Chenilles processionnaires dans la Manche (50) : arrêté préfectoral
Dans toute la Manche, l'arrêté oblige propriétaires, locataires, exploitants, gestionnaires et occupants à lutter contre les chenilles processionnaires du pin et du chêne. Les nids déjà développés sont à détruire sans délai dans les lieux d'habitation, de loisirs ou ouverts au public et à leurs abords.
- Périmètre
- Manche
- Département
- Manche (50)
- Thème
- Chenilles processionnaires
- Statut
- Département couvert par un arrêté préfectoral de lutte
- Texte applicable
- Arrêté du préfet de la Manche
- Relevé le
- 10 octobre 2026
L'arrêté applicable
Arrêté de luttemener toute action de prévention, notamment en prévenant l'apparition voire la pousse des plants sur les foyers existants et à proximité pour l'ambroisie et la berce du Caucase, et le développement des premiers nids pour les chenilles ; mener toute autre action de lutte, notamment en détruisant sans délai les plants ou nids déjà développés
Portée pour ce périmètreL'arrêté s'applique à tout le département et vise la chenille processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa) et celle du chêne (Thaumetopoea processionea), dans un texte qui organise aussi la lutte contre les ambroisies et la berce du Caucase. Pour ces chenilles, il concerne les arbres isolés, les groupes d'arbres et les lisières de forêt situés dans des lieux d'habitation, de loisirs ou accueillant du public, ou à proximité de ces lieux, dès lors qu'une prolifération pourrait nuire à la santé des usagers et des riverains (article 22).
Lire l'arrêté (PDF publié par l'Observatoire national)Un arrêté préfectoral de lutte est révisable : la version applicable se vérifie auprès de la préfecture ou de l'agence régionale de santé. Texte relevé le 10 octobre 2026, prochaine revue de cette page 10 avril 2027.
Ce qui est obligatoire ici
Manche- Qui est tenu d'agir. L'obligation pèse sur les propriétaires, locataires, exploitants et gestionnaires de terrains bâtis ou non bâtis, ainsi que sur les ayants droit et sur toute personne qui occupe les lieux à quelque titre que ce soit (article 1). Un particulier, un syndic, une collectivité ou une entreprise est donc concerné dès lors qu'il possède, gère ou occupe le terrain où se trouvent les arbres.
- Dans quels lieux. L'arrêté ne découpe pas le département en zones : il vise les arbres isolés, les groupes d'arbres et les lisières de forêt partout où une prolifération pourrait affecter la santé des usagers et des riverains (article 22). Cela recouvre les lieux d'habitation (maison avec jardin, résidence), les lieux de loisirs (parc, camping), les lieux qui reçoivent du public (école, crèche, entreprise ouverte au public) et les terrains situés à leur proximité. Pour une forêt, le texte ne cite que les lisières.
- Ce qu'il faut faire. Les personnes tenues d'agir doivent à la fois prévenir, en empêchant le développement des premiers nids, et lutter, en détruisant les nids déjà développés (article 1). Leurs moyens doivent être adaptés à l'espèce et à sa période de développement, en tenant compte de la sensibilité des personnes exposées et de l'importance des proliférations passées (article 23). La lutte mécanique est la règle : une autre méthode doit être justifiée par une situation particulière, et la lutte chimique n'est admise qu'en cas d'impossibilité dûment justifiée de recourir à une autre solution, avec des produits homologués pour cet usage (article 5).
- Dans quel délai. Les nids déjà développés doivent être détruits sans délai (article 1). L'arrêté ne donne ni nombre de jours ni période de l'année : la destruction doit donc suivre immédiatement le constat. La prévention s'exerce en amont, pour empêcher les premiers nids de se développer.
- Le cas de la maison individuelle. Une maison avec jardin fait partie des lieux d'habitation visés par l'arrêté (article 22). Si ses arbres portent des nids, le propriétaire comme le locataire figurent parmi les personnes tenues d'agir, et l'arrêté ne précise pas lequel des deux doit intervenir (article 1). Le particulier est soumis aux mêmes règles de méthode et de précaution que tout autre responsable.
- Les précautions à prendre. Pendant l'intervention, la personne responsable doit limiter l'exposition des usagers et des riverains aux poils urticants ainsi que le contact direct avec les chenilles, en particulier pour les enfants et les animaux domestiques (article 25). L'arrêté cite comme exemples la fermeture des accès, l'information des personnes, un périmètre de sécurité et des pièges à chenilles placés à une hauteur inaccessible.
- À qui signaler. Toute personne, publique ou privée, qui observe des chenilles urticantes doit le signaler à FREDON Normandie, pour information ou pour demander un appui dans la gestion (article 21). Le signalement se fait sur le site chenille-risque.info.
Qui paie quoi
Répartition des chargesL'arrêté ne contient aucune disposition sur le coût de la prévention ou de la destruction des nids. Il désigne les personnes tenues d'agir, propriétaires, locataires, exploitants, gestionnaires, ayants droit et occupants, sans répartir la dépense entre elles, par exemple entre un propriétaire et son locataire, et sans prévoir d'aide financière. Le signalement à FREDON Normandie peut s'accompagner d'une demande d'appui à la gestion, mais le texte ne précise pas les conditions de cet appui.
Nids de chenilles processionnaires : faire intervenir un professionnel
Nids dans un pin ou un chêne, accès à interdire autour des arbres, pose de pièges ou destruction des nids : indiquez ce qui vous contraint. Votre demande est transmise à des professionnels de votre zone.
Ce que l'on risque à ne rien faire
Sanctions prévuesL'arrêté ne prévoit ni mise en demeure, ni contravention, ni exécution d'office des travaux lorsque les nids ne sont pas traités. Il prévoit seulement une mesure de protection pour les lieux qui accueillent du public : s'ils sont exposés ou risquent d'être exposés aux poils urticants, leur propriétaire, locataire, exploitant, gestionnaire ou ayant droit peut en interdire l'accès, et à défaut le maire peut le faire par arrêté, en délimitant la zone et en affichant l'interdiction aux principaux points d'accès (article 26).
En détail
MancheL'arrêté demande à toute personne, publique ou privée, qui observe des chenilles urticantes de le signaler à FREDON Normandie, qu'elle soit responsable des arbres concernés ou non (article 21). Ce signalement sert à informer l'organisme ou à lui demander un appui pour gérer la situation. Il se fait sur le site chenille-risque.info. Un particulier qui découvre des nids dans son jardin, un syndic alerté par des résidents ou un gestionnaire d'établissement peut ainsi demander cet appui avant d'intervenir.
Le signalement ne remplace pas l'action. Les personnes tenues d'agir (article 1) doivent détruire sans délai les nids déjà développés et empêcher le développement des premiers nids. Le choix de la méthode dépend de l'espèce, processionnaire du pin ou du chêne, de sa période de développement, de la sensibilité du public exposé et de l'ampleur des proliférations antérieures (article 23). La lutte mécanique est la solution de base ; une autre technique doit être justifiée par une situation particulière, et un traitement chimique n'est possible qu'en l'absence justifiée d'alternative, avec un produit homologué pour cet usage (article 5).
Pendant l'intervention, la personne responsable prend toutes les précautions utiles pour limiter l'exposition des usagers et des riverains aux poils urticants et le contact direct avec les chenilles, en particulier pour les enfants et les animaux domestiques (article 25). L'arrêté cite plusieurs mesures possibles : fermer les accès, informer, délimiter un périmètre de sécurité, placer les pièges à chenilles à une hauteur inaccessible. Lorsqu'un lieu qui accueille du public est exposé ou risque de l'être, son responsable peut en interdire l'accès ; la zone est alors délimitée et l'interdiction annoncée par tout moyen adapté, dont un affichage aux principaux points d'accès (article 26).
La commune peut intervenir de plusieurs façons. Lorsqu'elle possède ou gère des arbres, un parc, une école ou tout autre terrain, elle est tenue d'agir comme n'importe quel autre responsable (article 1). Si le responsable d'un lieu accueillant du public n'en interdit pas l'accès alors que ce lieu est exposé ou risque de l'être aux poils urticants, le maire peut prendre cette interdiction par arrêté, dans les mêmes conditions de délimitation et d'affichage (article 26). Les collectivités peuvent enfin désigner une personne référente, interlocutrice privilégiée de FREDON Normandie, qui reçoit les informations utiles à la surveillance et à la lutte contre les chenilles urticantes (article 6).
Sources et dates de collecte. Arrêté préfectoral : texte publié par l'Observatoire national des chenilles processionnaires (chenille-risque.info), lu le 10 octobre 2026. Texte national visé par l'arrêté : décret n° 2022-686 du 25 avril 2022 relatif à la lutte contre les espèces végétales et animales dont la prolifération est nuisible à la santé humaine. Liste des départements dotés d'un arrêté : tableau de l'Observatoire, consulté le 10 octobre 2026.
