Mon propriétaire refuse de traiter les punaises de lit : quel est mon recours exact ?
Le propriétaire qui refuse de traiter une infestation de punaises de lit manque à son obligation de délivrer un logement décent, exempt de toute infestation. La loi organise une réponse précise : demande écrite de mise en conformité, puis saisine de la commission départementale de conciliation si le bailleur ne répond pas sous deux mois, et enfin saisine du juge si la conciliation échoue.
Le juge peut mettre les travaux à la charge du bailleur et suspendre le loyer jusqu'à leur exécution.
- Qui est concerné
- Locataire
- Nuisible
- Punaises de lit
- Qui paie
- Le bailleur
- Délai à tenir
- 2 mois
- Textes cités
- 5 textes
- Mise à jour
- 12 septembre 2026
Ce que dit le texte
Reproduit à l'identiqueSi le logement loué ne satisfait pas aux dispositions des premier et deuxième alinéas de l'article 6, le locataire peut demander au propriétaire leur mise en conformité. À défaut d'accord entre les parties ou à défaut de réponse du propriétaire dans un délai de deux mois, la commission départementale de conciliation peut être saisie. Le juge détermine, le cas échéant, la nature des travaux à réaliser et le délai de leur exécution, et peut réduire le montant du loyer ou suspendre son paiement.
Ce que cela veut dire iciRecours du locataire en cas de logement non décent
Consulter le texte en vigueurLe bailleur est tenu de remettre au locataire un logement décent ne laissant pas apparaître de risques manifestes pouvant porter atteinte à la sécurité physique ou à la santé, exempt de toute infestation d'espèces nuisibles et parasites.
Ce que cela veut dire iciObligation de délivrance d'un logement décent par le bailleur
Consulter le texte en vigueurLe logement doit être exempt de toute infestation d'espèces nuisibles et parasites.
Ce que cela veut dire iciCaractéristiques du logement décent
Consulter le texte en vigueurLe bailleur est obligé de délivrer au preneur la chose louée, d'entretenir cette chose en état de servir à l'usage pour lequel elle a été louée et d'en faire jouir paisiblement le preneur pendant la durée du bail.
Ce que cela veut dire iciObligations du bailleur : délivrance, entretien, jouissance paisible
Consulter le texte en vigueurCe que cela change chez vous
Application concrèteConcrètement, le locataire n'a pas à financer lui-même le traitement des punaises de lit : cette charge revient au bailleur, qui doit soit intervenir directement, soit être condamné à le faire. Tant qu'aucune décision n'a réduit ou suspendu le loyer, celui-ci reste dû dans son intégralité.
Le locataire dispose d'un levier progressif : la demande écrite, le silence ou le refus constaté, la saisine de la commission, puis celle du juge forment une chaîne où chaque étape sert de preuve à la suivante. Sauter une étape affaiblit le dossier devant le juge.
Les cas où la réponse change
À vérifier avant d'agirTant qu'aucune décision n'a suspendu le loyer, il doit continuer à être payé intégralement. Cesser de payer avant jugement expose à une procédure d'impayés.
Le texte ne précise pas le tribunal compétent pour cette action, et sa désignation exacte n'a pas été revérifiée sur une source officielle.
La procédure, étape par étape
Délais indiqués en margeDemande écrite en recommandé
Le locataire adresse au bailleur une demande écrite de mise en conformité, envoyée en recommandé.
Délai d'attente de deux mois
Si le bailleur ne répond pas ou refuse, un délai de deux mois doit s'écouler avant de poursuivre la procédure.
Saisine de la commission départementale
À l'issue de ce délai, la commission départementale de conciliation du département peut être saisie.
Saisine du juge compétent
Si la conciliation échoue, le juge peut être saisi pour trancher le litige.
Si l'autre partie refuse
Recours ouvertsCe qui se passe en cas de refus
- Le silence du bailleur pendant deux mois après la demande écrite ouvre automatiquement la possibilité de saisir la commission départementale de conciliation.
- Un refus explicite du bailleur produit le même effet qu'un silence prolongé : il autorise la saisine de la commission sans attendre davantage.
- Si la conciliation échoue, le juge peut être saisi pour ordonner les travaux, fixer leur délai, réduire ou suspendre le loyer, et allouer des dommages et intérêts.
- Le refus persistant du bailleur ne dispense pas le locataire de continuer à payer le loyer tant qu'aucune décision ne l'a réduit ou suspendu.
Ce qui joue en votre faveur
- La lettre de demande de mise en conformité et son accusé de réception fixent le point de départ du délai de deux mois.
- La preuve du silence ou du refus du bailleur établit que la démarche amiable a bien été respectée avant toute saisine.
- Un rapport professionnel constatant l'infestation objective le manquement à l'obligation de décence posée par l'article 6 de la loi de 1989 et l'article 2 du décret n° 2002-120.
- Les justificatifs de frais et de préjudice permettent de demander une indemnisation sur le fondement de la garantie des vices prévue à l'article 1721 du code civil.
Faire chiffrer l'intervention avant l'échéance
Une intervention ou un diagnostic doit souvent être produit avant une date précise. Décrivez la situation : des entreprises qui couvrent votre secteur répondent avec leur délai d'intervention, leur méthode et leur prix.
En détail
LocataireUne obligation de délivrance qui inclut l'absence de nuisibles
Le bailleur est tenu de remettre au locataire un logement décent, exempt de toute infestation d'espèces nuisibles et parasites. Cette exigence figure à l'article 6 de la loi du 6 juillet 1989 et est précisée par l'article 2 du décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002, qui cite explicitement l'absence d'infestation parmi les caractéristiques du logement décent. Cette obligation existe indépendamment de la connaissance qu'avait ou non le bailleur de la présence des punaises de lit au moment de la location. Une infestation de punaises de lit constate donc, en elle-même, un manquement du bailleur à cette obligation, quelle que soit son origine exacte.
La procédure organisée par l'article 20-1
L'article 20-1 de la loi du 6 juillet 1989 fixe la marche à suivre lorsque le logement ne respecte pas cette exigence de décence. Le locataire demande d'abord au bailleur la mise en conformité. Cette demande doit être formulée de façon à pouvoir être prouvée ultérieurement. À défaut d'accord entre les parties, ou à défaut de réponse du bailleur dans un délai de deux mois, la commission départementale de conciliation peut être saisie. Le texte distingue donc deux situations qui produisent le même effet : le refus explicite du bailleur et son silence prolongé pendant deux mois. Dans les deux cas, l'écoulement de ce délai, ou le refus constaté, ouvre la voie à la commission, sans qu'il soit nécessaire d'attendre davantage.
Ce que fait le juge
Si la commission ne permet pas de régler le différend, le juge peut être saisi. L'article 20-1 lui donne un pouvoir précis : déterminer la nature des travaux à réaliser, fixer le délai de leur exécution, et réduire le montant du loyer ou en suspendre le paiement. Le juge peut également ordonner ces travaux sous astreinte et allouer des dommages et intérêts au locataire pour le préjudice subi. Ce pouvoir de réduction ou de suspension n'est pas automatique : le texte emploie le verbe «peut», ce qui laisse au juge une marge d'appréciation selon la gravité de l'infestation et le comportement du bailleur. L'article 1721 du code civil, qui impose au bailleur une garantie pour les vices de la chose louée empêchant son usage, vient renforcer cette même logique : une infestation qui rend le logement impropre à son usage constitue un vice dont le bailleur doit répondre, y compris par une indemnisation du préjudice subi, indépendamment de la procédure de mise en conformité.
Quand les faits sont ambigus
La procédure suppose que la demande de mise en conformité soit datée et prouvable, faute de quoi le point de départ du délai de deux mois devient discutable. De même, si le bailleur répond dans le délai sans pour autant agir concrètement, la situation sort du cadre strict du silence prévu par l'article 20-1 ; elle relève alors davantage du refus, et le locataire doit pouvoir démontrer que la réponse reçue ne constituait pas un engagement réel de traiter l'infestation. L'ampleur et la persistance de l'infestation peuvent également être discutées entre les parties, ce qui rend utile un constat établi par un professionnel avant toute saisine. Enfin, la juridiction précisément compétente pour cette action n'est pas indiquée par l'article 20-1 lui-même, et sa désignation exacte n'a pas été revérifiée sur une source officielle, ce qui laisse une incertitude sur la procédure locale exacte à suivre après l'échec de la conciliation.
Les recours ouverts
Le juge peut ordonner les travaux sous astreinte, réduire le loyer, en suspendre le paiement et allouer des dommages et intérêts.
Ce qu'il faut pouvoir produire
- Lettre de demande de mise en conformité et son accusé de réception
- Preuve du silence ou du refus du bailleur
- Rapport professionnel établissant l'infestation
- Justificatifs des frais engagés et du préjudice subi
Les erreurs qui coûtent cher
- Cesser de payer le loyer avant toute décision de justice
- Saisir le juge sans passer par la demande écrite préalable
- Laisser passer des mois sans relance écrite, ce qui affaiblit le dossier
Ce que les textes ne tranchent pas
- La compétence exacte de la juridiction et la procédure locale peuvent varier ; la désignation du juge des contentieux de la protection n'a pas été revérifiée sur une source officielle dans cette collecte.
Sources et dates de relevé. article 20-1 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, Recours du locataire en cas de logement non décent, consulté le 12 septembre 2026. article 6 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, Obligation de délivrance d'un logement décent par le bailleur, consulté le 12 septembre 2026. article 2 du décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002, Caractéristiques du logement décent, consulté le 12 septembre 2026. article 1719 du code civil, Obligations du bailleur : délivrance, entretien, jouissance paisible, consulté le 12 septembre 2026. article 1721 du code civil, Garantie des vices de la chose louée, consulté le 12 septembre 2026.