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Procédure

Moustique tigre : qui fait quoi entre propriétaire, commune et ARS ?

Depuis le transfert de la lutte antivectorielle aux ARS, ce texte détaille les obligations du propriétaire, du maire et les règles lors d’un traitement.

Publié le 22 septembre 2026 · à jour au 22 septembre 2026 · 5 min de lecture

Soucoupe de pot de fleurs remplie d'eau de pluie stagnante sur une terrasse de jardin
Une soucoupe oubliée sous un pot suffit à faire naître une génération de moustiques tigres.

Un partage des rôles redéfini par la loi

La lutte contre les moustiques vecteurs de maladies humaines, dont le moustique tigre (Aedes albopictus), repose sur un cadre juridique ancien mais profondément réorganisé ces dernières années. La loi n° 64-1246 du 16 décembre 1964 relative à la lutte contre les moustiques a posé le cadre historique de cette action publique, à une époque où l’enjeu portait surtout sur les moustiques des zones humides.

L’article L.3114-5 du code de la santé publique organise aujourd’hui les mesures de lutte contre les insectes vecteurs de maladies humaines, qu’il s’agisse de prospection, de surveillance entomologique ou d’opérations de démoustication. C’est ce texte qui fonde la possibilité, pour les autorités sanitaires, de faire intervenir des opérateurs sur des propriétés privées lorsque la situation sanitaire le justifie.

Le décret n° 2019-258 du 29 mars 2019 relatif à la prévention des maladies vectorielles a transféré la responsabilité opérationnelle de la lutte antivectorielle aux agences régionales de santé. Auparavant portée par les conseils départementaux dans plusieurs régions, cette mission relève désormais de l’ARS, qui pilote la surveillance, coordonne les opérateurs habilités et décide des mesures à mettre en œuvre en cas de risque de transmission de maladies comme la dengue, le chikungunya ou le Zika.

Ce que le propriétaire ou l’occupant doit faire chez lui

Ce transfert de compétence à l’ARS ne dispense pas le propriétaire occupant, ni le locataire, de sa part de responsabilité. Le moustique tigre se reproduit dans de très petites quantités d’eau stagnante, souvent en quelques jours seulement, ce qui rend la vigilance de chaque occupant déterminante pour limiter la prolifération à l’échelle d’un quartier.

Le premier réflexe consiste à supprimer ou à vider régulièrement tout ce qui peut retenir l’eau de pluie ou d’arrosage sur un terrain privé. Cette vérification doit être répétée tout au long de la période chaude, car un gîte larvaire peut se reconstituer en quelques jours après une pluie.

  • Coupelles sous les pots de fleurs, à vider ou à sabler
  • Gouttières et regards d’évacuation à débarrasser des feuilles mortes
  • Récupérateurs d’eau de pluie à couvrir d’une moustiquaire ou d’un couvercle étanche
  • Jouets d’extérieur, brouettes, bâches et pneus à vider après chaque pluie
  • Piscines hors d’usage ou bâches de piscine à surveiller particulièrement

Les obligations générales qui pèsent sur le propriétaire occupant en matière d’entretien du logement et de ses abords sont détaillées dans notre fiche consacrée au propriétaire occupant. Pour les situations propres à un terrain planté ou peu entretenu, la fiche sur le moustique tigre dans un jardin privé détaille les points de contrôle spécifiques aux espaces extérieurs.

L’accès des opérateurs au terrain

Lorsqu’un signalement ou une opération de surveillance entomologique conduit l’ARS à faire intervenir un opérateur de démoustication, l’accès au terrain privé devient une condition pratique de l’efficacité du dispositif. L’article L.3114-5 du code de la santé publique encadre ces opérations de prospection et de traitement, qui peuvent nécessiter d’entrer dans un jardin, une cour ou toute partie non close d’une propriété pour identifier puis traiter les gîtes larvaires.

Le propriétaire ou l’occupant informé d’une intervention a intérêt à faciliter cet accès et à signaler les points d’eau ou aménagements susceptibles de favoriser la reproduction du moustique. Un refus d’accès ne fait pas disparaître le risque sanitaire, il retarde simplement le traitement, avec un effet potentiel sur les parcelles voisines déjà traitées.

Les modalités précises de prise de contact, de délai de prévenance et de déroulement de la visite varient selon les protocoles retenus par chaque ARS et selon les pratiques locales des opérateurs habilités. Il convient donc de se référer aux informations transmises directement par l’ARS ou la collectivité concernée plutôt qu’à une procédure unique valable partout en France.

Ce que la commune et le maire prennent en charge

À l’échelle communale, le maire conserve un rôle de relais et de police générale, distinct de la compétence sanitaire désormais exercée par l’ARS. Il peut informer les habitants, recueillir des signalements sur le domaine public ou des terrains identifiés comme sources de nuisance, et mobiliser les services municipaux pour l’entretien des espaces publics susceptibles de constituer des gîtes larvaires, comme les avaloirs, les cimetières ou les espaces verts.

Le rôle du maire dans la gestion des nuisibles et des troubles de voisinage qui peuvent en découler, ainsi que les limites de son pouvoir de police, sont présentés dans notre fiche consacrée au maire. Cette répartition entre police municipale et compétence sanitaire régionale explique pourquoi un même problème de moustique tigre peut relever de deux interlocuteurs différents selon qu’il concerne le domaine public ou une propriété privée.

Certaines communes complètent ce socle par des actions volontaires, comme la distribution de plaquettes d’information ou l’organisation de journées de sensibilisation, sans que cela constitue une obligation légale uniforme sur tout le territoire.

Le rôle de l’ARS et le signalement d’une prolifération

Depuis le décret n° 2019-258 du 29 mars 2019, l’ARS est l’autorité de référence pour la surveillance et la lutte contre les moustiques vecteurs de maladies humaines. Elle anime le réseau de surveillance entomologique, examine les signalements transmis par les particuliers ou les professionnels, et décide, sur la base de ces informations, du déclenchement d’opérations de prospection ou de traitement.

Un propriétaire ou un occupant qui constate une prolifération inhabituelle de moustiques tigres, en particulier après un cas suspect de maladie transmissible dans le voisinage, peut effectuer un signalement auprès de l’ARS. La démarche pour signaler une prolifération à l’ARS permet de transmettre les informations utiles à la localisation et à la qualification du risque.

Ce signalement ne se substitue pas à l’entretien courant du terrain par son occupant, mais il permet à l’ARS de prioriser ses interventions et, le cas échéant, de déclencher les investigations complémentaires nécessaires en cas de suspicion de transmission locale d’une maladie vectorielle.

Ce qui peut être imposé lors d’un traitement

Sur le fondement de l’article L.3114-5 du code de la santé publique, une intervention de lutte antivectorielle peut comporter des mesures que le propriétaire ou l’occupant est tenu de respecter, notamment la mise à disposition du terrain pour la prospection et le traitement des gîtes larvaires identifiés, ainsi que la communication des informations demandées sur les points d’eau présents.

Le contenu exact de ces obligations, leurs modalités d’application et les éventuelles conséquences en cas de refus dépendent des décisions prises par chaque ARS en fonction du contexte sanitaire du département. Il n’existe pas de procédure ou de sanction uniforme applicable partout en France, et le propriétaire concerné doit se référer aux courriers qui lui sont adressés pour connaître précisément la portée de la mesure qui le vise.

Dans tous les cas, l’objectif de ces opérations reste la réduction du risque de transmission de maladies vectorielles à l’échelle d’un quartier ou d’une commune, ce qui explique que la coopération du propriétaire, au-delà de la stricte obligation légale, conditionne largement l’efficacité du traitement engagé.

Ce qu'il faut retenir

  • La loi n° 64-1246 du 16 décembre 1964 a posé le cadre historique de la lutte contre les moustiques en France, bien avant l’apparition du moustique tigre sur le territoire.
  • Le décret n° 2019-258 du 29 mars 2019 a transféré la responsabilité de la lutte antivectorielle des départements vers les agences régionales de santé.
  • L’article L.3114-5 du code de la santé publique permet aux opérateurs mandatés d’accéder à un terrain privé pour prospecter et traiter les gîtes larvaires identifiés.
  • L’article L.3114-5 du code de la santé publique fonde les mesures pouvant être imposées au propriétaire lors d’une opération de lutte contre les insectes vecteurs.

Sources et dates de relevé. loi n° 64-1246 du 16 décembre 1964 relative à la lutte contre les moustiques, Cadre historique de la lutte contre les moustiques, consulté le 22 septembre 2026. article L.3114-5 du code de la santé publique, Mesures de lutte contre les insectes vecteurs de maladies humaines, consulté le 22 septembre 2026. décret n° 2019-258 du 29 mars 2019 relatif à la prévention des maladies vectorielles, Transfert de la lutte antivectorielle aux agences régionales de santé, consulté le 22 septembre 2026.

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