Des chenilles processionnaires sont présentes sur le site de l'entreprise : que dois-je faire ?
L'entreprise qui occupe un site touché par des chenilles processionnaires doit appliquer les mesures fixées par l'arrêté préfectoral du département, dans le délai qu'il détermine. Cette obligation se double de celle, propre à l'employeur, de protéger les salariés exposés lors de leurs déplacements sur le site.
L'exploitant du site supporte l'échenillage, sauf clause du bail transférant l'entretien des espaces verts au propriétaire.
- Qui est concerné
- Employeur
- Nuisible
- Chenilles processionnaires
- Qui paie
- L'employeur
- Délai à tenir
- Sans délai légal
- Textes cités
- 5 textes
- Mise à jour
- 12 septembre 2026
Ce que dit le texte
Reproduit à l'identiqueUn décret fixe la liste des espèces végétales et animales dont la prolifération constitue une menace pour la santé humaine.
Ce que cela veut dire iciEspèces végétales et animales dont la prolifération est nuisible à la santé humaine
Consulter le texte en vigueurLa liste comprend l'ambroisie à feuilles d'armoise, l'ambroisie trifide, l'ambroisie à épis lisses, la chenille processionnaire du chêne et la chenille processionnaire du pin.
Ce que cela veut dire iciListe des espèces dont la prolifération menace la santé humaine
Consulter le texte en vigueurTout propriétaire, locataire, exploitant, gestionnaire de terrains bâtis et non bâtis, ayant droit ou occupant à quelque titre que ce soit met en œuvre, dans le délai défini par l'arrêté préfectoral, les mesures déterminées par cet arrêté afin de prévenir l'apparition ou de lutter contre la prolifération des espèces mentionnées à l'article L.1338-1.
Ce que cela veut dire iciMesures imposées aux propriétaires et occupants par arrêté préfectoral
Consulter le texte en vigueurL'employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs.
Ce que cela veut dire iciObligation générale de sécurité de l'employeur
Consulter le texte en vigueurCe que cela change chez vous
Application concrèteConcrètement, l'entreprise doit identifier les arbres concernés sur son site, consulter l'arrêté préfectoral du département pour connaître les mesures et le délai imposés, puis faire réaliser les opérations d'échenillage par une entreprise équipée.
Cette obligation s'ajoute à celle, permanente, de protéger les salariés qui circulent près des zones infestées : balisage, information et adaptation des cheminements doivent être mis en place sans attendre l'échéance de l'arrêté.
La charge de l'échenillage revient à l'exploitant du site, sauf si le bail transfère l'entretien des espaces verts au propriétaire, auquel cas l'entreprise doit s'assurer que celui-ci agit dans le délai fixé.
Les cas où la réponse change
À vérifier avant d'agirSi le bail transfère l'entretien des espaces verts au propriétaire, la charge de l'échenillage lui revient. L'obligation réglementaire de l'article R.1338-4 continue toutefois de peser sur l'entreprise en tant qu'occupante.
Le contenu précis des mesures et le délai pour agir varient selon l'arrêté préfectoral du département où se trouve le site. Sans le consulter, aucune échéance chiffrée ne peut être affirmée.
La procédure, étape par étape
Délais indiqués en margeRepérage des nids et balisage
Faites repérer les nids de chenilles processionnaires et baliser les zones de passage des salariés.
Vérification de l'arrêté préfectoral
Vérifiez les mesures rendues obligatoires par l'arrêté préfectoral applicable sur le territoire de l'entreprise.
Échenillage avant la descente
Faites écheniller le site par une entreprise équipée avant la descente des processions.
Information et sécurité des salariés
Informez les salariés du risque et adaptez les cheminements pour éviter les zones exposées.
Si l'autre partie refuse
Recours ouvertsCe qui se passe en cas de refus
- Le maire peut faire appliquer l'arrêté préfectoral si les mesures imposées ne sont pas exécutées.
- Si le bail transfère l'entretien au propriétaire et que celui-ci n'agit pas, l'entreprise reste l'occupant tenu par l'article R.1338-4 et ne peut pas s'exonérer en invoquant seul ce refus.
- Un salarié exposé au risque peut alerter les représentants du personnel si l'employeur ne prend pas les mesures de sécurité nécessaires.
- Laisser la situation sans réponse expose l'entreprise à la fois sur le terrain réglementaire et sur celui de la sécurité des travailleurs.
Ce qui joue en votre faveur
- L'inventaire des arbres et des nids repérés sur le site.
- La copie de l'arrêté préfectoral applicable au département.
- Le devis et le rapport de l'entreprise ayant réalisé l'échenillage.
- Les consignes diffusées aux salariés et le balisage mis en place.
Faire chiffrer l'intervention avant l'échéance
Une intervention ou un diagnostic doit souvent être produit avant une date précise. Décrivez la situation : des entreprises qui couvrent votre secteur répondent avec leur délai d'intervention, leur méthode et leur prix.
En détail
EmployeurQui est concerné par cette obligation
L'article R.1338-4 du code de la santé publique vise « tout propriétaire, locataire, exploitant, gestionnaire de terrains bâtis et non bâtis, ayant droit ou occupant à quelque titre que ce soit ». Une entreprise qui occupe un site, qu'elle en soit propriétaire ou locataire, entre directement dans ce champ dès lors que des chenilles processionnaires sont présentes sur son terrain. La qualité de simple occupant suffit à faire naître l'obligation, indépendamment de tout titre de propriété.
Ce que l'arrêté préfectoral impose exactement
Le fondement de l'obligation est double. L'article L.1338-1 du code de la santé publique renvoie à un décret pour fixer la liste des espèces dont la prolifération menace la santé humaine. L'article D.1338-1 inscrit dans cette liste la chenille processionnaire du chêne et la chenille processionnaire du pin, ajout opéré par le décret n° 2022-686 du 25 avril 2022. Une fois l'espèce inscrite sur cette liste, l'article R.1338-4 prend le relais : il impose à l'occupant du terrain de mettre en œuvre les mesures déterminées par arrêté préfectoral, dans le délai que cet arrêté fixe. Le contenu concret de l'obligation, la nature des mesures et le délai pour les exécuter, ne figure donc pas dans le code de la santé publique lui-même mais dans l'arrêté pris par le préfet du département où se trouve le site. C'est ce texte local qu'il faut consulter pour savoir précisément ce qui est exigé et à quelle échéance.
L'articulation avec l'obligation de sécurité de l'employeur
Cette obligation environnementale se double, pour une entreprise, d'une obligation distincte tirée du code du travail. L'article L.4121-1 impose à l'employeur de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique des travailleurs. Quand des chenilles processionnaires sont présentes sur le site, cette obligation générale s'applique aux salariés qui circulent à proximité des arbres infestés : elle justifie balisage, information et adaptation des cheminements, indépendamment même du contenu précis de l'arrêté préfectoral. Les deux textes se complètent : l'un impose de traiter la source du danger sur le terrain, l'autre impose de protéger les personnes qui y travaillent tant que le danger n'a pas disparu. Un employeur ne peut donc pas se contenter d'attendre l'échéance fixée par l'arrêté préfectoral s'il expose entretemps ses salariés à un risque identifié.
Quand les faits restent incertains
Le contenu exact de l'obligation dépend d'un texte qui varie d'un département à l'autre : sans consulter l'arrêté préfectoral applicable au lieu du site, il n'est pas possible d'affirmer quelles mesures précises sont exigées ni dans quel délai. L'incertitude porte donc moins sur le principe de l'obligation, qui est clair, que sur son calendrier et ses modalités concrètes. Une autre ambiguïté peut naître du lien contractuel entre l'entreprise occupante et le propriétaire du site : si le bail transfère l'entretien des espaces verts au propriétaire, la charge de l'échenillage peut lui revenir alors que l'obligation réglementaire, elle, continue de peser sur tout occupant au sens de l'article R.1338-4. Dans ce cas, l'entreprise reste tenue de vérifier que les mesures sont bien mises en œuvre, quitte à se retourner ensuite contre le propriétaire sur le fondement du bail.
Les recours ouverts
Le maire peut faire appliquer l'arrêté préfectoral ; un salarié exposé peut alerter les représentants du personnel.
Ce qu'il faut pouvoir produire
- Inventaire des arbres et des nids
- Copie de l'arrêté préfectoral applicable
- Devis et rapport d'échenillage
- Consignes diffusées aux salariés et balisage des zones
Les erreurs qui coûtent cher
- Faire intervenir le personnel d'entretien sans équipement adapté
- Laisser des nids tombés au sol sur un parking
- Attendre le printemps pour traiter
Ce que les textes ne tranchent pas
- Les mesures obligatoires dépendent de l'arrêté préfectoral du département.
Sources et dates de relevé. article L.1338-1 du code de la santé publique, Espèces végétales et animales dont la prolifération est nuisible à la santé humaine, consulté le 12 septembre 2026. article D.1338-1 du code de la santé publique, Liste des espèces dont la prolifération menace la santé humaine, consulté le 12 septembre 2026. article R.1338-4 du code de la santé publique, Mesures imposées aux propriétaires et occupants par arrêté préfectoral, consulté le 12 septembre 2026. article L.4121-1 du code du travail, Obligation générale de sécurité de l'employeur, consulté le 12 septembre 2026. décret n° 2022-686 du 25 avril 2022, Lutte contre la chenille processionnaire du chêne et la chenille processionnaire du pin, consulté le 12 septembre 2026.