que les pollutions de toute nature, tels que les maladies épidémiques ou contagieuses, les épizooties.
Ce que cela veut dire iciPouvoirs de police du maire en matière de salubrité publique
Consulter le texte en vigueurCe que cela change chez vous
Application concrètePour la commune, un signalement d'infestation ne déclenche pas automatiquement une procédure d'insalubrité : le service compétent doit d'abord vérifier si les blattes s'accompagnent d'autres désordres du bâti, faute de quoi le dossier reste fragile.
Une fois le constat établi, la commune ne peut pas se contenter d'adresser un courrier au propriétaire : elle doit organiser une phase contradictoire avant de prendre un arrêté, sous peine de voir cet arrêté annulé.
L'arrêté doit lui-même fixer les délais d'exécution, puisqu'aucun délai légal ne s'impose par défaut, et la commune doit prévoir le contrôle de l'exécution ainsi que la procédure d'office si le propriétaire ne s'exécute pas.
Les cas où la réponse change
À vérifier avant d'agirUne présence de blattes seule, sans dégradation du bâti, risque de ne pas suffire à caractériser une insalubrité. Le règlement sanitaire départemental, qui vise le comportement de l'occupant, peut alors s'appliquer à la place.
Indépendamment de ce que fait la commune, le locataire peut saisir la commission départementale de conciliation ou le juge pour non-décence. Ce recours contractuel n'attend pas l'issue de la procédure d'insalubrité.
La règle en vidéo
Blattes et cafards, 50 secondesLa procédure, étape par étape
Délais indiqués en margeVisite et rapport du service
Le service compétent visite le logement infesté et rédige un rapport constatant les désordres.
Procédure contradictoire avec le propriétaire
La commune engage une procédure contradictoire permettant au propriétaire de présenter ses observations.
Arrêté prescrivant mesures et délais
Le maire prend un arrêté qui prescrit les mesures à réaliser et fixe les délais d'exécution.
Contrôle et exécution d'office
La commune contrôle l'exécution des travaux et engage l'exécution d'office aux frais du propriétaire en cas de carence.
Si l'autre partie refuse
Recours ouvertsCe qui se passe en cas de refus
- La commune peut faire réaliser les travaux prescrits par l'arrêté aux frais du propriétaire, dans le cadre de l'exécution d'office.
- Les frais avancés par la commune sont ensuite recouvrés auprès du propriétaire défaillant.
- Le locataire reste protégé par l'obligation de décence du bailleur et peut saisir la commission départementale de conciliation ou le juge, indépendamment de la procédure municipale.
- L'absence de mention des délais et des voies de recours dans l'arrêté est une cause classique d'annulation, ce qui retarde d'autant l'exécution des mesures.
Ce qui joue en votre faveur
- Le rapport de visite du service compétent, décrivant précisément les désordres constatés.
- Les photos et la description détaillée de l'infestation et des autres dégradations du logement.
- Le respect de la procédure contradictoire, avec les observations recueillies auprès du propriétaire.
- L'arrêté de police, notifié régulièrement, qui matérialise les mesures prescrites et les délais.
Le courrier à envoyer
4 modèle(s)
Entreprise de lutte contre les nuisibles
Commander un plan de lutte contre les nuisibles pour un établissement : modèle de lettre
Pour un établissement alimentaire, le plan de lutte contre les nuisibles n'est pas une prestation de confort : c'est une pièce du plan de maîtrise sanitaire, exigible au contrôle. Ce modèle le commande avec les éléments qui seront demandés.
Propriétaire de l'immeuble
Mettre en demeure un propriétaire de traiter : modèle de lettre pour la mairie
Le maire dispose d'une police sanitaire et peut imposer les mesures de destruction des nuisibles. Ce modèle notifie la mise en demeure, fixe le délai et annonce l'exécution d'office, seule suite qui la rende crédible.
Référent ambroisie de la commune
Signaler de l'ambroisie au référent communal : modèle de lettre
L'ambroisie figure parmi les espèces végétales dont la prolifération est nuisible à la santé humaine, avec des obligations de destruction fixées par arrêté préfectoral. Ce modèle signale un foyer au référent territorial.
Bailleur du local commercial
Signaler des nuisibles au bailleur d'un local commercial : modèle de lettre
Dans un bail commercial, la répartition dépend d'abord du contrat, ensuite du droit commun. Ce modèle signale l'infestation, réclame l'intervention sur le bâti et rappelle que l'obligation de sécurité envers les salariés ne se délègue pas.
Le modèle se complète en ligne, se télécharge et s'imprime. Aucune coordonnée n'est demandée pour l'obtenir.
Faire chiffrer l'intervention avant l'échéance
Une intervention ou un diagnostic doit souvent être produit avant une date précise. Décrivez la situation. Votre demande est transmise à des professionnels de votre zone.
En détail
Maire et communeCe que recouvre la notion d'insalubrité
Le code de la santé publique définit l'insalubrité comme le fait qu'un local, une installation ou un immeuble présente un danger ou un risque pour la santé ou la sécurité physique des personnes qui l'occupent. Une infestation de blattes n'entre pas seule dans cette définition. C'est en général le cumul de désordres, humidité, absence de ventilation, dégradations, qui fait basculer un logement infesté dans la catégorie insalubre. L'infestation massive et durable de cafards peut néanmoins constituer un élément du constat, surtout si elle traduit une carence d'entretien de la structure du bâtiment et pas seulement un défaut d'hygiène ponctuel des occupants.
Le pouvoir du maire au titre de la police de la sécurité et de la salubrité des immeubles
C'est l'autorité compétente qui exerce la police de la sécurité et de la salubrité des immeubles, locaux et installations, dans les conditions fixées par le code de la construction et de l'habitation. Dans la majorité des communes, cette autorité est le maire. Ce pouvoir de police lui permet de prescrire les mesures nécessaires pour faire cesser une situation d'insalubrité ou de danger dans un immeuble. La procédure suit un schéma constant : une visite du service compétent qui constate les désordres et rédige un rapport, une phase contradictoire pendant laquelle le propriétaire peut présenter ses observations, puis un arrêté qui prescrit les travaux ou les mesures à réaliser. C'est cet arrêté, et lui seul, qui fixe les délais d'exécution : le texte ne prévoit aucun délai chiffré applicable par défaut.
Le code général des collectivités territoriales rattache cette action à la police municipale générale, chargée d'assurer la salubrité publique et de prévenir les fléaux et les épidémies. Cette base générale conforte la légitimité du maire à intervenir sur un signalement d'insalubrité lié à une infestation, mais elle ne se substitue pas à la procédure spécifique de la police de la sécurité et de la salubrité des immeubles, qui reste le cadre procédural à suivre pour prescrire des mesures opposables au propriétaire.
L'articulation avec le règlement sanitaire départemental et le statut de bailleur
Le règlement sanitaire départemental interdit aux occupants d'accumuler des déchets ou des substances susceptibles de provoquer la pullulation d'insectes et leur interdit de s'opposer aux mesures de désinsectisation. Ce texte sert surtout à qualifier une carence de l'occupant, distincte de la procédure d'insalubrité qui vise le propriétaire et l'état du bâti. Par ailleurs, la loi du 6 juillet 1989 impose au bailleur de délivrer un logement décent, exempt de toute infestation d'espèces nuisibles et parasites. Cette obligation de décence relève du contrat de location et peut être invoquée par le locataire indépendamment de la procédure administrative d'insalubrité : le locataire peut saisir la commission départementale de conciliation et le juge pour non-décence, en parallèle de ce que fait ou ne fait pas la commune.
Quand les faits sont ambigus
La difficulté pratique tient à la frontière entre une infestation imputable à un défaut d'entretien du bâtiment, qui relève de la responsabilité du propriétaire, et une infestation liée au comportement de l'occupant, que le règlement sanitaire départemental met à la charge de ce dernier. Le rapport de visite doit établir cette origine avant que le maire puisse prescrire des mesures au propriétaire. Un signalement fondé sur la seule présence de blattes, sans autre désordre du bâti ni indice de défaut structurel, risque d'être insuffisant pour caractériser une insalubrité au sens du code de la santé publique. La collecte disponible n'a pas permis de vérifier article par article le détail de la procédure contradictoire, ni l'articulation précise entre le régime de l'insalubrité et celui de la police de la sécurité et de la salubrité des immeubles : ces deux polices se recoupent largement en pratique, mais leurs conditions de mise en œuvre respectives méritent d'être confirmées au cas par cas avant d'agir.
Les recours ouverts
Le locataire peut saisir la commission départementale de conciliation et le juge pour non-décence, indépendamment de la procédure administrative.
Ce qu'il faut pouvoir produire
- Rapport de visite du service compétent
- Photos et description des désordres
- Procédure contradictoire et observations du propriétaire
- Arrêté de police et sa notification
Les erreurs qui coûtent cher
- Qualifier l'insalubrité sur la seule présence de nuisibles, sans autre désordre
- Omettre la phase contradictoire, cause classique d'annulation
- Notifier un arrêté sans mention des délais et des voies de recours
Ce que les textes ne tranchent pas
- Le détail de la procédure contradictoire et des voies de recours n'a pas été vérifié article par article dans cette collecte.
- L'articulation précise entre insalubrité et police de la sécurité et de la salubrité des immeubles n'a pas été vérifiée article par article.
Sources et dates de relevé. article L.1331-22 du code de la santé publique, Définition de l'insalubrité, consulté le 12 septembre 2026. article L.511-1 du code de la construction et de l'habitation, Police de la sécurité et de la salubrité des immeubles, locaux et installations, consulté le 12 septembre 2026. article 121 du règlement sanitaire départemental (arrêté type, version départementale applicable), Lutte contre les insectes et les vermines dans les habitations, consulté le 12 septembre 2026. article L.2212-2 du code général des collectivités territoriales, Pouvoirs de police du maire en matière de salubrité publique, consulté le 12 septembre 2026. article 6 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, Obligation de délivrance d'un logement décent par le bailleur, consulté le 12 septembre 2026.
Les procédures liées
Recours et démarches
Hébergeur touristique
Blattes et cafards et hébergeur touristique : meublé de tourisme
Le règlement sanitaire départemental impose au propriétaire ou au gestionnaire du meublé de faire détruire les insectes et vermines dans les locaux qu'il occupe ou gère, sans délai chiffré mais sans latitude pour ne pas agir non plus. Cette obligation change de nature si l'infestation provient des colonnes de l'immeuble, auquel cas le traitement doit être conduit avec le syndicat des copropriétaires et non par l'hébergeur seul.
Commerçant ou restaurateur
Des blattes ont été vues en cuisine : que risque mon restaurant et que dois-je faire ?
Le règlement européen sur l'hygiène des denrées alimentaires impose à tout restaurant de mettre au point des méthodes adéquates de lutte contre les organismes nuisibles, ce qui suppose un plan documenté et non une simple réaction ponctuelle. La gravité de la sanction, de l'avertissement à la fermeture administrative, dépend de ce que le contrôle constate sur place, et non du seul fait qu'une blatte ait été vue.
Exploitant d'établissement recevant du public
Des blattes sont présentes dans une cuisine de restauration collective : quelles obligations ?
La présence de blattes en cuisine de restauration collective engage l'exploitant au titre du règlement européen sur l'hygiène des denrées alimentaires, qui impose des méthodes adéquates de lutte contre les organismes nuisibles. Cette obligation se vérifie concrètement dans le plan de maîtrise sanitaire, dont les relevés et les actions correctives conditionnent l'appréciation portée lors d'un contrôle.
Commerçant ou restaurateur
J'ai reçu un rapport de contrôle défavorable sur les nuisibles : quelles suites et quel délai ?
Le rapport de contrôle défavorable fixe lui-même les non-conformités relevées et le délai de mise en conformité, sur la base de l'obligation générale de lutte contre les nuisibles. La suite donnée, de la lettre d'avertissement à la fermeture administrative, dépend du niveau de risque retenu pour le consommateur.
Bailleur social
Les cafards circulent dans tout un bâtiment social : quelle est l'obligation de l'organisme ?
L'obligation de délivrer et de maintenir un logement décent, exempt d'infestation, s'impose à l'organisme social comme à tout bailleur. Face à des blattes qui circulent par les gaines et les colonnes d'un bâtiment collectif, cette obligation ne peut être satisfaite que par un traitement conduit à l'échelle de l'immeuble, et non logement par logement.
Commerçant ou restaurateur
Mon local commercial est infesté : le bailleur doit-il participer aux frais ?
<p>Le commerçant reste seul responsable, vis-à-vis de l'administration, de la lutte contre les blattes dans son établissement. Vis-à-vis du bailleur en revanche, la prise en charge des frais dépend de l'origine du désordre, structurel ou d'exploitation, et des clauses du bail commercial.</p>
À lire ensuite
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